Astronomie Québec n°3-1 mai/jun 2014
Astronomie Québec n°3-1 mai/jun 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3-1 de mai/jun 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : Stonehenge, était-il vraiment un observatoire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Spécial deux pour une Qui n’a pas entendu parler du groupe d’étoiles connu sous le nom de Chaudron ou de Louche ? Même Vincent van Gogh les représente sur une toile (ci-dessus : Nuit étoilée sur le Rhône, septembre 1888). Ces étoiles brillantes font partie de la constellation de la Grande Ourse. Elles doivent leur célébrité à leur utilité. Ce simple arrangement de sept étoiles renferme en effet plusieurs repères utiles. De plus, sa visibilité à toute heure de la nuit, tout au long de l’année, lui confère une importance certaine. Photo : L. Descoteauxv par Luc Descoteaux et Pierre Paquette Ainsi on trouve l’Étoile polaire, Polaris, en prolongeant de cinq fois l’écart des étoiles de l’extrémité de la louche (fig. 1). Aussi, en prolongeant la courbe du manche de la louche, on croise d’abord Arcturus (α Boo) puis Spica (α Vir), les deux étoiles les plus brillantes du printemps. D’autres étoiles et constellations sont également « pointées » par les repères de la louche. L’étoile qui est sans doute la plus connue de la Grande Ourse est Mizar : c’est celle qui marque le « coude » du manche de la louche. Elle fait duo avec Alcor, et ensemble ce tandem est presqu’aussi célèbre que la Grande Ourse. On cite souvent ces étoiles en parlant d’un test de la vision : en effet, en prêtant une attention particulière, une bonne vision pourra distinguer sans aide la présence d’une étoile tout près de Mizar. Des jumelles (fig. 4) pourront bien sûr confirmer facilement cette présence : il s’agit d’Alcor (fig. 2 et fig. 3, en haut). Figure 1 : Pour trouver Polaris (l’Étoile polaire), prolonger l’écart A–B (Merak–Dubhe) cinq fois. En prolongeant la courbe du manche de la louche, on atteint Arcturus du Bouvier, puis Spica de la Vierge ; un truc mnémotechnique est de « faire un arc » vers Arcturus, puis de « piquer » vers Spica. Hors de la carte, vers la droite, se trouve aussi le Lion, facile à trouver au sud de la Grande Ourse. 12 Astronomie-Québec Mai/juin 2014
Mizar mérite toutefois sa célébrité à plus d’un égard… En 1617, Benedetto Castelli [1578–1643] et Galileo Galilei[1564–1642] l’observent à la lunette et remarquent qu’elle est double. En 1650, Giovanni Battista Riccioli [1598–1671] voit aussi cela, et c’est son observation qui est la plus souvent notée par les historiens de l’astronomie ; Leos Ondra a toutefois démontré que Galilée a précédé Riccioli d’une trentaine d’années [1] [2]. Mizar fut aussi la première étoile double photographiée (par George Phillips Bond [1825– 1865], en 1857 ; avec son père, William Cranch Bond [1789–1859], il a aussi pris la première photo d’une étoile, Véga, en 1850). Carte COEL1X 11-1A izar La première étoile binaire spectroscopique détectée fut encore une fois Mizar (par Edward Charles Pickering [1846–1919], en 1889 [3]) … et en 1908 [4][5], la spectroscopie a révélé que Mizar B est aussi une paire d’étoiles, faisant du groupe le premier système stellaire quintuple connu ! Figure 2 : En se rapprochant davantage, cette portion agrandie de la figure 1 révèle la présence d’Alcor près de Mizar. Un petit télescope montrera facilement Mizar et Alcor de part et d’autre du champ de vision, et révélera la double nature de Mizar. Trois étoiles seront donc présentes : un duo très serré d’un côté (Mizar et son compagnon) et Alcor de l’autre (fig. 3). Mizar et Alcor sont-elles reliées physiquement, en orbite autour l’une de l’autre ? Nous n’en sommes pas certains. Certaines orbites stellaires sont tellement vastes qu’il nous faudra attendre encore plusieurs années, voire plusieurs siècles, avant de savoir. C’est le cas de ce duo… D’un autre côté, le satellite HIPPARCHOS donne des distances de 78±1 a.‐l. pour Mizar et 81±1 a.‐l. pour Alcor, alors si elles forment un couple, c’en est un assez distant ! Elles sont cependant toutes deux membres de l’amas ouvert Collinder 285, aussi appelé amas mobile de la Grande ourse. Enfin, mentionnons brièvement la présence dans le champ de vision de Sidus Ludoviciana [1] ONDRA, Leos. « A New View of Mizar ». Sky & Telescope Vol. 108, No. 1 (2004), p.72–75. Voir aussi http://leo.astronomy.cz/mizar/article.htm pour une version allongée. [2] GRANEY, Christopher M. Galileo’s Double Star : The Experiment That « Proved » the Earth Did Not Move ∙ http://arxiv.org/ftp/physics/papers/0606/0606255.pdf [3] PICKERING, EdwardC. « On the Spectrum of ζ Ursæ Majoris ». Sidereal Messenger Vol. 9, No. 2 (1890), p.80–82. [4] LUDENHORFF, Hans. « Über die Radialgeschwindigkeit der schwächeren Komponente von ζ Ursae majoris ». Astronomische Nachrichten Vol. 177, No. 1 = 4225 (1908), p.7/8–9/10. [5] FROST, Edwin B. « On certain spectroscopic binaries ». Astronomische Nachrichten Vol. 177, No. 10 = 4235 (1908), p.171/2–173/4. (HD 116798s), une étoile de magnitude 7,6 qui se trouve légèrement à l’est de la ligne Mizar– Alcor, et qui se voit dans virtuellement n’importe quel instrument. Références KALER, James B. Star of the Week. http://stars.astro.illinois. edu/sow/sowlist.html VALLIÈRES, Jean. Coelix. (Logiciel) pour la carte. SkySafari 4. (Logiciel). Southern Stars, 2013. Figure 3 : Le télescope souligne la double nature visuelle de Mizar (dessin de l’auteur ; oculaire par Astronomie- Québec). Figure 4 : Bien stabilisées, les jumelles rendront plus de détails. Mai/juin 2014 astronomie-quebec.com 13



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