Astronomie Québec n°2-6 mar/avr 2014
Astronomie Québec n°2-6 mar/avr 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2-6 de mar/avr 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 42

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... impossible n'est pas Fullum.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Ci-dessus : L’image 8 a une transmission restreinte serrée sur la lumière émise par la raie de l’hydrogène alpha ; la bande étroite de ce filtre est de 654 à 661 nm. Elle est prise avec le filtre Ha_G0310 et montre le contre-jet au sud-est de l’étoile RY Tauri. Ci-dessous : L’image 9 montre aussi le contre-jet au sud-est de l’étoile RY Tauri. L’image du filtre i_G0302 est colorée en bleu, celle du r_G0303 en vert, et celle du Ha_G0310 en rouge. endroits dont la vélocité est moindre, comme au niveau des chocs en arc. Peut-être que le grand lobe observé sur les images en filtres g,r, et i (images 5, 6 et 7 à la page précédente) est relié à l’action de ces flots moléculaires en périphérie du jet atomique ? L’image 9 (ci-dessous) est un montage de trois des filtres utilisés pour la démonstration. D’un coup d’œil, nous constatons que les composantes du lobe détecté en lumière visible, qui sont codées vert/bleu sur cette image, semblent bien cacher au moins partiellement le grand jet Hα rouge sur le ciel. Nous pouvons donc présumer que des observations en bande large comme les RGB standard ne permettent pas de mettre facilement en évidence les jets d’émission Hα d’étoiles jeunes comme celui-ci. Le signal du Hα est si faible qu’il est dominé par la lumière détectée par ces filtres à large transmission. 38 Astronomie-Québec Mars/avril 2014
Les étoiles jeunes de type T Tauri (étoiles d’environ deux masses solaires et moins) sont classifiées en quatre grandes catégories. Ces étoiles naissent de l’effondrement gravitationnel d’une section d’un nuage moléculaire, une sorte de nuage géant et très froid — de 10 à 20 K — et d’une densité moyenne de 10² à 10³ particules par centimètre cube. Ce sont de grandes régions de formation d’étoiles comme celles que nous trouvons dans le Taureau. La stabilité de celles-ci a pu être perturbée par plusieurs sources ; soulignons seulement deux sources potentielles, soit le passage d’une étoile à proximité ou un front d’onde perturbateur provenant d’une supernova à proximité. Si ce nuage moléculaire a une densité suffisamment élevée, il y a des chances qu’il y ait formation d’étoiles. Les plus jeunes sont les objets de classe 0 ; il s’agit d’objets très jeunes, d’environ 10 4 années. Ces objets stellaires jeunes (OSJ) sont encore enfouis dans le nuage moléculaire qui leur a donné naissance. Une grande proportion du matériel circumstellaire est donc natif du nuage parent. Nous y détectons des flots moléculaires (monoxyde de carbone CO et monoxyde de silicium SiO) sous forme de grands jets ; même que dans certains objets de cette classe, nous détectons la présence de molécules d’eau (H 2 O) qui est excitée dans des grands chocs. Ces flots moléculaires éjectés perpendiculairement au plan d’un disque dense sont la conséquence de l’accrétion de matière sur l’étoile en formation. Ces objets stellaires jeunes sont détectables dans le domaine submillimétrique (radio). Suivent les objets de classe 1 ; ceux-ci ont environ 10 5 années. À ce stade, le milieu circumstellaire est moins dense : les matériaux circumstellaires ont servi à la formation de l’étoile. Ils ont été introduits dans le corps de l’étoile ou projetés loin d’elle par les flots de particules et les jets. À ce stade, le milieu