Athena n°341 mar/avr 2019
Athena n°341 mar/avr 2019

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 38 - 39  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
38 39
JEAN-MICHEL DEBRY BIOLOGIE BIO NEWS TEXTE  : JEAN-MICHEL DEBRY J.M.DEBRY@SKYNET.BE PHOTOS  : VALERIA_AKSAKOVA/FREEPIK (P.39), JUNAIDRAO/FLICKR - BIOZOOM (P.39), FRANK VINKEN DWB (P.40) De l’abondance des abeilles… On sait à quel point les insectes en général, et les hyménoptères en particulier (abeilles bourdons, etc.), sont importants pour la pollinisation. Nombre d’exploitants, notamment horticoles, en sont conscients de même que ceux qui se sont reconvertis au « bio ». Le changement d’habitudes dans l’exploitation des sols a aussi mené à réduire la taille des parcelles et à exploiter un plus grand nombre d’espèces végétales tant par opportunisme que parce qu’une biodiversité plus grande est a priori synonyme d’environnement plus équilibré. Des chercheurs allemands ont eu l’idée de vérifier si cette modification du comportement avait déjà des effets sur le nombre d’abeilles présentes. Ils ont effectués un recensement dans 229 parcelles réparties dans 4 pays de l’Union européenne. Et les résultats rapportés, qui méritent d’être étayés par d’autres études du genre, sont, en partie du moins, surprenants. Athena Mag 341 38 Mars-Avril 2019 Réduire la dimension des parcelles augmente le nombre des bordures, qu’elles soient plantées ou non de taillis. On en revient donc, dans certaines régions, à un paysage bocager qui multiplie les niches tant pour les insectes que pour les oiseaux. Et c’est payant pour le nombre d’abeilles dont le nombre augmente en proportion. En revanche, il apparaît que l’accroissement de la diversité spécifique des espèces cultivées réduit le nombre d’abeilles, ce qui est franchement étonnant et qui a confondu les responsables de l’étude menée. Soit des paramètres déterminants ont été omis ou mal évalués, soit la (ré)introduction d’espèces cultivées a été accompagnée, par précaution pour le rendement attendu, d’un traitement « appuyé » par des fertilisants et des herbicides. Des études additionnelles devraient permettre d’en savoir un peu plus. Un constat  : les plus belles intentions ne sont pas toujours dénuées d’effets pervers, on peut vouloir apporter un peu de diversité à la production, mais en mettant les meilleures chances de son côté pour en maximiser le rendement. Pour l’heure, la densité des abeilles semble être le témoin de ce mauvais choix. Rien n’est perdu pour autant  : il est sans doute encore temps de rectifier le tir ! Proc. R. Soc. 2018 ; B 285, 20172242
Nausées et vomissements  : du nouveau ? Les futures mères, dit-on, passent en début de grossesse et une fois sur deux par cette case physiologique désagréable, la moitié d’entre elles ne connaissant que les nausées, ce qui est déjà suffisamment dérangeant. Si ces désagréments ne sont en général pas dangereux pour la mère et l’enfant, ils n’en sont pas moins inconfortables et apparemment liés à cet état physiologique nouveau que connaît la femme enceinte. C’est le plus souvent en début de grossesse que ces manifestations de rejet se manifestent, entre la 6 e et la 12 e semaine. « Un mauvais moment à passer » qui n’a pratiquement jamais empêché une femme d’envisager une grossesse. Les causes évoquées sont multiples. Elles tiennent aux modifications hormonales dont le corps de la femme est l’objet et peut-être à certains aliments ingérés qui ne conviendraient pas au futur enfant. On évoque également des prédispositions familiales ainsi que des effets de la fatigue, voire de troubles émotionnels qui peuvent ramener à la composante hormonale. Passé le premier trimestre, tout cela appartient donc normalement au domaine des mauvais souvenirs. Sauf pour une petite frange de femmes (estimée à 3%) pour lesquelles ces désagréments peuvent prendre une dimension franchement pathologique. C’est l’hyperemesis gravidarium, dont aurait souffert Kate Middelton par exemple. Cette fois, il s’agit d’une situation qui peut compromettre la santé de la mère et de l’enfant, et aussi la survie de la grossesse. Les vomissements importants et parfois violents font perdre du poids à la future mère, essentiellement de l’eau mais aussi des ions. L’alimentation, quand elle devient possible, n’est plus compensatoire et une hospitalisation est imposée, afin d’assurer une hydratation forcée et d’éviter une dégradation de Athena Mag 341 l’état général avec altération des fonctions hépatique et rénale, pour ne citer que celles-là. L’expérience que l’on fait soimême étant souvent la plus profitable, une généticienne américaine, qui a connu ce moment très difficile, a cherché à savoir s’il n’existait pas une ou plusieurs causes à identifier dans le génome. Elle a tablé sur la société de testage génétique « 23 and me » et lui a demandé d’introduire un nouvel élément dans son enquête, celui qui lui permettait précisément d’avoir accès aux informations relatives à des femmes confrontées à la même situation. Après un examen ciblé des données récoltées, elle a pu faire ressortir que toutes les femmes concernées présentaient un dosage sanguin élevé pour une protéine particulière, appelée GDF15. Cet élément naturel est déjà connu pour avoir un taux accru en cas d’ischémie cardiaque ou de prédisposition à un malaise du même organe ainsi que dans quelques autres pathologies graves. Le voici désormais aussi associé à une problématique d’un tout autre ordre. Ce n’est encore pour le moment qu’une indication, mais elle semble significative et offre surtout une voie possible de traitement. Pour que toutes les grossesses se passent dorénavant au mieux ? Pour 3% des plus perturbées au moins, on peut le penser. Science, 2018 ; 359  : 1318 BIO ZOOM » On dirait un tableau de Monet. Cette rivière, appelée Caño Cristales ou rivière arc-en-ciel, existe bel et bien. En Colombie. Dès juin jusque novembre, elle se pare de belles couleurs chatoyantes. Ce changement, elle le doit à Macarena clavigera, une plante aquatique endémique de la région, qui doit son intensité chromatique aux caroténoïdes, des pigments caractéristiques des organismes photosynthétiques protégeant les végétaux de l’oxydation et des UVA. Ils sont activés par la combinaison de l’action directe des rayons solaires et la baisse du niveau de l’eau. 39 Mars-Avril 2019 JEAN-MICHEL DEBRY BIOLOGIE



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :