Astronomie Québec n°3-1 mai/jun 2014
Astronomie Québec n°3-1 mai/jun 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3-1 de mai/jun 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : Stonehenge, était-il vraiment un observatoire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Le ciel nous tombe sur la tête ! MétéerifFs Saviez-vous que notre planète « engraisse » de 40 000 à 60 000 tonnes annuellement ? Cette gourmandise n’est pas volontaire ; elle est plutôt imposée, car c’est le poids total que la Terre absorbe en météorites à chaque année. Malgré cette quantité, les météorites restent des objets rares et fascinants. Grâce aux météorites, il est possible d’en savoir davantage qu’avec n’importe quelle autre méthode sur le système solaire et sa formation. Cet article se veut le premier d’une série de quatre portant sur les météorites et les impacts météoritiques. Les pierreuses sont les plus communes des météorites. Elles représentent à elles seules 85% des chutes totales. Dans cette catégorie, on peu trouver le type de météorite le plus primitif de tous, les chondrites carbonées (page suivante, en haut à gauche) : celles-ci étaient là avant même la formation du système solaire ! Certaines hypothèses associent même leur origine à des étoiles mourantes telles que les supernovas. Les chondrites carbonées sont peutêtre même à l’origine de la vie sur Terre, car certaines d’entre-elles contiennent des acides aminés qui sont à l’origine de l’ADN. Familles Il existe trois grandes familles de météorites : les pierreuses, les ferreuses, et les métallo-pierreuses. Évidemment, dans chacune des familles il existe plusieurs sous-catégories, mais nous n’entrerons pas ici dans les détails. Les différents types de météorites ont une chose en commun : la croute de fusion. Lorsqu’un météore entre dans l’atmosphère terrestre, il le fait à très grande vitesse, souvent entre 15 et 90 km/s. Cette vitesse jumelée à la friction de l’air fait en sorte que le corps céleste chauffe rapidement et intensément, causant une perte de matière, mais créant aussi une fine couche appelée croute de fusion. Souvent, lorsqu’une météorite est découverte sans être associée à une observation spécifique, nous pouvons avoir une petite idée de son âge terrestre par sa croute de fusion : une croûte bien noire indique que la météorite est relativement récente, alors qu’une croute plus brunâtre nous indiquera qu’elle est déjà sur terre depuis un bon petit bout de temps. Chez les pierreuses, il y a aussi les chondrites ordinaires (page suivante, en haut à droite). Ces météorites contiennent toutes un certain pourcentage de fer et de nickel. C’est ce qui fait en sorte qu’une météorite sera toujours plus lourde qu’une roche terrestre de même dimension. Nous classons les chondrites ordinaires en trois catégories principales : les types H, L et LL. Le type H (High Content of Iron and Nickel) indique un taux élevé de fer et de nickel (27%). À titre d’exemple, la fameuse météorite de Saint-Robert (tombée dans cette ville près de Sorel, au Québec, le 14 juin 1994) appartient à cette catégorie. Le type L (Low Content) est associé à un taux de métaux inférieur à 23%, alors que le type LL (Very Low Metal) correspond à un taux inférieur à 20%. Météorites ferreuses Les météorites ferreuses (page suivante, en bas à gauche) sont vraiment très populaires par leur côté esthétique et fascinant. Étant composées à 98% de fer et de nickel, la masse de celles-ci est très élevée. Photo : Gaetan Cormier par Gaetan Cormier Météorites pierreuses Les météorites pierreuses contiennent pour la plupart des chondres. Les chondres sont des petites sphères de pierre qui sont passées de l’état liquide, probablement après un choc violent entre deux corps célestes, à l’état solide, par refroidissement. Les ferreuses sont relativement faciles à identifier. Lors de leur formation dans le vide intersidéral, la cristallisation des métaux (en forme d’octaèdre) est unique. La cristallisation du fer et du nickel donne un pattern particulier à l’intérieur de la météorite : les figures de Widmanstätten. Pour dévoiler ces figures, il suffit de couper un échantillon de la météorite 32 Astronomie-Québec Mai/juin 2014
Ci-contre : À gauche, météorite de type chondrite carbonée. À droite, météorite de type chondrite ordinaire. ÿ. à l’aide d’une scie spéciale, de le polir et d’y appliquer une solution à base d’acide nitrique. C’est cette solution acide qui fera apparaitre la structure de Widmanstätten. Les bandes de Widmanstätten peuvent être plus ou moins larges, de 0,5 mm à 5 mm environ. Les météorites ferreuses seront classées en fonction de la largeur de ces bandes : fine, moyenne, etc. Il existe un type de météorite ferreuse un peu plus rare appelée ataxite. Les ataxites sont extrêmement riches en nickel (15%). Nous en avons un excellent exemple au Canada : le cratère de Sudbury. Il a été formé il y a de cela environ 2 milliards d’années par l’impact d’une ataxite. Le nickel des mines de Sudbury provient de la météorite. Vos pièces de cinq cents on une petite touche extraterrestre ! Météorites métallo-pierreuses Comme leur nom l’indique, les métallo-pierreuses sont un amalgame de pierres et de métaux distribués dans des proportions égales. Les météorites métallopierreuses sont classées en deux catégories : les pallasites (en bas à droite) et les mésosidérites. Ce sont des météorites très rares, surtout les pallasites. Les tranches de pallasites coupées finement sont vraiment impressionnantes, car elles contiennent des pierres d’olivine, aussi appelée péridot. Regardezen une tranche devant une source lumineuse, et la magie commence ! La matrice de fer et de nickel et l’olivine qui la composent font rêver tous les amateurs de météorites. Elles sont difficiles à maintenir en bon état, car elles sont promptes à l’oxydation. Les mésosidérites sont beaucoup moins belles en apparence, mais restent quand même impressionnantes. Leur partie rocheuse est souvent très foncée et lorsque l’on en regarde une tranche, le contraste entre les matériaux est vraiment superbe. Donc, voilà ! Ceci n’était qu’un très bref aperçu de ce qu’est une météorite. Je vous reviens dans le numéro de juillet/aout d’Astronomie-Québec avec un article sur le vingtième anniversaire de la chute de la météorite de Saint-Robert. D’ici là, attention à votre tête que le ciel ne tombe pas dessus ! Ci-contre : À gauche, météorite ferreuse. À droite, une pallasite. Toutes les photos sont de l’auteur. Mai/juin 2014 astronomie-quebec.com 33



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