Athena n°339 nov/déc 2018
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PHILIPPE LAMBERT DOSSIER TEXTE  : PHILIPPE LAMBERT PH.LAMBERT.PH@SKYNET.BE WWW.PHILIPPE-LAMBERT-JOURNALISTE.BE Athena Mag 339 18 Novembre-Décembre 2018
Cancers  : la stratégie de la Athena Mag 339 19 Novembre-Décembre 2018 PHILIPPE LAMBERT DOSSIER coupure énergétique Les progrès de la recherche en oncologie sont permanents. Nos Universités apportent régulièrement leur pierre à l'édifice, ainsi que le montrent notamment 2 avancées récentes issues des travaux respectifs des équipes d'Olivier Feron (UCLouvain) et de Denis Lafontaine (ULB). Le professeur Feron et ses collaborateurs s'intéressent au métabolisme tumoral dans le but de bloquer les voies qui contribuent à fournir aux cellules cancéreuses l'énergie nécessaire à leur multiplication. Deux découvertes réalisées respectivement en 2016 et 2018 semblent de nature à perturber grandement cet approvisionnement énergétique. Le groupe du professeur Lafontaine, lui, a mis en évidence le triple pouvoir antitumoral d'un alcaloïde issu de la jonquille. Une piste pleine de promesses (voir encadré)... Comment tarir les sources qui contribuent à fournir aux cellules l'énergie nécessaire à leur multiplication ? Depuis plusieurs années, l'équipe du professeur Olivier Feron, chercheur à l'Institut de recherche expérimentale et clinique de l'UCLouvain, est de celles qui s'intéressent au métabolisme des tumeurs afin de répondre à cette question. La production d'énergie sous forme d'adénosine triphosphate (ATP), pourvoyeuse énergétique universelle des organismes vivants, peut se réaliser à partir de protéines, de lipides ou de glucides. On sait depuis longtemps qu'au début du développement d'un cancer, les cellules tumorales se révèlent très avides de glucose pour subvenir à leurs besoins énergétiques et que ce phénomène s'exacerbe dans des conditions d'hypoxie (manque d'oxygène). Cette abondante consommation de glucose aboutit à une acidification de l'environnement extracellulaire, la glycolyse (1) induisant la production d'acide lactique (lactate et proton). L'acidité ambiante des tumeurs finit alors par atteindre 10 fois celle des tissus sains (pH de 6,5 environ contre 7,4 dans le cadre d'une échelle logarithmique). « Nous avons montré in vitro que, cette limite franchie, la cellule tumorale ne parvient pas à faire face à l'acidose et meurt », indique le professeur Feron. Sur la base de travaux expérimentaux, dont les résultats leur valurent une publication dans Cell Metabolism (2) en août 2016, Olivier Feron et ses collaborateurs, en particulier Cyril Corbet, premier auteur, ont pu montrer que dans un environnement suffisamment acide, les cellules tumorales arrêtent de consommer du glucose et développent une double stratégie. D'une part, elles captent des lipides disponibles dans leur environnement et les utilisent comme source d'ATP après dégradation dans les mitochondries, « usines énergétiques » de la cellule. D'autre part, elles produisent des acides gras au départ d'un acide aminé, la glutamine, pour assurer la fabrication des membranes cellulaires. Cette stratégie double est propre aux cellules cancéreuses, car jamais une cellule normale ne dégrade et ne synthétise concomitamment des acides » gras.



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