Aviation Civile n°374 oct/nov/déc 2015
Aviation Civile n°374 oct/nov/déc 2015
  • Prix facial : 3,05 €

  • Parution : n°374 de oct/nov/déc 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Babel

  • Format : (200 x 267) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : les compagnies aérienne française face à la mondialisation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14 Grand angle > Retrouvez les informations concernant la compétitivité du transport aérien français. à cette occasion le décalage existant entre des compagnies trop fragilisées par des marges de plus en plus faibles pour lutter efficacement contre une concurrence accrue et la situation financière globalement beaucoup plus favorable des grands aéroports français. « Le rapport de Bruno Le Roux note qu’il est capital de rééquilibrer la chaîne de valeur du transport aérien entre les transporteurs et les exploitants d’aéroports pour enrayer l’affaiblis sement du pavillon français. Pour ce faire, l’évolution des redevances aéroportuaires doit être modérée, à travers les outils de régulation économique », précise François Théoleyre, sous-directeur des Aéroports à la DTA. Une autre piste d’amélioration réside dans la simplification administrative, qui doit permettre de diminuer les coûts supportés par les acteurs du transport aérien. Au niveau européen enfin, l’heure est à la recherche d’accords avec les compagnies de pays tiers pour établir des règles du jeu équitables. « La France et l’Allemagne ont proposé à la Commission européenne et au Conseil Transport de l’Union d’ouvrir une négociation avec les pays du Golfe pour obtenir une clause de concurrence loyale en contrepartie d’un accord de ciel ouvert, ce qui correspond bien au mode de fonctionnement de l’Union européenne, pour laquelle la libéralisation n’est 73% du trafic transporté réalisé sur des liaisons concurrentielles (source  : Observatoire de la concurrence de la DGAC). + 0,75% d’augmentation du PIB par habitant induite par une hausse de 10% de la connectivité directe, selon une étude du Conseil international des aéroports. 3 milliards de passagers en 2014, selon l’IATA*. Ils devraient être 7,3 milliards d’ici 2034. *Association internationale du transport aérien. Aviation Civile magazine n°374 Octobre 2015 pas la loi de la jungle, mais doit s’accompagner de règles », note Philippe Gratadour, sous-directeur de l’Europe et de l’international à la DTA. L’ensemble de ces initiatives lancées à tous les niveaux illustre l’urgence de la situation. Le transport aérien français est en perte de vitesse depuis plusieurs années, mais il n’est pas trop tard pour agir. À condition notamment de poursuivre les efforts réalisés pour s’adapter à un ciel mondial en plein bouleversement et à s’entendre sur des règles du jeu communes… 1. Ancien directeur général de l’Aviation civile entre 1976 et 1982. 2. Direction du transport aérien. 3. Oxford Economics, « Economic Benefits from Air Transport in France », 2011. 4. « D’une concurrence réglementée à une concurrence loyale dans le transport aérien », colloque du 4 mai 2015, organisé par la DgaC et le CsaC. 5. Air France et Air Seychelles ont signé un accord de partage de codes le 18 août dernier. Crédit photo  : Air France Crédit photo  : Typhoonski-istock by Getty
Stratégie L’Europe s’organise face à une concurrence déloyale Pour lutter contre les distorsions de concurrence la Commission européenne, sous l’impulsion notamment de la France, s’empare du dossier. En mars dernier, une enquête commanditée par plusieurs compagnies aériennes américaines affirmait que trois compagnies du Golfe auraient bénéficié de quelque 42 milliards de dollars de subventions en l’espace de dix ans. Prêts sans intérêts, redevances aéroportuaires très faibles, terrains gratuits… Ces avantages ont permis à ces compagnies de financer « une expansion massive ». « Certains opérateurs auraient bénéficié et continueraient à bénéficier d’aides publiques considérables qui leur permettent de se développer et de capter une part importante du trafic vers l’Asie et l’Océanie. Ce faisant, ils affaiblissent le modèle économique sur le long-courrier des compagnies européennes, conduisant dans certains cas à la fermeture de liaisons directes, au détriment de la connectivité de nos pays », est venu rappeler le secrétaire d’État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, Alain Vidalies, lors du colloque sur la concurrence loyale dans le transport aérien organisé en mai dernier à la DGAC. Face à cette situation, Alain Vidalies et son homologue allemand, Alexander Dobrindt, ont décidé de réagir en proposant à la Commission européenne une stratégie susceptible d’aboutir à un accord avec les pays du Golfe. Crédit photo  : aksphoto-istock by Getty dubai international airport. Espace duty-free dans l’aéroport. aéroport de Paris-Charlesde-GauLLe. Passagers au Terminal 2F. aéroport de DubaI. Avion de la compagnie Gulf Air sur le tarmac. Un accord gagnant-gagnant Cette proposition franco-allemande vise à sortir d’un « dialogue singulier et bi latéral entre chacun des pays défendant ses intérêts nationaux », en demandant à la Commission européenne de négocier avec les États des compagnies en question « un accord global équilibré et « gagnant-gagnant » en ouvrant la voie d’un accès libre au marché des liaisons avec l’Europe, en échange du respect des règles de concurrence loyale », a précisé Alain Vidalies en mai dernier. Pour lutter contre les risques de distorsion de concurrence, la France travaille en outre avec la Commission européenne sur la question de la révision du règlement (CE) 828/2004 concernant la protection contre les subventions et les pratiques tarifaires déloyales. « Cela nous permettrait, à l’instar des Américains, d’avoir un outil de sanction et pourquoi pas, à terme, de mettre en place un cadre commun au niveau de l’OACI* pour harmoniser ces pratiques », observe Philippe Gratadour, sous-directeur de l’Europe et de l’international à la DTA. La proposition franco-allemande pour établir des règles de concurrence loyale a d’ores et déjà reçu le soutien de plusieurs États européens comme les Pays-Bas, la Suède, la Belgique ou l’Autriche et a été bien accueillie par la commissaire européenne chargée des Transports, Violeta Bulc. Lors du colloque qui s’est tenu le 4 mai à la DGAC, cette dernière a annoncé qu’une importante communication serait faite à la fin de l’année sur cette question de la compétitivité du transport aérien. *Organisation de l’aviation civile internationale. Aviation Civile magazine n°374 Octobre 2015 15



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