Athena n°339 nov/déc 2018
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GÉRALDINE TRAN PORTRAIT Recto Imprimeur numérique, c’est une vocation que vous avez depuis toute petite ? Non pas du tout, même si j’ai appris plus tard que c’est un peu de famille… mon grand-père ayant été typographe dans sa jeunesse. J’ai découvert ce métier un peu par hasard  : j'étais à la recherche d’un emploi, je ne trouvais pas donc je me suis dit que j’allais reprendre une formation qualifiante. Je voulais trouver ma voie, un métier dans lequel je pourrais m'épanouir et faire carrière. J’ai beaucoup cherché, dans divers domaines, et celui qui a vraiment retenu mon attention, c’est l'imprimerie. J’ai passé des tests d’admission, fait un essai métier au centre de formation et là, j'ai su que c'est ce que je voulais faire dans la vie. J’ai vraiment accroché tout de suite. Comment devient-on imprimeur numérique ? Comme je l'ai dit précédemment, j'ai participé à une séance d’info sur le métier d'imprimeur offset L’ADN de … Wendy YERNA Athena Mag 339 16 PROPOS RECUEILLIS PAR GÉRALDINE TRAN PHOTOS  : G. TRAN Imprimeur numérique au Cepegra, le centre de formation du Forem à Gosselies. J’ai ensuite passé des tests et fait un essai métier, histoire d’être sûre de ne pas faire une formation qui ne me plairait pas. Celle-ci dure environ 6 mois, on y apprend les bases pratiques et théoriques de l’offset, de la colorimetrie, de l’impo sition,… ainsi que les différentes phases de finition. En fin de cursus, il y a également une formation d’une semaine à l’impression numérique qui complète les connaissances de l’impression sous toutes ses formes. Je tiens également à souligner l’excellent travail des formateurs, anciens « offsetistes » de métier, qui essaient de nous transmettre leur passion pour ce métier. Avant d'obtenir le « diplôme », il faut faire un stage en entreprise. Vous travaillez actuellement en tant qu'imprimeur numérique chez Schmitz Digital Printing, mais quelle est votre journée-type ? Il n'y en a pas vraiment… Tout dépend du travail qu’il y a à faire et c’est ça qui est chouette ! Un travail varié dans lequel on a rarement le temps de s’ennuyer. Bien sûr, il y a une certaine routine dans les processus  : allumer et nettoyer les machines le matin, faire un tour rapide des fiches de production, regarder les priorités et les travaux qui peuvent être rassemblés afin d’optimiser le temps. Ensuite, on traite les fichiers par ordinateur suivant la fiche de production du travail, en les convertissant en fichier imprimable pour la machine. Reste à aller chercher les matériaux (bâche, panneaux, vinyle…). Quand tout est prêt, il ne reste plus qu'à vérifier une dernière fois que les paramètres d’impression sont corrects par rapport au souhait du client avant de lancer la production. Même si tout est automatisé, il est impératif de garder un œil ouvert et l’oreille attentive durant l'impression. Une fois le produit imprimé, nos collègues en charge des finitions s’occupent de l’assemblage final de la commande. Quels sont vos rapports avec la science ? La science se retrouve partout dans ce metier  : les machines, les nouvelles technologies, les réactions chimiques des produits… on la retrouve vraiment sous plusieurs aspects. Par exemple, la société Novembre-Décembre 2018
vient d'acquérir une nouvelle machine HP r2000, avec un processus d’impression sur support rigide révolutionnaire. Les encres sont à base d'eau et tiennent sur la plupart des matériaux. C’est une vraie avancée technologique et écologique pour le monde de l’imprimerie et ce, grâce à des années de recherche et développement scientifique. Quelle est la plus grande difficulté rencontrée dans l’exercice de votre métier ? Être gardien de la qualité des impressions, avoir des machines bien calibrées au niveau des couleurs et du repérage afin d'avoir un niveau de qualité élevé et constant. Il faut également savoir gérer la pression et le stress que peut engendrer le milieu de la production. À l’heure du numérique, tout est plus rapide, il faut donc savoir être réactif, rapide et ordonné. Quelle est votre plus grande réussite professionnelle jusqu’à ce jour ? Ah… bonne question ! Je dirais ma participation à Skillsbelgium, un concours de métiers manuels Je vous offre une seconde