Astronomie Québec n°3-2 jui/aoû 2014
Astronomie Québec n°3-2 jui/aoû 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3-2 de jui/aoû 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 46

  • Taille du fichier PDF : 4,1 Mo

  • Dans ce numéro : univers vide ou plein d'eau ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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. Rayonnement cosmique Érosion John Klein Unité Sheepbed Érosion John Klein Unité Sheepbed Emplacement du forage John Klein il y a 80 millions d’années Ci-dessus : Grâce à l’analyse d’échantillons provenant de deux sites de forage dans l’unité Sheepbed (John Klein et Cumberland), la NASA a été capable de mesurer le taux d’érosion à Yellowknife Bay. Le rayonnement cosmique imprime la matière qui compose les sols de Mars en surface. En comparant la radiation des deux échantillons, on a estimé que le retrait des couches supérieures se faisait à un rythme d’un mètre par un million d’années, soit un millimètre par 1000 ans. Image : NASA/JPL/Caltech Modification : Astronomie-Québec C’est ainsi que lorsque l’on compte le temps requis pour que la sédimentation s’accumule au niveau des sommets de la couronne du cratère Gale, il faut tenir compte du fait que l’eau douce ne se trouvait, en principe, que pendant le Noachien, et que cette période ne peut être prolongée audelà de 3,7 milliards d’années. Nous avons donc un problème posé par l’échelle du temps. Une façon de régler le problème serait de supposer l’existence d’une mer d’au moins 1000 m de profondeur située au nord du cratère Gale, permettant ainsi au niveau de l’eau d’atteindre les sommets du versant nord de la couronne et de se frayer un chemin jusque dans le cratère. Sauf que les photos satellites montrent clairement que le lit de Peace Vallis commence au-delà de la couronne, dans la plaine qui fait la partie au nord du cratère. Si une mer avait existé à cet endroit, le lit de Peace Vallis commencerait sur le versant intérieur de la couronne, et non pas à l’extérieur. Il nous faut donc rejeter ce scénario. Tous ces problèmes reliés à l’échelle du temps trouvent leur solution si l’on suppose que les Emplacement du forage John Klein aujourd’hui montagnes qui font la couronne Nord du cratère Gale sont en réalité faites d’argile. Ainsi, l’impact qui a excavé le cratère Gale se serait produit au début Noachien, dans un terrain argileux. Ensuite, par sédimentation — autant par le dépôt éolien, que par la sédimentation en eau calme —, le niveau du sol au nord du cratère aurait monté jusqu’à atteindre les sommets de la couronne. Puis, lors d’une ultime période humide (il pourrait s’agir d’une fonte des glaces), une couche d’eau aurait recouvert la plaine, pour se déverser jusque dans le cratère en creusant Peace Vallis. Par érosion, les grains d’argile de la couronne auraient été transportés puis déposés dans le fond du cratère, jusqu’à l’endroit qui est devenu l’unité Sheepbed. Le creusement d’un cratère d’impact dans un terrain argileux ne serait pas une première. L’étude de la couronne du cratère Endeavour, faite par Opportunity à l’autre extrémité de la planète, a révélé une roche faite d’argile. C’est donc qu’à l’époque du Noachien, la formation de lacs d’eau douce sur Mars n’était pas une chose exceptionnelle, mais la norme. Les trois unités de sédimentation retrouvées à Yellowknife Bay. Il y a plus de 80 millions d’années, les unités Point Lake et Gillespie recouvraient tous les terrains. L’érosion par le vent a révélé l’unité Sheepbed. Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS Point Lake Gillespie Sheepbed Le cratère Gale (150 km de diamètre). Les couleurs indiquent l’élévation des reliefs. Noter que la chaine de montagne qui fait la couronne du cratère est assez bien conservée, exceptée la partie au nord, dont les sommets ont presque disparut dans la plaine. La rivière Peace Vallis, qui traverse la couronne, se trouve au centre de cette région. La croix blanche indique le site d’atterrissage de Curiosity. Crédit : ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum) 24 Astronomie-Québec Juillet/aout 2014 S
Un selfie de Curiosity sur l’unité Sheepbed. On aperçoit les trous du forage John Klein. Sur cette photo prise à Dingo Gap, au 526e jour de la mission, Peace Vallis se dessine à l’horizon, à droite. Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS Cette photo est la meilleure que j’ai trouvé montrant le lit énigmatique de Peace Vallis. Elle a été prise au 635e jour de la mission, alors que Curiosity franchissait la moitié des 9 kilomètres qui séparent Entry Point de Yellowknife Bay. Entry Point est le passage par lequel Curiosity va accéder au mont Sharp. Le canyon Peace Vallis sur une carte en relief. Plusieurs affluents contournent les sommets et rejoignent la vallée principale qui se jette dans le cratère. La précision des reliefs permet de voir que la source de Peace Vallis disparait dans la plaine qui entoure le cratère. La dénivellation entre la plaine et l’intérieur du cratère est d’environ 2 000 mètres. Une vingtaine de kilomètres séparent le site d’atterrissage de Curiosity (croix blanche) et la couronne du cratère. Un sommet du mont Sharp est en avant plan. Crédit : ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum) La couronne nord du cratère Gale. Peace Vallis apparait comme un trait blanchâtre sinueux. Cette photo a été prise dans les premiers jours qui ont suivi l’atterrissage de Curiosity. Juillet/aout 2014 astronomie-quebec.com 25



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