Astronomie Québec n°3-1 mai/jun 2014
Astronomie Québec n°3-1 mai/jun 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3-1 de mai/jun 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : Stonehenge, était-il vraiment un observatoire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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chose hors de notre portée ; certaines de ces choses nous rendaient nerveux et peureux — peut-être parce que nous n’y comprenions rien —, mais c’était surtout quelque chose d’incroyablement énorme. L’historien des religions et mythologue Mircea Eliade a noté que ce sont les mêmes éléments de base du concept de phénomène sacré. À cause de cette similitude, nos ancêtre ont fait un lien entre leurs dieux, déesses et héros et les objets célestes. Vous pouvez trouver un tel lien dans presque tous les mythes et religions de l’Antiquité. C’est une étape très importante vers la compréhension scientifique du ciel, parce que quand le ciel et les étoiles sont représentés par des dieux, observer le ciel n’est plus un simple hobby : cela devient une obligation pour les gens de l’observer et de l’enregistrer. C’était un premier pas vers l’astrologie, mais cela a aussi permis et dans ces temps reculés, il est évident que de telles structures trouvaient double usage : elles combinaient les fonctions de temple et d’observatoire. Il y a beaucoup de structures anciennes suspectées faire partie de ce genre, mais en raison du manque de preuves suffisantes, il est difficile de s’assurer que ces structures avaient une application astronomique ou pas. Il y en a cependant peu pour lesquelles presque tout le monde est convaincu qu’elles avaient une telle fonction, et la plus célèbre d’entre elles est Stonehenge. Environ 13 km au nord de Salisbury en Angleterre, se trouvent les restes d’une structure circulaire géante de pierres. Les tests au radiocarbone ont révélé que les premières pierres de Stonehenge ont pu être installées vers l’an 2200 AÈC [2]. Le monument du site Stonehenge a beaucoup évolué sur plus de mille ans, et pendant mille ans différents anneaux de pierres et autres composantes ont été ajoutés ou modifiés. Il existe plusieurs théories sur ce lieu et son utilité. En plus d’être un observatoire, il semble qu’il ait aussi été un temple et un lieu de sacrifices. Mais qu’est-ce que cette structure a pour en faire un lieu potentiel pour l’observation des évènements astronomiques ? Des études récentes démontrent que les alignements de cette énorme structure sont dans des directions très spécifiques qui coordonnent avec des évènements astronomiques, et spécialement avec le lever et le coucher du soleil à des dates précises. aux humains de recueillir une énorme quantité de données d’observation qui nous aident dans la prochaine étape pour en extraire des patterns [1]. Très tôt, des patterns ont commencé à apparaitre. Nous avons compris que nous pouvons utiliser des patterns d’étoiles pour la navigation et faire un calendrier. Les gens ont réalisé qu’à un certain moment important de l’année le soleil se levait d’un point spécifique sur l’horizon ; en marquant ce point et en observant le soleil pendant l’année, nous pouvions savoir quand le printemps, l’été, l’automne et l’hiver allaient commencer. Nos ancêtres ont commencé à construire des structures pour les aider dans ces observations, [1] Nous utilisons ici le terme anglais, car il englobe plus de sens possibles que n’importe quelle de ses traductions françaises. Si vous vous tenez à un point spécial du site (Heel Stone, la « pierre talon », en bas à droite de la page suivante), alors vous pourrez voir le soleil se lever et se coucher vis-à-vis de pierres spécifiques à des dates comme le début de l’été (solstice d’été). John North, historien de l’astronomie, explique tout avec plus de détails dans son livre sur l’histoire de l’astronomie, Cosmos : An Illustrated History of Astronomy and Cosmology : Stonehenge is a skeleton through which light can pass from numerous directions, […] all of these were carefully planned so as to present a solid appearance against the sky when viewed from suitable positions—and the Heel Stone is just such a position [3]. [2] AÈC : Avant l’ère commune. [3] « Stonehenge est un squelette à travers lequel la lumière peut passer depuis de nombreuses directions, […] dont toutes ont été soigneusement planifiées de façon à présenter au ciel une apparence solide lorsque vu de postes appropriées — 26 Astronomie-Québec Mai/juin 2014
Donc, si vous viviez vers 1500 AÈC aux environs de ce site, pendant le solstice d’été, vous auriez pu vous tenir à la pierre talon et voir comment la dernière lumière du soleil couchant se reflétait sur une pierre spéciale. La même chose se produisait au solstice d’hiver. Dans une prochaine édition d’Astronomie-Québec, nous visiterons un autre ancien site du patrimoine astronomique mondial. Tout cela demandait des calculs et une planification détaillés et démontre que l’ancien ingénieurs de Stonehenge et de plus de 900 autres structures de pierre circulaires au Royaume-Uni connaissaient les mouvements de base du Soleil. Certaines études ont démontré que, à certains de ces sites, il existe des preuves que les anciens faisaient aussi l’observation de la lune. Cela ne suffit toutefois pas à vraiment appeler cela un observatoire. Il y a une forte possibilité que cet alignement ait été lié à leurs idéologies et croyances, et qu’ils aient construit ces structures non pas pour observer le ciel et le soleil, mais plutôt en harmonie avec eux. Bien sûr, cela ne change pas le fait qu’ils avaient une très bonne connaissance de l’astronomie et de l’ingénierie de base. L’utilisation d’alignements astronomiques pour la construction de temples et de tombes n’est pas exclusive du Royaume-Uni. Vous pouvez trouver de nombreux autres exemples du Chili et du Mexique à la Mésopotamie et à l’Égypte. et la « pierre talon » est un tel poste. » NORTH, John. Cosmos : An Illustrated History of Astronomy and Cosmology, Chicago, The University of Chicago Press, 2008, 876 p, ISBN 0 226 59441 6 (couverture souple). La citation provient de la page 11. Mai/juin 2014 astronomie-quebec.com 27



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