Astronomie Québec n°4-4 jan/fév 2016
Astronomie Québec n°4-4 jan/fév 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4-4 de jan/fév 2016

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (361 x 271) mm

  • Nombre de pages : 13

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : sur la glace...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
Poésie céleste… Oh ! Pardon ! Ne peut-on pas, sous quelque licence poétique, donner dans l’allusion ? Non ? D’accord, car en vérité je vous le dis, ce fut bel et bien la mortelle des trois sœurs que le fils de Danaé présenta à voussavez-qui. Bon, c’est vrai qu’il y eût un peu d’aide de Pallas Athéna, qui le conduisit à la porte de la demeure des trois sœurs, mais pas plus. Quoi ? Vous n’y comprenez que dalle ? Persée‐vérez et vous verrez bien… Seules les trois sœurs plus hideuses que la laideur, ne se partageant entre-elles qu’une seule dent et qu’un seul œil, connaissaient l’habitat de ses supernymphes là où l’on pouvait se procurer une paire de cothurnes ailées et un casque rendant invisible. Ça vous revient, là ? Il y manque le bouclier et l’épée, diraient d’aucuns. Bon, nous y voilà donc ! Ces trois sœurs hideuses étaient les ainées des trois autres encor que plus terrifiantes appelées les Gorgones, dont une seule, prénommée Méduse, était mortelle et dont le regard pétrifiait instantanément. Alors, là, vous y êtes ? OK ! Andromède, super top-modèle, fut sauvée d’une mort certaine par celui qui pétrifia ce monstre marin (le Kraken ou Cétus je vous le laisse à deviner) seulement en lui présentant la tête de Méduse ; la Gorgone aux cheveux fait de serpents. Algol, traduit de l’arabe par « la tête de l’ogre » ou « du diable », est bel et bien celle de Méduse conquise par Persée qui devint l’époux L’œil de Méduse d’Andromède. Algol, étoile discrète de la constellation de Persée, s’amuse régulièrement à nous faire en catimini son petit clin d’œil ingénu. Effectivement ; catégorisée étoile variable à éclipses, c’est-à-dire qu’à 92,8 années-lumière de la Terre, ayant à 7,4 millions de kilomètres un compagnon un peu plus sombre qui en fait le tour, elle nous offre une luminosité moindre à chaque deux jours vingt heures quarante-huit minutes. Sa magnitude passe de 2,1, donc très visible, à 3,4, beaucoup moins visible, en seulement dix heures environ. L’éclipse dure deux heures. Les premières observations de cette particularité d’Algol furent faites en 1669 par Geminiano Montanari. C’est en 1782, par John Goodricke, que fut décrit correctement le mécanisme qui la rend variable. Algol a plus d’un compagnon L’excellent écrivain, philosophe, et père de l’éducation Jean-Jacques Rousseau écrivit, au milieu du dix-huitième, siècle que « l’astronomie s’apprend dans les bois », en ce sens que c’est concrètement, sur le terrain, que l’observation s’effectue le mieux, et non dans les livres qui, souvent, font que nous nous en croyons dispensés. avec André Bérubé, collaboration spéciale Que ces images que je vous présente ne vous dispensent point du réel. Allez ! À vos observations ! Données techniques des images ci-dessous  : appareil photo Pentax K30, objectif de 600 mm ƒ/8 (équivalant à 900 mm) sur trépied régulier pendant trois minutes durant le minima (en haut) et le maxima (en bas) selon les éphémérides. [NDLR  : Les images sont hors-foyer pour rendre la différence de magnitude mieux visible.] Janvier/février 2016 10 http://astronomie.quebec
Astronomie 101… Un collègue de bureau m’a demandé s’il y a beaucoup d’étoiles solitaires. Premièrement, nous savons que toutes les étoiles que nous voyons le soir à l’œil nu dans notre ciel sont contenues dans notre « voisinage » rapproché ; celui-ci se limite à une très petite partie de notre Galaxie. Celle-ci est de taille moyenne et comprend plus de 200 milliards d’étoiles, alors que l’on peut en apercevoir au maximum environ 3000 dans un ciel très noir. Il faut noter aussi que certaines de ces étoiles sont très éloignées mais très brillantes, ce qui leur permet de demeurer visibles malgré leur plus grande distance. Cela vous donne une idée de la taille de notre voisinage ! Les étoiles que nous ne pouvons pas distinguer créent toutes ensemble cette lumière diffuse si belle à regarder (photo). C’est cette lumière qui crée l’effet de « lait » ou « lacté » dans le ciel. Dites-vous que lorsque vous regardez la Voie lactée, vous regardez en fait des milliards d’étoiles en même temps ! On a longtemps cru que l’espace séparant les galaxies est presque totalement vide. Cependant, des mesures obtenues par de nouveaux appareils scientifiques (comme le satellite Spitzer, lancé en 2003) ont d’abord montré que la température de ce « vide » intergalactique est plus élevée que prévu. Une théorie pour expliquer cela suppose la présence d’étoiles « solitaires » ou « vagabondes » en plus grande quantité que pensé auparavant. Les étoiles solitaires Une expérience pour tester cette théorie est Cosmic Infared Background Experiment (CIBER) ; « expérience sur le fond cosmique infrarouge ». Il s’agit de quatre petites fusées munies de détecteurs infrarouges très sensibles. On a ainsi pu prendre des photos très détaillées ; en soustrayant le rayonnement infrarouge d’arrière-plan produit par les galaxies, on a pu déterminer que le reste de l’énergie (et donc la température intergalactique plus élevée que prévu) provenait bien d’étoiles solitaires ou intergalactiques. Cela change aussi la perception que nous avons des galaxies. Auparavant pensées comme étant des « ilots d’étoiles » avec des contours relativement bien définis, on voit maintenant les galaxies comme étant plutôt des agglomérations d’étoiles avec des contours allant en s’amincissant, mais sans frontière définie. avec Eddy Szczerbinski Pourquoi une étoile quitterait-elle sa galaxie ? Plusieurs théories ont été émises. Elle peut être entrée en interaction avec un trou noir, ce qui lui donne alors une grande vitesse, la faisant s’évader du trou noir et de la galaxie. Elle peut aussi être entrée en interaction avec d’autres étoiles, et pas nécessairement plus grosses qu’elle ! Un cas de figure typique et qui expliquerait un nombre relativement important d’étoiles vagabondes est les collisions de galaxies. Plus fréquentes que l’on pense en raison des interactions gravitationnelles, ces collisions intergalactiques n’entrainent pas nécessairement de collisions d’étoiles, puisqu’elles sont séparées par de grandes distances entre elles à l’intérieur des galaxies. Par contre, cela perturbe les orbites des étoiles dans les galaxies, et la conséquence la plus fréquente d’une collision de galaxies n’est donc pas la collision d’étoiles, mais plutôt l’éjection d’étoiles, qui deviennent alors vagabondes ! Janvier/février 2016 11 http://astronomie.quebec



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :