Astronomie Québec n°2-6 mar/avr 2014
Astronomie Québec n°2-6 mar/avr 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2-6 de mar/avr 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 42

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... impossible n'est pas Fullum.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Recherche Photo : G. St-Onge par Gilbert St‐Onge Dans la première partie de cet article, qui a paru dans le numéro d’Astronomie-Québec précédent, nous avons constaté que l’observation de certains objets du ciel profond peut s’effectuer en lumière visible et en d’autres domaines, particulièrement, en ce qui nous concerne, en proche Infrarouge. Nous avons utilisé des images de la nébuleuse sombre Barnard 68 en filtre proche infrarouge, provenant de l’European Southern Observatory (ESO), pour mettre en évidence l’opacité de celle-ci à la lumière visible. Nous avons aussi constaté que cette nébuleuse devient presque transparente en bande « Ks » à 2,16 µm. Pour nous remettre dans le dossier, commençons avec deux images d’une nébuleuse qui nous est très familière en lumière visible ; il s’agit de la grande nébuleuse de la constellation d’Orion (Messier 42). Ces deux images proviennent de l’Observatoire du Mont-Mégantic, et ont été faites au télescope de 1,6 mètre du grand observatoire. L’image 1 (cidessus) est en lumière visible et a été produite par l’Équipe OPIOMM (Obscur Projet d’Imagerie de l’Observatoire du Mont-Mégantic) ; l’image 2 (en haut à droite de la page suivante, et reproduite à la même échelle), en proche infrarouge, a été obtenue à l’aide de l’instrument spécialisé en ce domaine 34 Astronomie-Québec Mars/avril 2014
CPAPIR (Caméra PanorAmique Proche Infra-Rouge), et a été réalisée par le groupe de René Doyon. Trois filtres (B, V et R) ont été utilisés pour réaliser l’image en lumière visible par l’équipe OPIOMM : Filtre Longueur d’onde centrale (λ) Ångström Bande passante (Δλ) Ångström B 4370 900 V 5500 900 R 6420 1100 L’image en lumière visible de la page précédente (B, V, R) nous montre bien la belle nébuleuse qui est dominée par les intenses étoiles du Trapèze au cœur même de celle-ci. Dans le bas de l’image, le mur droit (une grande ligne de choc à gauche vers le bas) semble découper la nébuleuse principale des faibles nébulosités d’arrière plan ! Une vue magique comme dans nos télescopes sous nos meilleurs ciels, les couleurs en plus ! Les filtres proche infrarouge utilisés par l’équipe de René Doyon sont les suivants : Filtre λ bas (microns) λ haut (microns) Transmission I 0,763 0,953 0,90 J 1,1779 1,3288 0,85 K 1,9920 2,3065 0,92 Première discussion Pour cette image en proche infrarouge, un code de couleurs a dû être appliqué, puisque l’œil humain n’est pas sensible à ces longueurs d’ondes. Le code va du bleu pour la longueur d’onde la plus courte (le filtre I), suivi du vert pour la longueur d’onde suivante (le filtre J) et du rouge pour la plus longue (le filtre K). Sur l’image 2, nous remarquons rapidement le nombre plus important d’étoiles détectées ; la nébuleuse devient plus transparente et nous pouvons détecter des étoiles cachées par celle-ci sur les images en lumière visible. La nébuleuse ellemême a changé d’apparence, mais nous y observons encore les étoiles du Trapèze et le grand mur de choc dans le bas de l’image. Plusieurs sources plutôt rouges non détectées en lumière visible attirent toutefois notre regard dans le haut de la nébuleuse en proche infrarouge. Celles-ci sont bien visibles en filtre K : ce sont des régions intenses en infrarouge. Nous y observons entre autres la source KL (nébuleuse Kleinmann-Low), qui est un amas de source infrarouge. Pas de doute ici : nous avons encore une fois fait la démonstration que la lumière proche infrarouge, cachée à nos yeux mais détectable par certains instruments spécialisés, peut nous dévoiler quelques aspects physiques importants de certains objets du ciel tels que la grande nébuleuse de Orion [1, 2]. Poursuivons notre démarche en nous intéressant à un objet qui nous est familier : la nébuleuse associée à l’étoile jeune RY de la constellation du Taureau. Il s’agit d’une étoile de type T Tauri, de classe II. L’image 3 (haut de la page suivante) a été prise le 25 février 2005, grâce à des images faites au grand télescope de huit mètres d’ouverture Gemini Nord, dans le cadre d’un concours pour amateurs. Le projet soumis par le Club d’astronomie de Dorval est sélectionné, et rapidement nous avons une image spectaculaire de l’étoile jeune RY du Taureau [3]. Voici le détail des filtres utilisés pour l’acquisition de cette image ; il s’agit de filtres compatibles aux filtres utilisés par le Sloan Digital Sky Survey (SDSS) : Filtre Gemini Nord Longueur d’onde centrale λ (nm) Bande passante Δλ (nm) g (G0301) 475 398–552 r (G0303) 630 562–698 Hα (G0310) 656 654-661 i (G0302) 780 706-850 L’image 3 nous montre la région de l’étoile RY Tauri en partie en lumière visible, puisque les filtres g, r et Hα ont une transmission dans le domaine de la lumière normalement visible pour l’œil humain, soit entre 400 nm et 700 nm. À ceux-ci est ajoutée Ci-dessus : Messier 42 en proche infrarouge. Crédit : L’équipe de René Doyon à l’aide du détecteur CPAPIR. Page précédente : Messier 42 en lumière visible. Crédit : L’Équipe OPIOMM. Texte révisé par Pierre Bastien, Département de physique et Centre de recherche en astrophysique du Québec, Université de Montréal Mars/avril 2014 astronomie-quebec.com 35



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