Athena n°344 nov/déc 2019
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0 JEAN-CLAUDE QUINTART ACTUALITÉS Mithra signe un contrat choc pour ses 20 ans ! Qui aurait pensé en 1999, qu’aujour d’hui, le liégeois Mithra rivaliserait avec les géants de sa profession ? Il est vrai que tout est permis aux audacieux. Avec Mithra, en référence au dieu de la fertilité, l’entrepreneur François Fornieri et le professeur de gynéco logie Jean-Michel Foidart n’avaient qu’une ambition : devenir la référence mondiale en matière de santé féminine grâce à des alternatives innovantes en contraception et ménopause. Un objectif atteint et une année anniversaire marquée par une croissance du chiffre d’affaires au 30 juin de 191%, passant de 6,7 millions d’euros l’an dernier à 19,6 millions d’euros en 2019. S’ajoutent quelque 77,5 millions d’euros en trésorerie, de quoi pousser plus encore les opérations de R&D. Une année où les succès se bousculent, notamment ces derniers mois. Durant l’été, Estelle, une solution contraceptive orale, a obtenu au Japon un brevet pour l’indication dysménorrhée (crampes menstruelles), un marché 4 fois plus important que celui de la contraception. Quelques temps après, Mithra octroyait à l’Israélien Dexcel Pharma une licence exclusive pour la commercialisation de son contraceptif oral combiné Estelle et de son anneau hormonal Myring. Mithra d’annoncer ensuite la signature d’un contrat historique pour Estelle avec la société américaine Mayne Pharma, le deuxième fournisseur de contraceptifs oraux aux États-Unis. Un couronnement pour l’entreprise wallonne lorsqu’on sait que leur marché annuel de la contraception se monte à 5,4 milliards de dollars, dont 51% pour les seuls contraceptifs oraux combinés, soit le double du marché européen. Bref, le dernier accord est une aubaine pour Mithra et Mayne. Un win/win qui devrait générer des revenus de 4,5 milliards d’euros sur les 20 années de la période de la licence. Sans entrer dans les arcanes du contrat, Mithra percevra au minimum 295 millions de dollars en droits de licence, obtiendra une participation de 9,6% dans le capital de Mayne, y aura un siège au conseil d’administration et une participation au comité relatif à la commercialisation et aux développements futurs d’Estelle. Enfin, c’est encore Mithra qui fournira exclusivement Estelle à Mayne et le fabriquera au sein de son CDMO (Contract Development and Manufacturing Organization) de Liège. Cette facilité de 15 000 m2 comprend 3 unités de production (formes polymériques, injectables stériles et comprimés hormonaux) complétées par une aire de R&D, de productions dédiées, de services de développement de médicaments, de lots cliniques et commerciaux, Centre de production de Liège Athena Mag 344 6 etc. Mithra est d’ailleurs fière d'être l’une des rares entreprises pharmaceutiques au monde à disposer d’une telle infrastructure intégrée de production. De son côté, Mayne assure aussi des services contractuels de dévelop pement et de production pour la formulation de formes pharmaceutiques orales et topiques complexes à plus de 100 clients dans le monde. Les 2 entreprises étaient donc taillées pour se rencontrer. Et le CEO de Mayne, Scott Richards de se dire très heureux d’ajouter Estelle, contraceptif oral de nouvelle génération, à son portefeuille de spécialités de marque et de renforcer ainsi sa relation avec Mithra, son partenaire pour l’anneau vaginal Myring. « À l’occasion de notre 20 e anniversaire, nous sommes ravis de signer cet accord avec Mayne, de loin le plus gros contrat de notre histoire », note François Fornieri, CEO de Mithra. Qui précise : « Nous sommes plus que satisfaits des conditions uniques négociées. Mayne est un acteur clé sur le marché américain des contraceptifs. Au regard de leur solide expérience en santé féminine et au lancement prochain de notre anneau vaginal Myring sur le marché américain, nous sommes convaincus que Mayne est le meilleur partenaire possible pour la commercialisation d’Estelle aux États-Unis. Et grâce à notre position clé d’actionnaire et à notre participation active au conseil d’administration, Mithra sera impliquée directement dans le déploiement de la stratégie commerciale d’Estelle sur le plus grand marché du monde. » https://www.mithra.com https://www.mithracdmo.com http://www.maynepharma.com Novembre-Décembre 2019
Jules Bordet, Nobel centenaire Né à Soignies le 13 juin 1870 et décédé à Ixelles le 6 avril 1961, Jules Bordet, microbiologiste et immunologiste, est le premier de nos compatriotes à recevoir le Prix Nobel de Physiologie ou Médecine, en 1919, en reconnaissance de ses découvertes majeures sur l’immunité. Énoncés dans le Traité de l’Immunité dans les maladies infectieuses, ses travaux expliquent comment l’organisme réagit à l’introduction d’agents étrangers en créant des anticorps capables de se fixer à ces agents étrangers et de les détruire grâce à l’alexine, un complément naturellement présent dans le sang. Avec cette découverte, Jules Bordet pose les fondements de l’immunité humorale, la défense de notre organisme par l’action conjointe de l’alexine et des anticorps, et met en lumière le mode de destruction des microbes chez les personnes vaccinées. Le parcours de Jules Bordet est exemplaire. Jeune docteur en médecine de l’Université libre de Bruxelles (ULB), il entre à l’Institut Pasteur de Paris en 1894, où il s’intéresse aux mécanismes de bactériolyse, soit la destruction des bactéries. Âgé de 31 ans seulement, il fonde, en 1901, l’Institut Pasteur du Brabant (car financé par cette Province) à Bruxelles et y poursuit ses travaux en microbio logie, tout en étant titulaire de la chaire de bactério logie à la Faculté de Médecine de l’ULB. Prix Nobel en 1919, il entre à la Direction Scientifique du Centre des Tumeurs de l’Hôpital Brugmannà Bruxelles. En 1939 s’ouvre, à Bruxelles, le premier centre national de lutte contre le cancer, appelé Institut Jules Bordet en reconnaissance à Jules Bordet, précurseur en matière de recherche sur les tumeurs. P il Athena Mag 344 7 Novembre-Décembre 2019 JEAN-CLAUDE QUINTART ACTUALITÉS Un siècle plus tard, ses découvertes en immunologie inspirent toujours les scientifiques du monde entier. Elles animent également les travaux actuels de l’Institut Jules Bordet. « Ces études sont à la base de l’immunothérapie, un type de traitement qui vise, entre autres, à mobiliser les propres défenses immunitaires du patient afin qu’elles s’attaquent aux cellules cancéreuses et les détruisent », explique l’Institut Jules Bordet. À la lueur de ce commentaire, on comprend de suite qu’il s’agit d’un domaine important de la recherche oncologique actuelle. En effet, cette approche augmente la survie de certains patients tout en étant potentiellement moins toxique pour l’organisme que les chimiothérapies habituelles. Et les perspectives sont encourageantes car l’immunothérapie a déjà donné des résultats révolutionnaires chez des patients atteints de cancer de la peau, du poumon, de la vessie et du rein. http://www.bordet.be COUP D’CRAYON ILLUSTRATION : OLIVIER SAIVE L'Université de Richmond (USA) vient de présenter les résultats d'une étude étonnante : des chercheurs sont parvenus à apprendre à conduire à des... rats ! De petits véhicules étaient mis à leur disposition, qu'ils pouvaient diriger vers la gauche, la droite ou tout droit grâce à des fils de fer en guise de volant. Aux points d'arrivée les attendaient des friandises. C'est déjà surprenant mais plus surprenant encore : les rongeurs élevés dans un environ nement plus ouvert et riche de stimulations conduisent bien mieux que ceux qui ont grandi en cage. Et cerise sur le gâteau : conduire a sensiblement diminué leur taux de stress. Ce qui pourrait être lié à la satisfaction d'apprendre une nouvelle compétence...



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