Athena n°343 sep/oct/nov 2019
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VIRGINIE CHANTRY TECHNOLOGIE » 1. Une Bubble qui a déjaugé  : sa coque est soulevée d’environ 40 cm par rapport à la surface de l’eau. Le schéma décrit les 3 étapes de la Bubble lorsqu’elle prend de la vitesse. Gauche  : le mode archimédien. Milieu  : le mode transitoire. Droite  : le mode « bateau volant ». (1) Poussée d’Archimède  : force verticale exercée sur tout corps plongé (entièrement ou partiellement) dans un fluide (liquide ou gaz) et soumis à un champ gravitationnel. Elle dépend du volume immergé de ce corps (et donc du volume du fluide déplacé) ainsi que de la masse volumique du fluide. La Bubble (photo 1) est un hydroptère 100% électrique pourvu de 2 ailes en T, une simple à l’avant et une double à l’arrière, composées notamment de fibre de carbone alliant résistance et légèreté. Son design est issu de la combi naison des industries navale (système de propulsion à moteur électrique), automobile (partie cabine, intérieur et extérieur) et aéronautique (pour la partie hydroptère  : hydrodynamique, foils et système de contrôle électrique). Les foils sont équipés de volets dont l’orientation peut être modifiée par le système de contrôle afin de garantir la stabilité de l’engin. Sans oublier toute une série de capteurs, notamment d’altitude, qui contrôlent en permanence le roulis et permettent de rectifier le tir si nécessaire. Les Docks ou quais peuvent accueillir de 1 à 4 engins. Ils sont équipés d’un système d’élévation de la Bubble pour la maintenance et la charge des batteries. Dans la configuration actuelle, les passagers peuvent prendre place dans l’un des 4 sièges qui leur sont destinés, un cinquième étant occupé par le pilote. Dès le démarrage, la Bubble prend de la vitesse grâce à 2 propulseurs électriques. À moins de 6 nœuds (environ 11 km/h), elle reste en mode classique, c’est-à-dire que l’engin est à 100% soumis à la poussée d’Archimède (1), comme un bateau tradi tionnel (traînée = 100% et soulèvement des foils = nul). Entre 7 et 8 nœuds (+/- entre 13 et 15 km/h), le mode transitoire voit la coque s’élever progres sivement au-dessus du niveau de l’eau (traînée = 70% et soulèvement des foils = 50%). Au-dessus de 8 nœuds, la Bubble est en mode « bateau volant », sa coque étant soulevée à 40 cm au-dessus du niveau de l’eau (traînée = 60% et soulèvement des foils = maximal). L’hydroptère a ici déjaugé et seuls les foils sont partiellement en contact avec l’eau pour le plus grand confort des passagers, qui ne sont alors plus soumis au roulis des vagues. La vitesse Athena Mag 343 14 1 de croisière est de 12 à 14 nœuds (+/- de 22 à 26 km/h). À proximité du ponton de déchargement, l’engin ralentit pour se poser doucement sur l’eau et s’arrêter pour procéder au débarquement des passagers. Grâce à la technologie de l’hydroptère, la résistance de l’eau est fortement diminuée (40% en moins), ce qui garantit une consommation énergétique bien inférieure à celle des bateaux classiques de même taille. Zero wave, zero noise, zero emission ou « Zéro vague, zéro bruit, zéro émission » est la devise de SeaBubbles. En effet, en plus de fonctionner à l’électricité, l’engin est peu bruyant et provoque très peu de vagues, afin de minimiser l’impact sur l’environnement aquatique. Les 5 premiers prototypes ont été fabriqués à Lausanne en 2017. Plusieurs tests en conditions réelles ont été effectués avec succès sur différents types de voies navigables  : des fleuves à Paris, Lyon, Zurich et Dordrecht (Pays-Bas), le lac Léman depuis Genève et la mer depuis Saint- Tropez et Monaco, sans oublier la baie de Biscayne en Floride du Sud. Mais pas encore la haute mer pour laquelle la Bubble n’est pas adaptée. Pour ce qui est d'en équiper la Seine, le projet est longtemps resté au point mort faute d'accord avec les autorités portuaires parisiennes et françaises. La situation s'est cependant débloquée très récemment et des essais ont pu avoir lieu entre Issy-les-Moulineaux et Bercy. Les hydroptères pourraient même prendre l'eau au printemps prochain. 2019 marque donc un tournant pour SeaBubbles qui, en outre, vient d'être rachetée par 3 investisseurs - respectivement suisse, suédois et américain - juste avant de débuter la production à grande échelle de plusieurs commandes effectuées en Thaïlande. Également au programme pour SeaBubbles  : lancer un nouveau modèle version transport en commun, le Flybus, et rendre la Bubble autonome. Bref, nous n’avons certainement pas fini d’en entendre parler. Et c’est tant mieux ! Septembre-Octobre 2019 2
Autour du monde Bien entendu, Seabubbles est loin d’être la seule entreprise active dans le développement d’hydroptères. Certains sont déjà en fonctionnement depuis plusieurs années autour du globe. Par exemple, les ferries Jetfoil et le luxueux Premier Jetfoil (photo 2) de la compagnie TurboJET relient notamment Hong Kong à Macao (séparées de 62,5 km à vol d’oiseau). Cependant, ils fonctionnent au mazout et non à l’électricité. En Italie, le catamaran Schiopparello Jet (photo 3) permet de rejoindre le port de Portoferraio sur l’île d’Elbe depuis le port de Piombino, situé sur la côte ouest italienne, en passant par Cavo, également sur l’île d’Elbe. Il faut compter 20 minutes pour réaliser la traversée Piombino- Cavo (contre 35 minutes en ferry « classique ») et encore 15 à 20 minutes pour rejoindre ensuite Portoferraio. D’une capacité de 145 passagers et 5 membres d’équipage, cet hydroptère navigue à une vitesse d’une trentaine de nœuds (+/- 55,6 km/h). À Saint-Pétersbourg, la compagnie Neva Travel possède une flotte de 7 hydroptères au service du tourisme (photo 4). Chaque engin peut accueillir une centaine de passagers. L’activité proposée est la visite des jardins du Palais de Peterhof (aussi appelé le « Versailles russe ») , en empruntant la rivière Neva et le Golfe de Finlande. Et la liste ne s’arrête pas là. Des hydroptères sont également utilisés pour effectuer la traversée entre l’île principale de Honshû au Japon et d’autres îles de l’archipel, entre le Japon et la Corée du Sud, entre certaines îles grecques, entre Bodrum en Turquie et l’île grecque de Kos, etc. Prochaine étape pour les hydroptères  : effectuer des traversées océaniques et pourquoi pas, le tour du monde. Mais peut-être avant cela, des hydroptères respectueux de l’environ nement pour naviguer sur l’Escaut, la Meuse ou encore le Canal Albert. Ce serait sympa, non ? Toutes les références peuvent être obtenues auprès de virginie.chantry@gmail.com ou sur la version digitale. 3 Athena Mag 343 15 TECHNO-ZOOM À l’heure actuelle, nous sommes de plus en plus nombreux à faire attention à notre consommation d'eau, notamment. Non seulement pour des raisons économiques, mais également pour épargner les ressources de Mère Nature. Dans cette démarche, le pommeau de douche connecté et intelligent Hydrao, conçu en France, peut être utile. Doté de LED, il s’illumine pendant la douche et selon la couleur de la lumière diffusée, avertit de la consommation en cours. Le réglage de base est le suivant  : vert jusqu’à 10l, bleu ensuite jusque 20l, rose entre 20 l et 30l, rouge entre 30 l et 40 l et, au-delà de 40 l d’eau consommée pendant la douche, les LED clignotent. Ces seuils, ainsi que les couleurs, peuvent bien entendu être personnalisés en amont depuis une application dédiée, Hydrao Smart Shower, qui communique via Bluetooth avec l’objet connecté et enregistre vos données de consommation. Doté de 3 jets, Hydrao se branche directement à la place de votre pommeau de douche actuel et ne demande pas de consommation énergétique supplémentaire  : il fonctionne grâce à une turbine interne actionnée par le passage de l’eau dès son utilisation. De plus, son débit est de 6,6 l d’eau à la minute contre 12 l pour les pommeaux de douche standard, selon le site Web du développeur. Il existe également sur le marché des versions « ciel de pluie », ce qui peut se révéler utile si vous avez des ados qui adorent flâner sous la douche tropicale à la maison... À la clé  : économies d’eau et de chauffage si vous tenez compte des avertissements colorés. La compagnie propose également des solutions pour les professionnels tels que des équipements pour les collectivités et des solutions de collecte et de traitement des données de consommation dans les secteurs secondaire et tertiaire. Septembre-Octobre 2019 VIRGINIE CHANTRY TECHNOLOGIE 4



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