Athena n°344 nov/déc 2019
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VIRGINIE CHANTRY TECHNOLOGIE Les seniors et les TIC Quand le thème des TIC, Technologies de l’Information et de la Communication, est associé à celui des seniors, la locution « fracture numérique », voire même « fracture numérique de second degré » n'est souvent pas loin. Quelle réalité se cache derrière ces termes ? Les seniors, ou en tout cas une partie d’entre eux, sont-ils réellement des laissés pour compte de l’ère numérique qui ne cesse de prendre de l’ampleur ? La société ne propose-telle rien pour pallier ce manque et souder cette cassure ? Car il ne faut pas oublier qu’1 personne sur 5 aura plus de 65 ans en 2030 et que 1,2 million de Belges auront plus de 80 ans. Connectons-nous, posons le problème et explorons quelques pistes de solutions TEXTE  : VIRGINIE CHANTRY VIRGINIE.CHANTRY@GMAIL.COM PHOTOS : DESIGNED BY FREEPIK (P.12), ANDRIY POPOV/CREATIVE.BELGAIMAGE.BE (P.13), WAVEBREAK MEDIA/CREATIVE.BELGAIMAGE.BE (P.14), DESIGNED BY FREEPIK (P.14), DESIGNED BY RAWPIXEL.COM/FREEPIK (P.15), ULB (P.15) Athena Mag 344 12 Dans l’ère numérique que nous vivons actuellement au sein de cette société de l’information, énormément d’activités - au sens large - et de services passent par une plateforme numérique et demandent donc de s'y connecter au moyen d'un smartphone, d'une tablette ou d'un ordinateur : réservations diverses (rendez-vous chez le médecin, restaurant, hôtel, billet de train ou d’avion), communication directe (emailing, systèmes de messagerie,…), planification et gestion d’agenda, achats variés, administration ou encore gestion de comptes bancaires. Cela est vrai dans le monde professionnel mais aussi dans la vie quotidienne. Si nombre de ces démarches trouvent encore un correspondant « non-connecté », cela devient malgré tout de plus en plus difficile d’y échapper. Seulement voilà, tout le monde n’a pas accès au numérique. D’une part, les équipements, quoique de plus en plus démocratiques, ne sont pas à portée de toutes les bourses. D’autre part, leur fonction nement et leur maintenance peuvent s’avérer complexes. Tout le monde ne bénéfice donc pas des mêmes capacités de développement offertes par les TIC, et tous n’ont pas les mêmes armes et outils pour accéder et contribuer à l’information qui circule par ces voies. Ces freins à la numérisation provoquent une exclusion d’une partie de la population ou en tout cas, une disparité dans l’accès ou l’usage des TIC, qui peut mener à la marginalisation de groupes d’individus. On parle alors de « fracture numérique ». Ce n’est pas le nombre de personnes non-connectées par rapport à celles qui le sont qui est en jeu, mais bien les discriminations entre ces 2 groupes et le fossé que cela Novembre-Décembre 2019
peut créer entre eux. Ce concept 2.0 est souvent passé sous la loupe en fonction de différents facteurs socio-économiques : l’âge, le genre, la classe sociale, le niveau d’éducation, l’activité professionnelle, les revenus, la composition familiale, la santé, le degré d’autonomie… Dans cet article, c’est sur l’âge que nous allons nous attarder et sur une catégorie d’âge particulière : les seniors. Senior, vous avez dit senior ? La notion de senior, au-delà du mot qui existait déjà et trouve ses origines dans le latin senex, qui signifie « plus âgé », a été dépoussiérée dans les années 90, à des fins purement commerciales. Selon le site Web du dictionnaire Larousse, le qualificatif « senior » concerne les plus de 50 ans. Mais en réalité, cela dépend du contexte. Dans le monde du travail, on peut être senior dès 45 ans si l’on a de l’expérience dans un domaine précis. Dans le sport de haut niveau, on peut être considéré senior bien avant la quarantaine. Dans la vie de tous les jours, la limite inférieure oscille souvent entre 55 et 65 ans, selon qu’il s’agit de soins de santé, de réduction pour les transports en commun, etc. Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les seniors sont les individus de 60 ans et plus, même s’il est noté que cela peut être très variable selon les régions considérées dans le monde et leur « niveau » de développement. De plus, comme toutes les catégories d’âge, il faut garder à l’esprit que celle des seniors est loin d’être homogène. Nous énonçons donc ci-après quelques généralités qui ne sont pas d’application pour tous et qui dépendent des études considérées. Les limites d’âge sont mentionnées à titre indicatif. Dans le contexte des TIC, on constate que nombre de seniors entre 50 et 65 ans sont des usagers courants, même si le niveau d’utilisation est très diversifié. En effet, beaucoup ont déjà rencontré et/ou utilisé ces technologies dans un cadre profes sionnel, au minimum. Pour les plus de 65 ans, la fracture numérique dans nos pays dits développés est une réalité difficilement contestable, même si elle ne s’applique pas à tout le monde. En 2011, dans son livre blanc intitulé Seniors et tablettes interactives, la Délégation aux Usages de l’Internet recensait 4 réticences des seniors à utiliser les TIC. Dans l’ordre d’importance : la complexité des ordinateurs, le manque de conviction quant aux adéquations entre les services prodigués par les TIC et les besoins quotidiens, la peur d’un manque de sécurité lors de transactions en ligne qui concerne également les données personnelles et enfin, le coût de l’équipement. Il faut cependant savoir que l’âge en tant que facteur causal de la fracture numérique est en recul : de plus en plus de seniors sont équipés et connectés. Le problème s’est déplacé ailleurs : ce n’est plus l’accès aux TIC et au matériel numérique qui est incriminé, mais bien l’usage qui en est fait et son efficacité, selon les compétences techniques, de recherche, etc. C’est pourquoi on parle alors de « fracture numérique du second degré ». Au-delà d’inégalités d’origine purement « numérique », d’autres facteurs comme les inégalités sociales doivent être pris en compte. Par exemple, les femmes de plus 80 ans seules et avec de faibles revenus sont, selon plusieurs études, les plus touchées par l’exclusion numérique qui vient alors souvent renforcer leur solitude et leur sentiment de vivre en marge de la société. La famille joue également un rôle. L’âge en tant que facteur causal de la fracture numérique est en recul : de plus en plus de seniors sont équipés et connectés. Plusieurs études montrent que l’adaptation aux nouvelles technologies se fait plus facilement et plus naturellement lorsque les enfants et/ou petits-enfants sont présents pour aider et encourager la démarche. D’ailleurs, certains seniors, que l’on appelle parfois les Silver Surfers, le mot silver faisant référence à la couleur « argenté » dans ce contexte, sont déjà et depuis longtemps très actifs sur Internet et à l’aise avec les TIC. À l’instar des autres catégories d’âge, les bénéfices du numérique pour les seniors sont potentiel lement multiples. Citons par exemple les liens sociaux qui peuvent être maintenus grâce aux réseaux dédiés, à l’échange d’emails et Athena Mag 344 13 Novembre-Décembre 2019 VIRGINIE CHANTRY TECHNOLOGIE ee »



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