Athena n°344 nov/déc 2019
Athena n°344 nov/déc 2019

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 18 - 19  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
18 19
PHILIPPE LAMBERT DOSSIER LE DOSSIER TEXTE  : PHILIPPE LAMBERT PH.LAMBERT.PH@SKYNET.BE WWW.PHILIPPE-LAMBERT-JOURNALISTE.BE PHOTOS  : DESIGNED BY FREEPIK (P.18), CHU LIÈGE/M. MATHYS 2015 (P.20), PHILIPPE LAMBERT (P.22), DESIGNED BY TIRACHARD/FREEPIK (P.23) Athena Mag 344 18 Novembre-Décembre 2019
La méditation protège-t-elle Athena Mag 344 19 Novembre-Décembre 2019 PHILIPPE LAMBERT DOSSIER l'esprit et le corps ? De plus en plus d'études scientifiques soulignent l'intérêt de la méditation pour la santé de l'esprit et du corps. Que dévoilent ces travaux ? Est-il exact que la méditation modifie le cerveau dans sa structure et dans son fonctionnement ? Mais, au fait, qu'est-ce que la méditation ? Le professeur Steven Laureys aborde ces questions et bien d'autres encore dans un livre récent intitulé La Méditation, c'est bon pour le cerveau Aux États-Unis, des dizaines de millions de dollars sont investis chaque année dans la recherche publique sur la méditation. Dans un livre (1), paru en septembre 2019 aux éditions Odile Jacob, le professeur Steven Laureys, responsable de l'Unité thématique sur la conscience au sein du GIGA de l'Université de Liège, souligne à quel point des pays comme la Belgique, la Suisse ou la France sont à la traîne en la matière. Ainsi, on ne recense dans notre pays que 9 études scientifiques sur la méditation au cours des 20 dernières années. Steven Laureys indique cependant qu'à l'échelle planétaire, « plus de 1 300 études cliniques sur la méditation et la pleine conscience ont été enregistrées au cours des 20 dernières années ». A priori, cela peut paraître beaucoup. Mais, en vérité, ce nombre demeure assez dérisoire quand on sait qu'en moyenne, 4 500 publications scientifiques sont consacrées chaque année rien qu'aux antidépresseurs. « Or, dit Steven Laureys, des études ont montré que la méditation pouvait receler un effet thérapeutique aussi important que des anxiolytiques, des antidépresseurs ou des antidouleurs. » Par exemple, la psychologue clinicienne Zindel Segal, de l'Université de Toronto, a montré en 2010, à partir d'un échantillon de 84 patients, que la méditation de pleine conscience était aussi efficace que les antidépresseurs pour éviter une rechute dépressive. Évidemment, on manque encore de données sur ee de vastes populations pour que de tels bienfaits soient définitivement établis. Néanmoins, un article de synthèse publié dans Nature Reviews Neuroscience en 2015 attribue, lui aussi, des bienfaits à la pratique méditative. Selon ses auteurs, les recherches menées depuis les années 1990 confirment que la méditation de pleine conscience, l'une des 3 principales formes de méditation, exerce bel et bien des effets positifs tant sur la santé physique et mentale que sur les performances cognitives. Science contemplative Mais de quoi parlons-nous ? Que faut-il entendre exactement par le terme « méditation » ? L'image qui s'impose généralement à nous lorsqu'il en est question est celle d'un moine bouddhiste assis en lotus, immergé dans son monde intérieur. Cette vision est réductrice. Méditer ne requiert pas d'adopter une posture particulière, de se couper du monde extérieur, de ne plus « penser à rien » ou de plonger dans un océan de spiritualité. Antoine Lutz, chercheur de l'Insermau Centre de recherche en neurosciences de Lyon, rapporte même que certains manuels relevant de la tradition bouddhique évoquent (sans doute de manière métaphorique, précise-t-il) l'existence de 84 000 formes de méditation. »



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :