Athena n°338 sep/oct 2018
Athena n°338 sep/oct 2018

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 16 - 17  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
16 17
GÉRALDINE TRAN PORTRAIT Recto Graphothérapeute, c’est une vocation que vous avez depuis toute petite ? Disons que j’ai toujours voulu travailler avec des enfants. Lorsque j’étudiais la psychologie à l’université, j’ai rapidement ressenti le besoin de compléter cette formation par quelque chose de plus concret et de plus ciblé. Ayant déjà été sensibilisée à la graphologie, je me suis donc naturel lement tournée vers la graphothérapie, qui s’est avérée être très complémentaire à ma formation de neuropsychologue pour enfants. Comment devient-on graphothérapeute ? En ce qui me concerne, j’ai d’abord suivi une formation de 3 ans en graphologie. Celle-ci porte sur l’analyse des traits caractéristiques de l’écriture manuscrite, propres à chacun et donc révélatrices de certains traits de personnalité. Il s’agissait donc, dans un premier temps, d’une approche plus « subjective » de l’écriture. Une fois le diplôme en main, j’ai Athena Mag 338 16 PROPOS RECUEILLIS PAR GÉRALDINE TRAN PHOTOS  : S. DEBELS L’ADN de … Sophie DEBELS Graphothérapeute eu accès à la formation en grapho thérapie d’une durée d’1 an, suivie d’un stage auprès d’enfants dysgraphiques. Il s’agit donc bien d’une approche très différente de la graphologie reposant sur l’observation d’« anomalies » dans le geste graphique dont il faut en comprendre la cause pour ensuite y remédier. Vous êtes travaillez actuellement en tant que graphothérapeute et neuropsychologue pour Le Jardin des libellules et le Centre médical de l’Alliance, mais quelle est votre journée-type ? Il n’y a pas vraiment de journée type. Mon activité comprend une partie dédiée à l’évaluation (bilan graphomoteur des fonctions intellectuelles/des fonctions attentionnelles et exécutives/des capacités visuo-spatiales). Ici, il s'agit de de regrouper un maximum d’informations sur l’enfant pour en avoir une vision la plus globale possible qui me permet de mettre en évidence d’éventuelles difficultés d’ordre visuo-spatiales, attentionnelles, exécutives ou limitées au geste graphique. Les difficultés en écriture peuvent être rencontrées chez des enfants présentant un Trouble Déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), chez des enfants à haut potentiel (HP) et surtout, chez des enfants dyspraxiques ou souffrant de troubles neuro visuels. Il n’est donc pas rare de réorienter les parents vers d’autres praticiens en vue de poser un diagnostic précis et d’optimiser la prise en charge. Les difficultés en écriture ne sont bien évidemment pas toutes liées à ce genre de profils et peuvent être simplement dues à de mauvaises bases dans son apprentissage. L'autre partie de mon travail est réservée à la remédiation (rééducation). Quels sont vos rapports avec la science ? Quels sont vos premiers souvenirs « scientifiques » ? Les sciences, au sens premier du terme, n’ont jamais été mon point fort, même si j’ai grandi dans une famille de pharmaciens ! Les sciences humaines me convenaient mieux mais en ayant toujours eu ce besoin d’avoir un ancrage plus Septembre-Octobre 2018
concret, presque « médical » dans ma pratique profes sionnelle. L’orientation en neuropsychologie clinique était donc parfaite pour moi. Quelle est la plus grande difficulté rencontrée dans l’exercice de votre métier ? Je dirais que le plus compliqué est de conscientiser les parents et l’enfant sur l’importance d’un suivi en dehors des séances. Je compare toujours l’écriture à un sport  : pour devenir performant, il faut s’entraîner le plus souvent possible ! Il s’agit donc de mettre en pratique au quotidien les outils et exercices proposés en séance, chose pas toujours évidente pour des parents face à des enfants bien souvent réticents à toute production écrite… Ma priorité est donc d’essayer de les « réconcilier » avec l’écriture. Quelle est votre plus grande réussite professionnelle jusqu’à ce jour ? J’ai longtemps travaillé en tant que salariée et se lancer en tant qu’indépendante était un vrai défi en Je vous offre une seconde vie pour un second métier... Si je devais changer de métier, je serais sans