devient plus transparent, et les jets peuvent désormais s’observer dans les raies d’émission, comme le Hα, le [OI], le [SII] ou le [NII]. Ceux-ci sont habituellement perpendiculaires au plan d’un disque dense dans lequel peuvent se former des planètes (disque protoplanétaire). Par contre, les chocs et les flots moléculaires détectés dans les objets précédents (classe 0) sont bien moins importants dans les objets de classe 1. Les étoiles T Tauri de classe 1 s’observent aussi en lumière infrarouge. Les objets de classe II ont environ 10 6 années, comme l’étoile RY Tauri de notre exemple ci-dessus. L’étoile est bien observable en lumière visible : les flots qui s’éloignent de l’étoile ont dispersé le matériel circumstellaire. Le disque est maintenant plus évolué ; à ce stade, des planètes peuvent peutêtre s’y être formées. Des jets et des chocs peuvent aussi s’observer sur un plan perpendiculaire au disque. Ces étoiles s’approcheront éventuellement de la séquence principale du diagramme Hertzsprung- Russell. Elles s’observent en infrarouge et en lumière visible, mais présentent aussi de la lumière UV et ont parfois une signature en rayonnementX, ce qui est le cas de RY Tauri. Les étoiles de classe 3 ont jusqu’à environ 10 7 années ; nous les nommons Weak-line T Tauri Stars (WTTS), c’est-à-dire des étoiles T Tauri avec des raies d’émission faibles. Elles ne présentent presque plus de raies d’émission et peu d’infrarouge ; elles sont bien observées en lumière visible. Elles sont plus près de la séquence principale, là où elles commenceront à bruler de l’hydrogène en leur centre. Références [1] Le groupe O.P.I.O.M.M., http://www.astro.umontreal. ca/opiomm/fr/[2] CPAPIR, http://www.astro.umontreal.ca/opiomm/fr/CPAPIR [3] Cette image publique est disponible sur le Web : http://www.gemini.edu/index.php ? q=node/129 (Amateur Astronomers Travel Deep Into Stellar Cocoon Using Gemini) [4] ST-ONGE, Gilbert et Lorraine MORIN, CDADFS. « #1 L’étoile jeune R Monoceros et NGC 2261 nous dévoilent un jet et #2 Les objets stellaires jeunes ». Les Saisons du Ciel. http://www.astrosurf.com/stog/xtravaux_recherches_2/ngc2261/2261osj.htm [5] Observatoire Gemini Nord ∙ http://www.gemini.edu/node/10625 ? q=node/10419 [6] Gemini Observatory. Amateur Astronomers Travel Deep Into Stellar Cocoon Using Gemini. ∙ http://www.gemini.edu/index. php ? q=node/129 [7] ST-ONGE, Gilbert et Pierre BASTIEN. « A Jet Associated with the Classical T Tauri Star RY Tauri ». The Astrophysical Journal Vol. 674, Issue 2 (2008) : 1032–1036. ∙ http://adsabs.harvard.edu/abs/2008ApJ...674.1032S [8] ST-ONGE, Gilbert. « Une observation détaillée du contre-jet au sud-est et du jet au nord-ouest de l’étoile jeune RY Tauri tel que détecté par l’imageur GMOS‐N (au 8m.) ». Observatoire GEMINI Nord, novembre 2006. [9] AGRA AMBOAGE, Vanessa. Observations of the inner regions of winds around young T Tauri type stars. 2009. ∙ http://tel. archives-ouvertes.fr/docs/00/47/43/79/ANNEX/soutenance.pdf [10] BASTIEN, Pierre. Fiche personnelle. ∙ http://craq-astro.ca/un_membre.php ? id=PierreBastien [11] ST-ONGE, Gilbert. « Aveuglé par le visible ! », Astronomie- Québec Vol. 1, No. 4 (novembre-décembre 2012) : 24–27. ∙ http://astronomie-quebec.com/[12] SKINNER, SteveL., Marc AUDARD, et Manuel GUEDEL. « Chandra Reveals Unusual X-ray Emission from the Jet-Driving T Tauri Star RY Tau ». American Astronomical Society, AAS Meeting #219, #337.15 (01/2012). ∙ http://adsabs.harvard.edu/abs/2012AAS...21933715S AQ Mars/avril 2014 astronomie-quebec.com 39



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