Astronomie Québec n°3-4 nov/déc 2014
Astronomie Québec n°3-4 nov/déc 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3-4 de nov/déc 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : Napoléon et le spot à Cassini.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La matière interstellaire Dans le milieu interstellaire, on retrouve des éléments physiques sous forme atomique, parfois ionisée, et sous forme moléculaire. Certains éléments sont aussi présents sous forme de poussière. Le milieu interstellaire est aussi habité par des rayons cosmiques très énergétiques, par des champs magnétiques dont ceux des galaxies elles-mêmes, par le rayonnement électromagnétique dont la lumière des étoiles, etc. Le terme « matière interstellaire » désigne les matériaux qui occupent l’espace entre les étoiles dans les galaxies et même l’espace autour, tout près des galaxies. On en détecte principalement dans les galaxies de types spirales et irrégulières, mais très peu dans les galaxies elliptiques. Ces matériaux sont très dominants sous forme de gaz, et d’un peu de poussière (environ 1%). Les principaux gaz, comme l’hydrogène et l’hélium‐4, proviennent des premiers moments de l’univers, alors que régnaient des températures extrêmes ; on nomme ce processus la nucléosynthèse primordiale. Les éléments (gaz) plus lourds (2%) ont comme principale origine les mécanismes d’évolution des étoiles, qui par des vents stellaires enrichissent le milieu interstellaire d’éléments plus complexes. Les étoiles en fin de vie, principalement les supernovas, jouent aussi un rôle de fabrique et de distributeur d’éléments lourds dans l’espace environnant ; le mouvement local de la galaxie fait ensuite migrer ces matériaux ailleurs dans la galaxie. Les poussières sont de toute petite taille ; moins de un micron (un millionième de mètre). Elles sont souvent composées de carbone, de silicium, d’oxygène, etc. Elles proviennent de l’environnement des étoiles, principalement celles en phase géante ou supergéante rouge en fin de vie. À ce stade de leur évolution et aux stades qui suivent, les étoiles évacuent des poussières dans l’espace interstellaire immédiat ; celles-ci migrent par la suite avec les mouvements locaux de la galaxie parente. Pour terminer, signalons que le milieu interstellaire est l’hôte de plusieurs phénomènes, dont certains peuvent être reliés au champ magnétique de la galaxie, aux nébuleuses de tous types, ou même — comme dans le cas de la formation des étoiles — aux grands nuages moléculaires dans les disques de galaxies, etc. de type spirale, d’une très grande surface, et de l’ordre de 100 000 années-lumière de diamètre. Amas de galaxies Dans l’univers on détecte à grande échelle, des groupes de galaxies, comme notre groupe local qui contient 30 galaxies. Puis il y a des amas de galaxies qui contiennent parfois des milliers de galaxies. Les galaxies d’un même amas sont tous reliés par les effets de la gravité qui tend à les regrouper. Les groupes et les amas de galaxies peuvent se regrouper en de grands ensembles qui peuvent atteindre des tailles de centaines de millions d’années-lumière, on parle alors de superamas de galaxies. Enfin, les galaxies sont souvent regroupées en amas de galaxies plus ou moins importants. Notre propre Galaxie fait partie d’un petit amas que l’on nomme Groupe local et qui contient environ une trentaine de galaxies. Certaines de ces galaxies (nommées les Nuages de Magellan) sont des satellites de la Voie lactée ; elles sont un peu comme la Lune qui est le satellite naturel de la Terre… Il existe de très grands amas de galaxies, qui contiennent un très grand nombre de galaxies : des centaines, voire même des milliers de galaxies. Des simulations informatiques et des observations ont permis de mettre en évidence qu’à grande échelle, les amas de galaxies sont distribués dans l’Univers sur des patrons qui forment de grandes structures filamenteuses un peu comme des toiles d’araignée. Certains ont estimé que l’Univers pourrait contenir plus de cent milliards de galaxies ! Certaines situations physiques peuvent affecter l’apparence des galaxies. Simplement à cause du fait qu’elles sont souvent regroupées 10 Astronomie-Québec Novembre/décembre 2014 en amas, et sont donc assez près les unes des autres, certaines d’entre elles sont parfois perturbées au point de se déformer l’une et l’autre ! Bien sûr, il s’agit de distances immenses à l’échelle humaine, mais les galaxies ont des tailles et des masses gigantesques, donc à leur échelle la gravité peut agir avec efficacité et ainsi permettre des structures spectaculaires comme des ponts de matériaux et d’étoiles entre deux disques de galaxies en interaction gravitationnelle ; la galaxie Messier 51 et son compagnon NGC 5195 (ci-dessus) en sont un bel exemple. À nos latitudes nordiques, sous un bon ciel noir, loin des lumières des villes qui sont grandement responsables de la pollution lumineuse qui dégrade la qualité du ciel, on peut certainement voir deux galaxies à l’œil nu, et bien d’autres avec de simples jumelles. Il y a bien sûr notre propre galaxie, la Voie lactée, facile à voir par de belles soirées d’été. Plus tard à l’automne, la grande galaxie de la constellation d’Andromède, Messier 31, est bien visible. Il s’agit d’une galaxie spirale, observable sous la forme d’une tache pâle plutôt allongée dans la constellation d’Andromède. Pour les observateurs situés plus au sud, il est aussi possible d’observer les fameux
∆ Interaction entre deux galaxies La galaxie Messier 51 et son compagnon, NGC 5195, par Yves Tremblay. Lunette EON120 de 120 mm (4¾″) de diamètre ouverte à ƒ/7,5 (F = 900 mm) sur monture HEQ5. Composition d’images prises avec une caméra QHY9 monochrome (capteur KAF8300) équipée de filtres Baader LRGB. Le guidage fut assuré avec une caméra QHY5 installée sur un chercheur 9×50 mm à chaque 5 sec. Un million de galaxies Cette image est un montage de plus d’un million de sources intenses sur le ciel ; il s’agit de la distribution des galaxies v dans notre environnement. Ces données proviennent du grand projet d’observation du ciel entier en infrarouge à la longueur d’onde de deux microns, le Two Micron All Sky Survey (2MASS). Sur cette figure, on peut bien voir la distribution des galaxies en amas et superamas, et les grandes structures en filaments de galaxies entre celles-ci. Crédit : 2MASS, T.H. Jarrett, J. Carpenter, et R. Hurt, Two Micron All Sky Survey. Atlas Image mosaic obtained as part of the Two Micron All Sky Survey (2MASS), a joint project of the University of Massachusetts and the Infrared Processing and Analysis Center/California Institute of Technology, funded by the National Aeronautics and Space Administration and the National Science Foundation. Novembre/décembre 2014 astronomie-quebec.com 11



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