Astronomie Québec n°3-2 jui/aoû 2014
Astronomie Québec n°3-2 jui/aoû 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3-2 de jui/aoû 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 46

  • Taille du fichier PDF : 4,1 Mo

  • Dans ce numéro : univers vide ou plein d'eau ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Le ciel nous tombe sur la tête ! Photo : Gaetan Cormier SAINT-ROBERT par Gaetan Cormier J’ai l’impression que c’est seulement hier que j’ai entendu le grondement lors du passage du météore qui donna naissance à la météorite de Saint-Robert. 14 juin 1994, 20 h 02, Laval. Je suis à l’extérieur avec ma copine de l’époque. C’est une superbe soirée ; il fait beau, avec seulement quelques cumulus dans le ciel. Nous jouons avec le garçon d’une amie, que ma copine gardait pour la soirée. Tout à coup, le petit s’exclame : « J’ai vu un éclair, wow ! » Je me tourne alors vers le ciel et à part quelques cumulus, il n’y a rien qui laisse présager l’arrivée d’un orage. Je lui demande s’il est sur de ce qu’il a vu et quelques instants plus tard, nous entendons une détonation. Avec stupéfaction, je me dis que le garçon avait vraiment vu la foudre… Une fois rendu à la maison, aux nouvelles de 23h, nous entendons parler de la chute de la météorite de Saint-Robert, et immédiatement je fais le lien avec ce que le petit a vu dans le ciel et la détonation que nous avons entendue. C’est à ce moment que ma passion commença pour les météorites. Au mois de septembre suivant, lors du 19 e Congrès de la Fédération des astronomes amateurs du Québec (FAAQ), nous avons eu la chance d’avoir la visite de monsieur Sasseville de Saint-Robert, qui est venu nous présenter quelques spécimens de la météorite. Cet évènement n’a fait qu’amplifier ma passion pour ces cailloux de l’espace. Comme je le mentionnais un peu plus haut, le météore a fait son entrée dans l’atmosphère à 20 h 02 le 14 juin 1994. Des témoins aussi loin que le sud du Vermont disent avoir vu le bolide. Selon des données satellitaires, la masse de ce qui allait devenir la météorite de St-Robert était de 1500 kg et l’objet voyageait à une vitesse de 15 km/s. 30 Astronomie-Québec Juillet/aout 2014
Les données satellitaires nous ont aussi permis de savoir que le bolide est devenu lumineux à une altitude de 78 km pour s’éteindre à une altitude de 33 km au-dessus du sol. Une fois le phénomène lumineux éteint, le météore est pratiquement complètement freiné par l’atmosphère et est maintenant en chute libre. Nous utilisons beaucoup le terme de « dark flight » (vol sombre). Malgré la lumière du jour encore amplement visible à cette heure du mois de juin, le phénomène a été visible pour bien des témoins, car le météore a atteint une magnitude de −18, ce qui est considérablement plus brillant qu’une pleine lune (magnitude de −16). Au sol, la météorite de Saint-Robert représente un poids total ramassé de 25,4 kg, en vingt morceaux. Le tout a été répandu dans une ellipse de chute de 8 km de long par 3,5 km de large. Il y a quelques années, j’avais préparé une carte Google Maps avec tous les endroits où des fragments ont été trouvés. Vous pouvez accéder à cette carte au http://bit.ly/Ellipse1994 Haag (aka Meteorite Man) s’est même rendu sur les lieux afin de négocier un superbe spécimen de Saint-Robert ; malheureusement pour lui, les météorites qui tombent en sol canadien sont considérés comme patrimoine du pays et ne peuvent pas être exportés sans permis (difficile à obtenir à cette époque, moins aujourd’hui). Donc, mon « cher ami » Robert Haag est reparti bredouille. Le spécimen Villiard est particulier dans le sens où, lorsqu’elle est tombée, cette météorite de 80 g a percuté le toit d’un gros cabanon. Aujourd’hui, même après vingt ans, il est facile de voir le morceau de tôle qui remplace celle qui a été percée par la météorite (voir photo). Pour ma part, j’ai eu l’occasion de fouiller à quelques reprises (1998) certaines régions de l’ellipse de chute, malheureusement sans succès. En discutant avec quelques scientifiques qui ont étudié la chute de Saint-Robert, on m’a mis sur certaines pistes, mais lors de ma visite ce printemps (2014), personne ne m’a donné l’autorisation d’accéder à certains endroits prometteurs. La raison pour laquelle je m’acharne encore à cet endroit, c’est qu’il est estimé qu’il y a encore au moins 25 kg de fragments non trouvés, et c’est dommage de laisser ces fragments se désagréger par les éléments tels que la pluie et la neige… J’aurais aimé découvrir de nouveaux spécimens pour fêter les 20 ans de Saint-Robert… Peut-être cet automne ; c’est à suivre ! Ag Dans mon article paru dans le numéro précédent d’Astronomie- Québec, je vous parlais des différents types de météorites. La météorite de Saint-Robert est une météorite pierreuse (chondrite ordinaire) du type H5. Autrement dit, c’est une météorite qui contient environ 27% de fer et de nickel. Puisque les premiers spécimens ont été ramassés le soir-même de la chute, cela a permis d’obtenir des informations importantes sur les isotopes de la météorite, car certaines de ces informations disparaissent rapidement une fois dans des conditions atmosphériques terrestres. La grande majorité des spécimens (les plus gros) se sont retrouvés en institution. Le « populaire » chasseur de météorites américain, Robert Juillet/aout 2014 astronomie-quebec.com 31



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