Aviation Civile n°375 jan/fév/mar 2016
Aviation Civile n°375 jan/fév/mar 2016
  • Prix facial : 3,05 €

  • Parution : n°375 de jan/fév/mar 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Babel

  • Format : (200 x 267) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 6,1 Mo

  • Dans ce numéro : vers un nouveau cadre réglementaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Crédit photo  : marekulliasz/istock Grand angle Drone civil Vers un nouveau cadre réglementaire Le tout jeune monde du drone se développe rapidement, sous le coup de l’explosion des activités de loisir et d’une filière professionnelle en cours de consolidation. Pour accompagner ces bouleversements, un toilettage de la réglementation de 2012 a été entrepris. Histoire de ne pas laisser filer la longueur d’avance prise par le drone hexagonal… Dossier réalisé PAR Henri Cormier
Le développement du drone civil ne serait-il plus qu’un « miroir aux alouettes », comme le titrait récemment un journal économique (latribune.fr, 7 octobre 2015) ? Les prédictions d’« invasion » du ciel français par les drones et les annonces de chiffre d’affaires de plusieurs centaines de millions d’euros en 2015, faites par certains voici deux ans à peine, contrastent en effet singulièrement avec des études récentes révélant un chiffre d’affaires ne dépassant pas les 20 millions d’euros en 2014. Pas si simple, se défend le président de la Fédération professionnelle du drone civil (FPDC), Stéphane Morelli  : « Les prévisions qui mettaient en avant des chiffres d’affaires colossaux et parlaient de « marché du siècle » n’étaient pas du tout étayées sur le terrain. Mais on ne peut pas aller aujourd’hui dans l’excès inverse en passant de 300 millions d‘euros à quelques dizaines de millions pour le marché du drone professionnel. Nous sommes actuellement dans le cadre d’une progression industrielle, période durant laquelle les outils et méthodes se perfectionnent, où l’offre est en train de se structurer, mais où l’usage du drone s’est considérablement accru dans de nombreux secteurs. » Les effets d’annonces, provoqués par de très médiatiques livraisons de pizzas lors d’un grand événement sportif ou par les projets d’un géant mondial du e-commerce dans le domaine de la distribution de colis, par exemple, n’ont pas davantage contribué à donner une vision réaliste du marché et de ses perspectives de développement à court terme. « Quand Amazon ou Google disent qu’ils vont effectuer des livraisons par drones, cela fait du buzz et tout le monde se dit que le marché du drone va exploser rapidement. Même si ce type d’annonce permet de tirer la recherche et développement, ce n’est pas pour demain. Il existe une vraie demande pour le marché des drones professionnels, mais les clients qui veulent faire appel à des drones doivent bien mesurer les impacts de cette activité en termes d’investis sements, de stratégie ou encore de personnel. Cela ne s’improvise pas », souligne pour sa part Muriel Preux, directrice de projet drones à la MALGH 1. Consolider la place de leader du drone français Si le succès des drones utilisés à des fins de loisirs ne fait plus aucun doute, avec 150 000 à 200 000 engins utilisés aujourd’hui à cet effet en France, le marché du drone professionnel n’est pas en reste, assure la Fédération professionnelle du drone civil. L’étude sur laquelle elle se fonde (étude menée par le magazine En toute sécurité, Crédit photo  : Robert Mandel/istock en partenariat avec la FPDC et publiée début 2015) fait ainsi état d’un chiffre d’affaires de 85 millions d’euros en 2015 pour la filière (en progression de 84% par rapport à 2014) et estime qu’il pourrait tripler en l’espace de deux ans. Composée essentiellement de petites structures, la filière représenterait près de 5 000 emplois et devrait se consolider dans les mois et années qui viennent grâce aux appels d’offres des grands donneurs d’ordre que sont la SNCF, GRT Gaz, EDF ou encore En clair Un plan d’actions pour le drone civil _Rassemblant l’ensemble des acteurs de la filière, le Conseil pour les drones civils s’est réuni pour la première fois le 4 juin 2015 sous l’égide du directeur général de l’Aviation civile, Patrick Gandil. Le plan d’actions adopté à cette occasion pour favoriser le développement du drone dans l’Hexagone s’articule autour de trois comités thématiques. Le premier est chargé de formuler des recommandations pour lever les verrous de nature opérationnelle ou réglementaire liés à l’usage de drones, le second de travailler sur les questions de sécurité et d‘identifier les solutions technologiques les plus prometteuses et le troisième de soutenir et promouvoir la filière du drone civil. Flying bourdonnement dans un champ. RTE. Dans le même temps, le marché du drone professionnel, aujourd’hui marqué par la forte présence des médias, devrait se tourner davantage vers des domaines d’activité plus pointus. « Il existe de forts potentiels de développement dans des activités plus techniques, qui permettraient, par exemple, d’apporter des capacités nécessaires à la pratique d’une agriculture raisonnée, d’accompagner la transition énergétique grâce à la thermographie par drone, ou encore de réaliser des levers topographiques rapides et précis ainsi que de l’inspection industrielle plus qualitative et plus sûre », note Stéphane Morelli. À l’horizon 2020, la filière pourrait ainsi représenter pas loin de 20 000 emplois et réaliser près de 700 millions d’euros de chiffre d’affaires, selon les dernières estimations de la FPDC. Des perspectives de croissance qui devraient permettre à la France de conforter sa place de leader européen dans le domaine du drone professionnel. Mais le décollage réussi du drone dans le ciel français pose du même coup la question de l’évolution de l’encadrement réglementaire de cette activité nouvelle. Pour accompagner le développement du drone dans l’Hexagone, tout en assurant la sécurité des populations survolées et des autres usagers de l’espace aérien, plusieurs modifications ont été apportées aux arrêtés dits « aéronef » et « espace » datant d’avril 2012 2. Les retours d’expérience, fournis par les opérateurs et les services de l’État depuis l’application de ces premiers arrêtés, ont d’abord mis en avant la nécessité de clarifier les textes en vigueur jusqu’ici et d’alléger les procédures administratives. Côté lisibilité, les définitions des activités ont été précisées, notamment la distinction entre aéromodélisme et activités particulières, et un travail de restructuration des textes réglementaires a été réalisé afin d’en faciliter la compréhension. « Pour coller aux trois activités concernées que sont l’aéromodélisme, les activités particulières et l’expérimentation, Aviation Civile magazine n°375 Janvier 2016 11



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