hésiter vétérinaire. J’adore les animaux et ils sont indispensables à mon équilibre. Cela pourrait être également un métier qui me permette d’emmener mon chien partout… je devrais peut-être y penser pour mes prises en charge… le contact avec un animal peut faire des miracles ! Je vous offre un super pouvoir... J’ai également une sensibilité particulière pour l’écologie, alors, si j’avais un super pouvoir, je bannirais de ce monde tous ces lobbies qui détruisent notre planète. Je vous offre un auditoire... Aucun ! Pour la simple et bonne raison que je suis une très mauvaise oratrice ! Je préfère laisser cela à des gens compétents en la matière. Je vous offre un laboratoire... Pour en revenir à l’environnement, je planche sur un moyen d’anéantir les polluants qui nous entourent. Je suis d’ailleurs persuadée que tous ces produits toxiques sont en partie responsables du nombre accru d’enfants en difficultés scolaires. Je vous transforme en un objet du 21 e siècle... Sans hésiter, ce serait un moyen pour se téléporter ! Je déteste conduire et le stress de la circulation. Tout ça représente pour moi du temps et de l’énergie perdue, sans oublier l’impact sur le climat. soi ! Aujourd’hui, je suis heureuse d’avoir ce statut et j’y trouve un véritable sens. Mes plus grandes réussites professionnelles résident dans tous ces petits moments où l’on redonne de la confiance à un enfant mais aussi aux parents, dont le parcours est parfois long et chaotique. Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui aurait envie de suivre vos traces ? La graphothérapie est une discipline accessible à tous, sans avoir de diplôme de base particulier. Il me semble pourtant primordial d’avoir des connaissances sur les différentes pathologies liées aux troubles de l’écriture et d’avoir un accès aux tests psychométriques visant une évaluation plus globale du fonctionnement cognitif de l’enfant. Avoir un diplôme en neuropsychologie est donc un avantage certain dans la pratique de cette discipline. Cette activité demande avant tout de bonnes capacités d’écoute, d’empathie et beaucoup de patience ! Je vous offre un billet d’avion... À vrai dire, je n’irais pas bien loin... Peut-être en montagne ou au bord de l’océan en France. Du moment qu’il y ait du soleil ! Je dois avouer que je n’ai pas trop l’esprit aventurier et d'ailleurs, je n’aime pas non plus qu’on m’arrache à mes racines trop longtemps. Je vous offre un face à face avec une grande person nalité du monde... Je remonterais très loin dans le temps pour discuter avec... Jésus. J'adorerais avoir enfin sa version de l’Histoire ! La question « a priori »  : pourquoi travailler encore sur l’écriture ? Les générations d'aujourd'hui et futures n’écriront sans doute plus que très peu, voire plus du tout ! L’écriture, c’est notre ADN ! Il est, en effet, regrettable que les écrans envahissent nos vies avec tous les effets néfastes que l’on connaît. Je pense, néanmoins, que l’écriture traversera encore bien des générations car elle fait partie de nous. En plus du côté « pratique » lié à la facilité d’utilisation (peu coûteuse et à tout moment), il ne faut pas oublier que l’écriture joue également un rôle très important pour structurer sa personnalité et faciliter les apprentissages au travers d’une approche multisensorielle permettant une meilleure mémorisation (et donc de meilleures performances en lecture, en orthographe et sur l’ensemble des connaissances générales). Elle a, à mon sens, une utilité bien plus grande que d'écrire la listes des courses sur un post-it. Lorsqu'elle est acquise, on ne s'en rend plus forcément compte et pourtant... Athena Mag 338 17 Septembre-Octobre 2018 GÉRALDINE TRAN PORTRAIT Sophie Debels ÂGE  : 40 ans SITUATION FAMILIALE  : en couple, 2 enfants PROFESSION  : Neuropsychologue et Graphothérapeute pour enfants au Centre médical de l’Alliance (Braine l’Alleud) et au Jardin des Libellules (Waterloo). FORMATION  : Études secondaires générales au Berlaymont (Waterloo), Master en sciences psychologiques, option neuropsychologie à l'UCL. +32 477 479 401 debelssophie@hotmail.com SITE INTERNET  : www.neuropsyenfants.be Verso https://uclouvain. be/prog-2018-psy2m



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :