Astronomie Québec n°3-4 nov/déc 2014
Astronomie Québec n°3-4 nov/déc 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3-4 de nov/déc 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : Napoléon et le spot à Cassini.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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∆ Dessin de l’auteur de l’étoile « doubledouble », Epsilon Lyrae (ε Lyr), à grossissement faible (32×, à gauche) et élevé (266×, à droite). une des étoiles les plus brillantes du ciel. Saviez-vous que Véga est une étoile qui collectionne les « premières » ? Première étoile dont on a mesuré la parallaxe (par Struve, qui a cependant admis s’être trompé dans ses mesures, bien qu’il était en fait tout près de la vérité), première étoile à avoir été photographiée, première étoile dont on a tiré un spectre, première étoile dont on a montré qu’elle émettait en rayonsX, et première étoile autour de laquelle on a découvert un disque de débris. Ouf ! De plus, tel le hautbois qui a l’honneur de donner le « la » de l’orchestre, on a longtemps utilisé Véga pour donner le zéro (0) de l’échelle des magnitudes, avant que l’observatoire canadien David Dunlap (à Toronto) ait montré qu’en fait, elle varie légèrement. 22 Astronomie-Québec Novembre/décembre 2014 Tout près de Véga se trouve un petit bijou. À l’œil nu, on dirait une étoile ordinaire. Aux jumelles, on s’aperçoit que c’est une étoile double. Cependant, un petit télescope à fort grossissement montre le vraie nature d’Epsilon Lyrae (ε Lyr) : une étoile quadruple. C’est la fameuse double-double ! Mes deux dessins ci-dessus montrent son apparence à grossissement faible et élevé. Déplaçons-nous un peu plus au sud, toujours dans la Lyre. J’ai déjà parlé de l’étoile Sheliak (Beta Lyrae/β Lyr), dans mon dernier article sur les étoiles variables. Il s’agit d’une de ces bizarreries de la nature ; une étoile double tellement serrée que les deux composantes sont presqu’en contact (système semidétaché). C’est une binaire à éclipses dont la période est de 12,9 jours, mais elle ralentit de 19 secondes par année. Si vous suivez sa luminosité quotidiennement, vous ne verrez pas de plateau, contrairement à une binaire à éclipses « classique » comme Algol. Ma prochaine cible exige un télescope pour l’apprécier, mais ça en vaut la peine. Messier 57 (ou M57) est mon objet préféré entre tous. Magnifique nébuleuse planétaire en forme d’anneau, je l’observe chaque fois que j’en ai l’occasion. Je peux la voir aisément dans ma lunette de 70 mm
à 46×, mais avec un filtre UHC [1], elle ressort comme par magie du fond du ciel. Elle est encore plus jolie dans mon Dobson de 25 cm (10″) à 133×. Pour apercevoir son étoile centrale, il me faudrait cependant utiliser un télescope d’au moins 35 cm (14″). En déplaçant le télescope en direction d’Albireo, je croise Messier 56, un amas globulaire assez difficile à voir en ville, même en été lorsqu’il est au zénith. Dans un bon ciel, avec mon Dobson à 133×, je peux résoudre quelques étoiles, en vision décalée, qui semblent lui donner une forme un peu carrée. Continuant notre traversée, je frôle le bec du Cygne avec la célèbre Albireo (Beta Cygni/β Cyg), une étoile d’un jaune brillant accompagnée d’une autre bleu intense, légèrement moins brillante. Il est apparu récemment que la première est elle-même une double, mais le jury est encore en discussion à savoir si Albireo est une véritable binaire ou une double optique. Dessin de l’auteur de la nébuleuse M57. La prochaine vedette de notre trajet forme l’épaule de mon dauphin. Vous connaissez probablement cette formidable nébuleuse, qui s’appelle Messier 27. Très différente de M57, elle est plutôt en forme de sablier, avec ses deux lobes bien évidents. Elle est très brillante, même sans filtre. Je l’ai déjà observé dans le ciel très pollué de Laval. Dans un ciel noir, toujours avec mon Dobson à 133×, je crois discerner des « bras » de chaque côté perpendiculairement aux lobes, comme s’il y avait des extensions sortant du centre. [1] UHC est l’acronyme anglais de ultra-high contrast (« contraste ultra-élevé). Il s’agit d’un type de filtre ne laissant passer qu’un intervalle très limité du spectre lumineux ; il est très utile pour l’observation des nébuleuses à émission. Dessin de l’auteur de la nébuleuse M27. Novembre/décembre 2014 astronomie-quebec.com 23



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