Aviation Civile n°375 jan/fév/mar 2016
Aviation Civile n°375 jan/fév/mar 2016
  • Prix facial : 3,05 €

  • Parution : n°375 de jan/fév/mar 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Babel

  • Format : (200 x 267) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 6,1 Mo

  • Dans ce numéro : vers un nouveau cadre réglementaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Lancé en 2004 par la Commission européenne, le programme appelé Ciel unique vise à moderniser la gestion du trafic aérien en Europe et à en planifier le financement. Il s’agit alors, d’une part, d’absorber l’augmentation dudit trafic à l’horizon 2030 et, d’autre part, d’en permettre une croissance plus respectueuse de l’environnement. Pour y parvenir, l’Union européenne (UE) et Eurocontrol 1, en 2007, ouvrent un grand chantier de recherche et de développement technique  : SESAR (Single European Sky ATM 2 Research, Recherche pour la gestion du trafic aérien du Ciel unique Crédit photo  : photothèque Heathrow 18 Tendances vue du tarmac de l’aéroport d’Heathrow. L’E-aman démontre ses capacités Sujet phare des projets nés de SESAR, un nouveau système de gestion des arrivées sur les aéroports, l’E-AMAN, a été évalué avec succès pour les flux à destination de Londres, au Royaume-Uni. Aviation Civile magazine n°375 Janvier 2016 européen). Parmi l’ensemble des projets issus des travaux réalisés dans le cadre de SESAR, le concept appelé « gestionnaire d’arrivée étendu » (Extended Arrival Manager, ou E-AMAN) est une composante importante du concept global de gestion des trajectoires. La DSNA, pionnière du séquencement optimisé L’E-AMAN a en effet vocation à accroître l’efficacité des vols en fluidifiant le trafic (jusqu’à la piste d’atterrissage) et, ce faisant, à limiter la consommation en carburant des avions en réduisant les attentes en vol qui interviennent au cours des quelques minutes qui précèdent leur atterrissage. Pour atteindre cet objectif, l’idée portée par l’E-AMAN consiste à agir, par anticipation, dès la phase de croisière. « La DSNA 3 a été pionnière dans le domaine de la recherche d’un meilleur séquencement des vols à l’arrivée sur les aéroports, rappelle Patrick Souchu, directeur du programme SESAR à la DSNA. Dès 1999, en France, l’outil appelé Maestro a ainsi permis d’œuvrer, depuis le CRNA-Nord 4, en faveur d’une fluidification du trafic à destination de Roissy-Charles-de-Gaulle et d’Orly. » Fondé sur le même principe, l’E-AMAN confère une portée européenne au dispositif. Évalué en
> Découvrez l’état d’avancement de l’ensemble des projets SESAR. situation réelle à l’automne 2014 sur des vols à destination de Londres et contrôlés par les CRNA-Est (Reims) et CRNA-Ouest (Brest), il a d’ores et déjà démontré son efficacité. « La TCA 5 de Londres, comme quelques autres en Europe, connaît des périodes de saturation de l’espace. L’évaluation a validé le concept en ce qu’elle a démontré la capacité de l’E-AMAN à anticiper sur le séquencement du trafic, en appliquant des actions de contrôle à 350 miles nautiques 6 de l’arrivée », déclare Patrick Souchu. Vers l’interopérabilité des systèmes Cette évaluation a été réalisée par étapes. « Les premiers exercices ont été conduits dès avril 2014, puis, à l’automne suivant, ils ont été menés dans le cadre de SESAR, explique Gérald Regniaud, contrôleur aérien au CRNA-Est. Avec une plus grande anticipation dans le temps et l’espace, grâce à un échange d’informations transfrontalier, l’outil E-AMAN assure l’interopérabilité des systèmes de gestion de l’espace utilisés par les différents acteurs chargés de contrôler les vols internationaux. » À ce stade de l’expérimentation, et en vertu de toutes les données qu’elle a permis de collecter, un séminaire s’est tenu sur le sujet les 16 et 17 septembre 2015, au siège de la DGAC, à Paris. « Le moment était venu de partager avec l’ensemble des intervenants les informations et les vues sur ce que l’E-AMAN peut apporter dans un cadre plus large allant jusqu’à son déploiement », indique Patrick Souchu. Des représentants de la Commission européenne et du SESAR Deployment Manager 7 ont participé au séminaire. Des partenariats étroits et ambitieux La nature transfrontalière de la mise en œuvre de l’E-AMAN nécessite un étroit partenariat entre fournisseurs de services de navigation aérienne. Ainsi, outre la DSNA, En pratique La fluidification du trafic, objet d’études à long terme _Seconde grande période des travaux de recherche et de développement voués à la modernisation de la gestion de la navigation aérienne en Europe, SESAR 2020 prévoit la poursuite des études consacrées à la fluidification vertueuse du trafic aérien. Inscrite dans le PCP (Pilot Common Project, projet commun pilote), autrement dit dans le règlement européen qui encadre le déploiement de certaines fonctionnalités définies dès les premiers travaux réalisés dans SESAR, l’échéance de mise en œuvre de l’E-AMAN est fixée au 1er janvier 2024. Elle concerne 25 aéroports européens, dont, pour la France, Roissy-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly et Nice-Côte d’Azur. « l’évaluation a démontré la capacité de l’E-AMAN à anticiper sur le séquencement du trafic, en appliquant des actions de contrôle à 350 miles nautiques de l’arrivée. » Patrick Souchu/directeur du programme sesaR à la DSNA le NATS britannique, le DFS allemand et le centre de contrôle de Maastricht, aux Pays- Bas, auront œuvré ensemble à l’évaluation de l’E-AMAN. Côté industriel, des prototypes développés par la DSNA ou fournis par la société Thales ont été évalués. Dans la perspective d’une gestion optimisée des vols dans l’espace aérien européen, d’autres outils ont été développés. C’est le cas de Point Merge, dispositif qui contribue de manière complémentaire à un séquencement des vols à l’arrivée, plus économique en temps et en émissions gazeuses. De même, FairStream est un projet conçu pour vérifier que la notion d’heure cible d’arrivée peut se substituer avantageusement à celle de créneau de départ ou la compléter. « Avec le concept d’heure cible d’arrivée (Target Time of Arrival, ou TTA), le pilote se voit fixer une heure cible d’arrivée  : il adapte lui-même son profil de vol pour l’atteindre », explique Patrick Souchu. Quant au projet I-Stream, « il complète la démonstration en intégrant ces données de TTA dans la séquence E-AMAN », ajoute-t-il. PAR François Blanc 1. Organisation européenne intergouvernementale composée de 41 États engagés, avec leurs partenaires, dans la recherche d’une navigation aérienne plus sûre et plus efficace d’un point de vue environnemental. 2. Air Traffic Management (gestion du trafic aérien). 3. Direction des services de la navigation aérienne, l’une des trois grandes directions de la DGAC ; 4. Centre en route de la navigation aérienne Nord. Situé à Athis-Mons, près d’Orly, c’est l’un des cinq CRNA qui contrôlent les avions en phase de vol de croisière dans l’espace aérien français. 5. Terminal Manoeuvring Area (secteur terminal de contrôle). 6. 650 km. 7. Gestionnaire de déploiement (ou DM)  : groupement d’acteurs clés dans le processus de déploiement des solutions techniques issues de SESAR. Il est composé de quatre groupements de transporteurs aériens, de 11 prestataires de navigation aérienne et de 25 aéroports. Aviation Civile magazine n°375 Janvier 2016 19 Crédit photo  : S. Cambon/dsna



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