Astronomie Québec n°3-2 jui/aoû 2014
Astronomie Québec n°3-2 jui/aoû 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3-2 de jui/aoû 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 46

  • Taille du fichier PDF : 4,1 Mo

  • Dans ce numéro : univers vide ou plein d'eau ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 22 - 23  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
22 23
De près ou de loin Gaic c sa coUIoII11 € da'gilc La bande de terrain qui borde le versant nord du mont Sharp, dans le cratère Gale, et sur lequel Curiosity trace son chemin depuis son atterrissage le 6 aout 2012 — il y a une année martienne le 24 juin dernier —, serait en réalité le lit d’un ancien lac. L’eau de ce lac viendrait de l’extérieur en ayant creusé un canyon, appelé Peace Vallis, qui traverse les sommets de la couronne montagneuse. La première mission de Curiosity consistait justement à étudier les alluvions déposées par cette rivière qui passait par le canyon. Sauf qu’après le dépôt des alluvions, trois autres couches de sédimentation, totalisant environ trois mètres d’épaisseur, avaient recouvert tous les lieux. Par chance, à seulement 500 m du site d’atterrissage de Curiosity, l’érosion éolienne avait excavé une baie qu’on a appelé Yellowknife Bay, mettant à nu les alluvions. Cette couche est désignée sous le nom de l’unité Sheepbed. Aussitôt rendu sur place, Curiosity s’est empressé d’effectuer deux forages, séparés de 2,75m, dans cette même unité. Au terme d’une attente Photo : Chantal Leduc par Robert Giguère 22 Astronomie-Québec Juillet/aout 2014
l5.11 insoutenable pour ceux qui suivaient la mission, l’examen de ces échantillons révéla enfin la vraie nature de l’unité Sheepbed : c’était une couche d’argile ! Mais comment de l’argile s’est-il formé à cet endroit ? Les argiles désignent de très fines particules de matière arrachées aux roches par l’érosion. Ces particules sont transportées par l’eau et finissent par se déposer dans un lac. Les dépôts peuvent alors sédimenter et former une roche argileuse par déshydratation et compactage. Une première hypothèse à propos de l’unité Sheepbed est que les particules viennent des vastes terrains d’Elysium Planitia, situés au nord du cratère Gale. Une rivière aurait traversé ces terrains ; elle aurait ensuite creusé Peace Vallis, puis, toujours en transportant les particules arrachées à la roche, elle les aurait déposé dans le cratère Gale. Sauf que ce scénario pose un problème à l’échelle du temps. Actuellement, le niveau de la plaine au nord du cratère Gale est environ le même que celui des sommets de la couronne. Ceci est normal, car l’eau ne pouvait pas creuser Peace Vallis tant que le niveau n’était pas environ à égalité avec le sommet de la couronne. En effet, l’eau obéit aux lois de la gravité ; elle ne peut pas monter le versant des montagnes pour retomber ensuite de l’autre côté. Si le versant extérieur de la couronne Gale, au lendemain de l’impact, formait un mur de 1000m, il faut donc imaginer une sédimentation de la même hauteur avant que l’eau ne commence à faire son chemin entre les pics. Sauf que le temps requis pour que ces couches de sédimentation s’accumulent à cette hauteur nous amène à prolonger le Noachien plus longtemps qu’on est disposé à le faire. Le Noachien est la première des trois grandes périodes géologiques de Mars. Il est identifié à l’eau douce et à l’argile, car l’argile ne se forme qu’en présence d’eau douce. Ensuite, viennent l’Hespérien, identifié à l’eau acide, suivi de l’Amazonien. Sauf que le chiffre qui fait la frontière entre le Noachien et l’Hespérien est très élastique. Nous savons que l’impact qui a créé le cratère Gale s’est produit au Noachien ; mais le Noachien a-t-il été une période assez longue pour permettre à la sédimentation d’atteindre 1000 m ? La géologie de Mars se différencie grandement de celle de la Terre, en cela qu’elle est dépourvue de toute tectonique. L’histoire de la sédimentation sur Mars est essentiellement une histoire de strates qui s’additionnent à d’autres strates sur des terrains qui n’ont jamais bougé pendant 4,6 milliards d’années. À gauche : Les limites de l’ancien lac qui bordait le mont Sharp, selon la NASA. Les flèches indiquent le déversement de la rivière Peace Vallis. Le site d’atterrissage de Curiosity donne à l’intérieur (croix blanche). Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS Juillet/aout 2014 astronomie-quebec.com 23



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :