Athena n°341 mar/avr 2019
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THÉO PIRARD ESPACE Quoi de neuf dans l’espace ? Le tourisme suborbital devrait être l’événement spatial de 2019. L’année du 50 e anniversaire des pas de l’Homme sur la Lune. Ainsi, pour la première fois, des passagers vont effectuer un bond jusqu’à 80 km ou 100 km d’altitude… Au cours de ce saut à la lisière de l’espace, ils vont connaître quelques minutes d’impesanteur. À leur retour, il est prévu qu’ils reçoivent leurs ailes d’astronaute TEXTE  : THÉO PIRARD PHOTOS  : VIRGIN GALACTIC, BLUE ORIGIN Athena Mag 341 46 Mars-Avril 2019 À gauche, le SS2 Unity de Virgin Galactic. À droite, le lanceur réutilisable New Shepard avec sa capsule habitable. Deux entreprises américaines, que l’on doit à des milliardaires, se sont lancées dans le dévelop pement de systèmes différents pour des vols habités jusqu’à la frontière spatiale  : Virgin Galactic du Britannique Sir Richard Branson et Blue Origin de Jeff Bezos, le patron d’Amazon. Le premier a retenu le concept de l’avion-fusée SS2 (SpaceShip Two) pour un équipage de 8 personnes (comprenant commandant de bord et pilote)  : largué d’un quadriréacteur, le SS2 enclenche son propulseur hybride (oxygène et poudre) pour s’élancer vers l’espace. Durée du vol  : 90 minutes. Le second a mis au point avec New Shepard une capsule pour 6 passagers qui se trouve propulsée par une fusée réutilisable avec moteur cryogénique. Pour un bond entièrement automatisé d’environ 10 minutes. Où en sont les préparatifs de Virgin Galactic et de Blue Origin ? Ils sont dans la dernière ligne droite pour emmener des touristes avides de sensations fortes. En 2018, Virgin Galactic a franchi une étape clef en faisant évoluer SS2 Unity jusqu’à 82 km d’altitude, lors d’un vol d’essai qui eut lieu
Retour réussi de la capsule New Shepard sur le sol texan (ranch de Jeff Bezos). le 13 décembre dernier. De son côté, Blue Origin lançait ce 23 janvier sa fusée avec la capsule New Shepard qui est montée jusqu’à près de 107 km. Tout semble propice pour annoncer que des passagers puissent prendre place à bord durant cette année. Mais aucun planning de vols n’est encore officialisé. La polémique de l’altitude à atteindre si on veut « toucher » l’espace  : 80 km ou 100 km ? Ce qu’on appelle la « Karman line » est la limite entre le monde terrestre et le domaine spatial. Pour la Fai (Fédération internationale d’Aéronautique) qui officialise les records dans les airs, elle se situe à l’altitude de 100 km (62 miles). C’est cette donnée qui est généralement reconnue. Mais du côté américain, l’US Air Force et la Nasa (National Aeronautics & Space Administration) la fixent à 80 km (50 miles). Ce qui arrange bien Virgin Galactic dont le propulseur hybride de son SS2 ne se révèle pas assez performant pour atteindre 100 km… Qu’en est-il de la commercialisation des tickets pour les escapades suborbitales qui sont proposées ? L’entreprise de Sir Branson a dès 2009 – il y a 10 ans ! - procédé à la prise de réservations avec des tickets vendus aux environs de 200 000 euros pour le vol suborbital. On a annoncé 640 personnes ayant réservé un bond. Deux autres exemplaires du SS2 sont en construction pour répondre à la demande. Par contre, la société de Jeff Bezos fait preuve d’une grande discrétion sur la vente de ses services avec New Shepard. De la concurrence pourrait bientôt se manifester du côté de la Chine… Athena Mag 341 MAIS ENCORE... Un corps glacé à 6,6 milliards de km C’est assurément le beau cadeau de Nouvel An qu’a fait à la Nasa sa sonde New Horizons de moins d’une demi tonne. Parti du Cape Canaveral (Floride) le 19 janvier 2007, cet explorateur des confins du système solaire a survolé, étudié et photographié 2014 MU69, surnommé Ultima Thulé, l’un des objets très discret de la ceinture dite de Kuiper. La carte postale qu’a transmise New Horizons a révélé un astéroïde fait de glace, ayant la forme d’un « bonhomme de neige ». Mesurant 35 km sur 15 km, il s’agit d’un intéressant témoin des débuts et origines de l’environnement du Soleil. New Horizons qui a « frôlé » Ultima Thulé à quelque 3 400 km poursuit sa course en s’éloignant de plus en plus du système solaire. Sa mission d’exploration interplanétaire est une réussite remarquable, donnant lieu à une belle moisson de données. Son grand exploit eut lieu le 14 juillet 2015, quand la sonde américaine s’était illustrée avec des vues inédites de la planète naine Pluton. L’Étoile de David sur la Lune La première sonde privée, conçue pour se poser à la surface lunaire, est réalisée par l’entreprise israélienne SpaceIL. Développé dans le cadre de la compétition Google Lunar X Prize qui s’est achevée sans qu’une course ait pu avoir lieu, cet atterrisseur compact de 585 kg est parti vers notre satellite grâce à un lancement Falcon 9 de la société américaine SpaceX. Il est prévu qu’il arrive à destination en avril. Après la Russie (au temps de l’URSS), les États-Unis et la Chine, c’est au tour de la petite puissance spatiale d’Israël d’être présent sur la Lune… L’Inde se prépare à y envoyer un automate dans les mois à venir. SpaceIL a décidé de commercialiser son atterrisseur lunaire. Elle vient de signer un accord de partenariat avec la firme allemande Ohb en vue d’un projet européen d’atterrisseur lunaire… à l’horizon 2025. Vive l’Europe dans l’espace ! Le budget spatial européen connaît une hausse régulière, les instances politiques étant conscientes de l’impact des satellites et de leurs lanceurs pour l’indépendance technologique de l’Europe  : il s’agit de relever les défis la concurrence du New Space américain et du Made in China spatial. L’Esa (European Space Agency) a pour 2019 planifié un budget de 5,72 milliards d’euros, avec une contribution belge de 4,6% (191,4 millions d’euros)  : près de la moitié concerne l’observation de la Terre (pour les systèmes Earth Explorer, Eumetsat, Copernicus) et le transport sur orbite (notamment pour les nouveaux lanceurs Ariane 6 et Vega-C) sont financés à raison de 24,3% et de 22,5% respectivement. La Commission européenne prépare un cadre financier pluri annuel de 16,9 milliards d’euros pour les activités spatiales durant la période 2021-2027  : cet important investissement, principalement pour les programmes Galileo (navigation) et Copernicus (télé détection), sera proposé au Conseil et le Parlement de l’Union. Il doit encore faire l’objet de délibérations entre les députés européens qui seront élus entre les 23 et 26 mai. 47 Mars-Avril 2019 THÉO PIRARD ESPACE



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