Astronomie Québec n°3-1 mai/jun 2014
Astronomie Québec n°3-1 mai/jun 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3-1 de mai/jun 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : Stonehenge, était-il vraiment un observatoire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Les capricieuses du ciel Dans mes articles précédents, on a vu que les étoiles varient parfois de luminosité, pour diverses raisons : certaines sont occultées périodiquement par une autre (les binaires à éclipse), d’autres clignotent spontanément de manière régulière (comme les céphéides), et d’autres sont des géantes instables (comme celles de type Mira). Il existe en fait une foule d’autres raisons pour lesquelles une étoile change d’éclat au cours de sa vie. Photo : N. Rivard par Normand Rivard Le fait est que les étoiles sont si loin de nous que les astronomes ne peuvent les observer en détail comme les planètes du système solaire. Comme toutes les étoiles (hormis le Soleil) ont l’apparence d’un point sans dimension, leur éclat et leur spectre sont pratiquement les deux seuls moyens d’en savoir plus sur elles par des mesures directes. Si en plus l’éclat de l’étoile varie dans le temps, c’est une opportunité en or pour comprendre les mécanismes qui les animent ; c’est ce que l’on appelle l’astrophysique stellaire. Il faut comprendre que les astronomes professionnels sont débordés par le nombre ahurissant d’étoiles variables, sans compter qu’il faut surveiller plusieurs de celles-ci à long terme. Même s’ils ont aujourd’hui des moyens automatisés pour suivre à la trace quelques-unes d’entre elles, ils ont encore largement besoin des amateurs pour colliger la plus grande quantité de données possible. C’est un des rares domaines de la science où les amateurs peuvent modestement, bien que réellement, contribuer au progrès scientifique. Fort heureusement, l’observation des étoiles variables est facile à réaliser, pour peu que l’amateur soit patient et minutieux. Nul besoin d’équipement sophistiqué ou d’un ciel noir comme de l’encre. De simples jumelles ou un petit télescope portatif suffisent pour un grand nombre d’étoiles, même en milieu semi-urbain. La technique s’apprend rapidement, mais requiert un peu de pratique au début. 14 Astronomie-Québec Mai/juin 2014
Comment commencer ? Depuis plus de 100 ans, l’American Association of Variable Stars Observers (AAVSO, http://aavso.org) coordonne le travail d’observateurs occasionnels ou passionnés avec les travaux des professionnels. Leur banque de données contient aujourd’hui plus de 25 millions d’estimés de magnitude pour plus de 12,000 étoiles. Une documentation abondante (presque toute en anglais) fait de cette association le principal point de départ pour tout amateur qui désire se lancer dans ce domaine. Les outils très riches de leur site Web permettent de trouver les étoiles dans le ciel, de visualiser l’historique des variations d’une étoile, ou d’être prévenu par courriel lorsqu’une étoile requiert une attention immédiate ou qu’un projet de recherche démarre et demande la participation des amateurs. Il existe par ailleurs plusieurs catalogues d’étoiles variables, dont le plus connu est le General Catalogue of Variable Stars (GCVS ; Catalogue général des étoiles variables), qui est maintenu par l’Institut Sternberg d’astrophysique de l’Université d’État Lomonosov de Moscou (http://sai.msu.su/gcvs/gcvs/). a I 13 wn/AMP i1t15 : i34t S ti6 L PaTTVdntc -rg : wow { L# as 9 LG Cy L4L ; { U4 : 99 G G{UUUC} vWfl Z t1,2%, ! !." -Q 1e+ l+.w LS*n, Is usr {s ; 11, + Le ii.e. ec, 1 °c.t, eh_eY PR 0 55- a, YG. 4.. ss tiEuo OSAb^d SEklîg.f. € I QQ Comment les trouver ? Les différents catalogues donnent les coordonnées exactes des étoiles variables, mais la manière la plus facile, surtout en visuel, est d’utiliser les cartes de l’AAVSO. Un exemple est donné à la figure 1 (en haut à droite) pour l’étoile Z UMa, qui est une des plus populaires. Cette carte a été générée par l’outil VSP (Variable Star Plotter, http://aavso.org/vsp) de l’AAVSO, qui permet de produire des cartes à différentes échelles et de différentes orientations. On entre en haut (« what is the name, designation, or auid of the object ? ») Pour l’observation aux jumelles, la carte de format A (sous le menu déroulant « choose a predefined chart scale ») est la plus appropriée ; on clique ensuite sur « plot chart ». Sur une autre page, on vous offre le choix parmi plus de 150 étoiles accessibles aux jumelles (http://aavso.org/aavso-binocular-program) ; juste à entrer le nom d’une de ces étoiles à la page précédente. La carte donne en haut quelques informations générales sur l’étoile cible. L’échelle utilisée est affichée tout en bas. L’étoile Z UMa est au centre, marquée d’une croix, alors que les étoiles de référence sont autour, avec leur magnitude indiquée sans point décimal pour éviter la confusion avec les petites étoiles. Les trois étoiles plus brillantes ne sont nulle autre que les alpha (α), delta (δ) et gamma (γ) de la Grande Ourse, facilement repérables à'ul91mal7ego- 403 Kip we} MpLeoF4d o44 DU1 134111,1 AST -RIM VArr 47161+11.7 fbWeime+rer.#1 l’œil nu. La première étape consiste donc à repérer l’étoile cible aux jumelles ou à la lunette en se fiant à la carte. Comment estimer la magnitude ? Il est impossible d’estimer la magnitude d’une étoile en visuel simplement en l’observant, car l’œil humain n’est pas un photomètre. Par contre, il est facile d’estimer sa magnitude en la comparant avec d’autres étoiles dont la magnitude est bien connue. Il s’agit alors de repérer, à l’aide de la carte, quelles sont les étoiles de référence indiquées dont la magnitude est proche de celle de la cible. Il faut trouver une étoile un peu moins brillante et une autre un peu plus brillante que la cible, idéalement dans le même champ de vision. Ensuite, on détermine la magnitude de la cible en comparant sa brillance avec les deux étoiles de référence choisies. Par exemple, supposons qu’au moment où vous observez Z UMa, son éclat soit un peu plus faible que l’étoile indiquée 79, mais un peu plus fort que celle indiquée 84. Par interpolation, essayez de déterminer laquelle des deux a une magnitude Effet Purkinje « À forte luminosité, ce sont les couleurs rouges que l’œil distingue le mieux, mais lorsque l’illumination diminue, ce sont les couleurs plus bleues qui sont le mieux perçues ». —Wikipédia Nommé d’après Jan Evangelista Purkyně ou Purkinje (donc prononcé pur-qui-nié et non pas pur-qui-ne-j’ai). Mai/juin 2014 astronomie-quebec.com 15



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