Astronomie Québec n°3-2 jui/aoû 2014
Astronomie Québec n°3-2 jui/aoû 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3-2 de jui/aoû 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 46

  • Taille du fichier PDF : 4,1 Mo

  • Dans ce numéro : univers vide ou plein d'eau ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Les capricieuses du ciel Photo : N. Rivard Par un beau ciel d’aout, vous installez vos instruments à votre site d’observation préféré. Juste avant de commencer votre soirée, vous jetez un coup d’œil au ciel pour évaluer sa qualité. En repérant les constellations pour vous orienter, vous remarquez quelque chose qui cloche. Un des astérismes que vous connaissez pourtant bien a une drôle d’allure ce soir, comme si sa forme ne correspond plus à votre souvenir. En regardant attentivement, vous comprenez qu’un point brillant supplémentaire s’est introduit à un endroit où aucun atlas n’indique une étoile. Un avion ? Non ; ça ne bouge pas. Une planète ? Non ; elles sont toutes ailleurs ce soir. Alors quoi ? par Normand Rivard Ce genre de surprise arrive de temps en temps aux observateurs attentifs, comme ce fut le cas en 1572 à l’astronome danois Tycho Brahe, qui n’en croyait pas ses yeux de voir cet astre dans Cassiopée fracasser le mythe aristotélicien de l’immuabilité du ciel (page suivante, en haut à gauche). Plus récemment, le 29 aout 1975, l’astronome amateur québécois bien connu Damien Lemay a également eu le bonheur d’avoir ce genre de surprise. Quelques années après Brahe, l’astronome allemand JohannKepler a pu aussi voir une « nouvelle » étoile dans le Serpentaire en 1604. Depuis le 19 e siècle, une surveillance accrue du ciel a permis l’observation de nombreuses autres novas, y compris dans les galaxies d’Andromède 14 Astronomie-Québec Juillet/aout 2014
Vue d’artiste de ULAS J1120 0641, un quasar très éloigné. Crédit : ESO/M. Kornmesser I â r ap.e E Gem 4.7.yy,.Cude4srf ewüa{R - Y.'., fa ! I L N a cif 1 f r jr Srl]+ ; FaHf+am 7krâ Rrjd Ficip +eïrqifr,rbas ïn Iar rap.tpef.r roai ; irffdriwrc. C-rp:1lOimfiriWIFfArot 6—oawriu714 AaLaerarvnarqamei, vb/rrw-v4i la. rori crrraa MAT el'abre,1wrrj/Pr#faar, 31.Wir dipriefa, 7./&j 55-,nrrWt& 11 ; 10-trim') [ ! La supernova de 1572 telle que représentée par Tycho Brahe dans De nova et nullius aevi memoria prius visa stella (1573). La supernova est en I, alors que les étoiles F, E, D, A et G forment le W caractéristique de la constellation de Cassiopée. (Messier 31) ainsi que Messier 33. De plus, en fouillant dans les archives orientales, on s’est rendu compte que les Chinois et les Arabes ont remarqué plusieurs étoiles « invitées », dont la célèbre supernova de 1054 — qui a donné naissance à la nébuleuse du Crabe, Messier 1 —, mais on a même pu remonter à des observation datant de l’an 185. On pense même que le grec Hipparque en a vu une au second siècle avant l’ère commune ! Pas si nouvelles que ça Ces apparitions soudaines ne sont pas dues à la formation d’une nouvelle étoile, contrairement à ce que croyait l’astronome danois, mais à une saute d’humeur d’une vieille étoile normalement trop faible pour être observée. Parfois, comme ce fut le cas en 1572, cette crise de colère se termine par la destruction complète de l’étoile. La plupart du temps, l’étoile se calme et reprend sa luminosité habituelle. Il arrive aussi que ses sautes d’humeur se répètent régulièrement. Cette catégorie d’étoiles variables est appelée variable cataclysmique (CV). Elle inclut les novas dites classique, les novas récurrentes, les novas naines, et les supernovas de type Ia. La distinction entre les supernovas et les novas ne date que de 1930. Dans presque tous les cas, il s’agit d’une étoile binaire très serrée dont la composante primaire est une étoile naine blanche très dense, et l’autre une étoile de la séquence principale. Le couple est tellement serré que la secondaire est distendue par la gravité au point de remplir son lobe de Roche, et une partie de sa matière (principalement de l’hydrogène) migre donc lentement vers la primaire en un mince filet. Il se formera un disque de matière autour de la primaire, qui à cause de son instabilité finira par retomber périodiquement sur la naine blanche. Ces étoiles mortes possèdent un formidable champ gravitationnel à proximité, au point que l’hydrogène reçu à la surface se fait littéralement écraser entre l’étoile et le flot de matière qui continue de s’y aplatir. La pression et la température augmentent alors en flèche au point d’atteindre le point de fusion nucléaire. L’explosion qui s’ensuit produit une énorme quantité d’énergie, et l’étoile verra sa luminosité augmenter d’un seul coup de 12 magnitudes ! Comme seule la couche externe de l’étoile est affectée, l’effet est cependant de courte durée et après cette violente dispute, le couple reprend sa vie tranquille pendant un certain temps. Si le rythme de ces explosions est de l’ordre de quelques dizaines d’années, on parle de novas récurrentes. Les scientifiques pensent que toutes les novas sont récurrentes jusqu’à un certain point, mais avec des périodes qui varient de 10 ans à 1000 ans. Après des milliers d’éruptions semblables, une naine blanche peut acquérir de la matière nouvelle au point d’arriver à franchir la limite de Chandrasekhar et devenir 1,4 fois plus massive que le Soleil. Parvenue à ce stade, elle devient instable et explose complètement, produisant une supernova de type Ia. Elle vient alors de s’autodétruire. La vidéo de la page suivante illustre ce phénomène. Pourquoi est-ce important ? Hormis le plaisir de découvrir un phénomène nouveau dans le ciel, l’arrivée d’une nova ou d’une supernova de type Ia est d’une importance capitale pour l’astronomie. Elles ont d’abord servi à briser le mythe voulant que le ciel au-delà des planètes était stable, immuable et éternel. Ensuite, les novas et surtout les supernovas de type Ia servent de « chandelles standards » aux astronomes, c’est-à-dire d’unité de mesure de distance. Par exemple, sachant que les supernovas de type Ia brillent pratiquement toutes à la même Juillet/aout 2014 astronomie-quebec.com 15



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