Athena n°342 mai à aoû 2019
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PHILIPPE LAMBERT DOSSIER LE DOSSIER TEXTE  : PHILIPPE LAMBERT PH.LAMBERT.PH@SKYNET.BE WWW.PHILIPPE-LAMBERT-JOURNALISTE.BE PHOTOS  : DESIGNED BY FREEPIK (P.22), DESIGNED BY PEOPLECREATIONS/FREEPIK (P.26) Athena Mag 342 22 Mai-Juin 2019
Bouffées de chaleur, troubles sexuels, humeur dépressive, irritabilité et fatigue  : on présente communément l’andropause comme une « ménopause au masculin ». Mais cette comparaison est-elle fondée ? Hormis le fait que les 2 situations résultent d’une carence hormonale liée à l’âge et ont plusieurs symptômes potentiels communs (bouffées de chaleur, troubles sexuels, humeur dépressive, irritabilité, fatigue...), la ménopause et l’andropause se différencient sur des points essentiels, de sorte que, écartant les terminologies mimétiques, beaucoup estiment préférable de parler, chez l’homme, de déficit androgénique (ou d’hypogonadisme) lié à l’âge. Dans la ménopause, l’activité ovarienne, qui a décliné progressivement, balise la réduction drastique et définitive de la production d’œstrogènes. En revanche, dans l’andropause, la fabrication de testostérone n’est que ralentie. Par ailleurs, si la ménopause met un terme aux menstruations et à la fertilité, l’andropause ne rend pas pour autant l’homme infertile. Enfin, la ménopause est une fatalité à laquelle sont confrontées toutes les femmes, tandis que l’andropause n’affecte que peu d’hommes. Si l’on se réfère à l’European Male Aging Study, étude publiée en 2010 portant sur 3 200 hommes âgés de 40 à 79 ans issus de 8 pays européens (Angleterre, Suède, Estonie, Pologne, Hongrie, Italie, Espagne, Belgique), seulement 2% des hommes de cette tranche d’âge seraient concernés par l’andropause. On estime que dès l’âge de 30 ans environ, la production de testostérone commence à se réduire. À partir de 50 ans, sa concentration dans le sang diminuerait en moyenne de 1% par an. « Le risque de déficit androgénique augmente avec l’âge, mais nombre d’hommes conservent des taux de Athena Mag 342 23 Mai-Juin 2019 PHILIPPE LAMBERT DOSSIER L’andropause est-elle la « ménopause de l’homme » ? testo stérone tout à fait satisfaisants tout au long de leur vie », indique le docteur Hernan Valdes- Socin, chef de clinique au sein du service d’endocrinologie du CHU de Liège et maître de conférences à l’Université de Liège. Et de souligner que l’hypogonadisme lié à l’âge ne constitue qu’une faible proportion des cas où un taux de testostérone inférieur à la norme a été détecté chez un individu de plus de 45 ans. En effet, la baisse du taux de l’hormone mâle est souvent le reflet d’un état de santé déficient  : insuffisance rénale, maladie du foie, surpoids et obésité abdominale, diabète, hypercholestérolémie, syndrome métabolique, prise de certains médicaments tels que des antipsychotiques, des antiépileptiques ou des narcotiques, stress chronique... « Chez un patient hospitalisé pour pneumonie, par exemple, la concentration sanguine en testo stérone sera faible, parce que diverses cytokines sécrétées durant la maladie, notamment l’interleukine 1, exercent une action au niveau de l’hypothalamus, lequel contrôle l’hypophyse, qui commande lui-même la production de testostérone par les gonades, explique Hernan Valdes- Socin. Cette situation est potentiellement réversible à distance de l’hospitalisation, bien entendu. » De même, les états de stress émotionnels importants peuvent être à l’origine d’un hypogonadisme transitoire, car l’axe du cortisol est alors privilégié. La dépression, idem. Tout comme chez le sujet sportif, fût-il jeune, un important surentraînement. Une tumeur de l’hypophyse est également »



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