vie pour un second métier... Ce serait dans l'écologie. Sur le terrain, à chercher des solutions pour un monde plus sain, un air plus pur, des océans plus propres. Ce qui est un peu contradictoire par rapport au métier que je fais, très souvent synonyme de pollution, de déchets, de produits chimiques... Je vous offre un super pouvoir... Le don d'ubiquité, être à plusieurs endroits en même temps pour faire plusieurs choses à la fois car je suis un peu hyperactive. Donc si je pouvais me démultiplier pour en faire encore plus et surtout, donner plus de temps à mes enfants, je le ferais sans hésiter. Je vous offre un auditoire... Franchement, je ne sais pas. Je n'ai jamais aimé l'école. Alors donner cours ne me tenterait pas vraiment. Mais pour répondre tout de même, ma matière préférée aux Beaux Arts a toujours été la sculpture donc je suppose que c'est dans cette matière là que je m'orienterais. Je vous offre un laboratoire... Je dirigerais mes recherches vers la dépollution des océans et des nappes phréatiques. C'est, selon moi, une des plus grandes catastrophes écologiques de notre siècle. Je vous transforme en un objet du 21 e siècle... Ce serait un vaisseau spatial allant au minimum à la vitesse de la lumière afin d'explorer l'espace et peutêtre, pourquoi pas, rencontrer une autre vie sur une pour les jeunes de moins de 25 ans. À ma grande surprise, j'ai gagné la médaille d'or devant le gagnant de l'année précédente. J'étais également, à l'époque, la première femme à remporter l’or en Belgique dans la catégorie imprimeur offset. C'était une chouette expérience qui malheureusement n'a pas été plus loin car la catégorie n'a pas été reprise pour le niveau européen. Mais ça m'a ouvert des portes car il reste compliqué d'être une femme, de s'imposer et faire reconnaître ses compétences dans un milieu très masculin comme l’imprimerie… Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui aurait envie de suivre vos traces ? De commencer par se former à l'impression offset afin d'acquérir de bons réflexes d'imprimeur. Ensuite, avoir au moins quelques notions en pré-presse, cela facilite la compréhension des problèmes liés au fichier et surtout, être à l’aise avec tout ce qui est nouvelle technologie. La maîtrise de l’anglais est également un atout majeur car la plupart du temps, les manuels, les menus des machines, les interventions techniques… sont en anglais. autre planète. L'univers m'a toujours fascinée, tant par sa beauté que par sa complexité. Si je pouvais un jour « toucher » les étoiles ou « décrocher la lune » comme on dit... Je vous offre un billet d’avion... Je partirais loin. Dans un pays que je ne connais pas et où la nature occupe une place centrale. Idéalement en roadtrip sur plusieurs mois. Au Canada par exemple. J'ai toujours rêvé de partir avec juste un sac à dos, en mode débrouille ! Je vous offre un face à face avec une grande person nalité du monde... Clara Zetkin, journaliste et femme politique allemande, féministe et initiatrice de la Journée de la femme. Militante pour l’émancipation de la femme, le droit au vote, l’accès au travail ou l’égalité homme/femme, elle n’a jamais baissé les bras et combattu pour des causes qui aujourd’hui encore font débat. Athena Mag 336 339 17 Novembre-Décembre Mars-Avril 2018 2018 GÉRALDINE TRAN PORTRAIT Wendy Yerna ÂGE  : 29 ans SITUATION FAMILIALE  : En couple, 2 enfants de 6 et 2 ans PROFESSION  : Imprimeur numérique chez Schmitz Digital Printing (Ciney) FORMATION  : Diplômée en art graphique de l'École des Beaux Arts de Namur. TÉL.  : + 32 83 21 62 58 MAIL  : schmitz@schmitz.be www.schmitz.be Verso La question « a priori »  : À l'ère du numérique, on dit que le papier va disparaître et le métier d'imprimeur avec lui... Comme évoqué plus haut, dans le numérique, on utilise bien d'autres supports que le papier donc je ne pense pas que ce métier soit voué à disparaître. Même au niveau de l'offset. On aura toujours besoin de papier, les écrits restent et laissent une trace concrète. Et avec l'évolution des techniques, je suis persuadée que ce métier aura toujours sa place dans 100 ans, moyennant certaines améliorations et adaptations des machines et de ceux qui les manipulent. https://formation-cepegra.be/



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