Astronomie Québec n°2-4 nov/déc 2013
Astronomie Québec n°2-4 nov/déc 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2-4 de nov/déc 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : Vitali Nevski, codécouvreur de la comète ISON.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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À lire Les photos de sa première épouse (Jane, 1965) et de leurs enfants dévoilent des moments de tendresse et de fêtes représentant près de 25 ans d’un mariage heureux et d’une vie de famille joyeuse. Elles masquent cependant les tensions conjugales croissantes qui ont suivi l’apparition de la sclérose latérale amyotrophique (« SLA » ou « maladie de Lou Gehrig ») potentiellement mortelle. Hawking dit que sa santé déclinante a conduit à la liaison de sa femme. Il en dépeint les circonstances de façon très détaillée, expliquant leur séparation en 1990. Elaine Mason devient alors son infirmière personnelle. Cinq ans après son divorce d’avec Jane, Elaine devient sa seconde épouse (1995). Hawking décrit rétrospectivement ce mariage comme « passionné et orageux », mais il garde un sentiment de dette envers celle qui « a sauvé sa vie à de nombreuses reprises », surtout quand elle l’a convaincu de subir une chirurgie, sans laquelle, il le réalisa plus tard, il serait certainement mort. Son second mariage a duré 12 ans, jusqu’en 2007, et il dit qu’il est depuis resté seul. La brève histoire de ma vie par Stephen Hawking (Flammarion, 2013, ISBN 978-2-08-133054-2) Son autobiographie révèle beaucoup de choses sur Hawking, l’homme. Elle le sort de son fauteuil roulant et nous montre un homme dynamique, actif, et jeune. Étudiant, il était athlétique, barrant pour le Club nautique de l’University College — l’image de la couverture le montre d’ailleurs avec des membres du club nautique. Photo : S. Bohle , par Shannon Bohle L’autobiographie prend vraiment vie avec 47 images d’archives. Certaines photos montrent des aspects colorés, excentriques, et plus controversés de la vie et des convictions politiques de ses parents, Frank et Isobel. Hawking percevait Frank comme un mari et un père plutôt absent, pendant les voyages duquel Isobel « n’aimait pas être laissée seule », « fut membre de la Ligue de la jeunesse communiste avant la guerre », et s’exposa aux idéologies et pratiques fascistes et communistes. La famille Hawking n’a pas toujours été discrète sur son éclectisme, que ses membres ont exprimé simplement en quittant le pays. L’histoire révèle beaucoup sur la vie et l’éducation du jeune Hawking. Le handicap n’est pas nouveau dans sa famille. Sa mère avait une sœur ainée souffrant du syndrome de Down, une maladie héréditaire. Bien qu’il existe certaines études démontrant l’hérédité de la SLA, la cause réelle de cette maladie neuromotrice demeure inconnue. Son père, académiquement et professionnellement formé en médecine, était bien adapté pour l’élever. En bref, Hawking n’aurait pas pu naitre dans une famille plus apte à lui fournir l’amour, l’empathie, la dignité, et le soutien affectif pour poursuivre ses rêves et devenir le scientifique qu’il est aujourd’hui. Malgré leur pauvreté, Hawking raconte, ses grandsparents prisaient l’éducation au-delà de toute autre chose et ont fait des sacrifices pour que ses parents aillent à Oxford, où ils se sont rencontrés, mariés, et ont eu Stephen. Frank et Isobel ont aussi fait des sacrifices en envoyant Stephen à Oxford et à Cambridge et leur fille Marie à l’université pour qu’elle devienne médecin. Malgré ces efforts pour économiser de l’argent, la capacité financière de Hawking à fréquenter l’université et à entreprendre des études supérieures fut principalement rendue possible grâce à une bourse d’études de l’université d’Oxford et à une bourse de recherche de l’université de Cambridge. Quelques chapitres décrivent la vie à Cambridge. Par exemple, le logement : « j’ai demandé de l’aide [financière] à l’université mais le trésorier m’a dit que ce n’était pas la politique du collège d'aider les boursiers avec le logement ». Plus loin : « [Le trésorier] a dit : « Nous facturons normalement douze shillings et six pence la nuit pour cette chambre. Cependant, puisque vous serez deux 58 Astronomie-Québec Septembre/octobre 2013
dans la chambre, nous facturerons vingt-cinq shillings. » Nous ne sommes restés que trois nuits ». Hawking a également noté le nombre quelque peu surprenant de propriétés détenues par les collèges qui ne semblent pas à première vue faire partie du réseau des collèges. C’est parce que les bâtiments académiques des universités et les logements du collège sont parsemés dans toute la ville. Le choix du superviseur demeure encore problématique aujourd’hui, tout le monde voulant travailler avec le professeur le plus réputé du département, mais celui-ci ne pouvant pas superviser autant de doctorants. Ironique, mais vrai, le premier choix de superviseur de Hawking n’a pas été accepté. « J’avais demandé à travailler avec Fred Hoyle, le plus célèbre astronome britannique de l’époque », écrit Hawking. « Cependant, Hoyle avait déjà assez d’étudiants, de sorte que, à ma grande déception, j’ai été affecté » à quelqu’un « dont je n’avais pas entendu parler ». Hawking va même jusqu’à dire qu’il « avait été empêché de travailler avec Hoyle ». Hawking, cependant, a pris sa revanche pendant sa troisième année. Il raconte le tortueux récit de supercherie qui suit : Hawking partageait un bureau avec Jayant Narlikar, un des étudiants qui avait été choisi pour étudier avec Hoyle, le même individu d’après qui la théorie Hoyle-Narlikar de la gravité est nommée. Hawking a eu accès à l’ébauche de ce document qui soutenait le modèle d’Univers stationnaire avant la première présentation de l’article par Hoyle en 1964 et sa publication ultérieure. Voir une « ébauche du document », raconte Hawking, « m’a permis de faire les calculs à l’avance ». Cela lui a permis de contester Hoyle publiquement, ou du moins de sembler en savoir autant ou plus que le grand Hoyle en face de la Royal Society. « J’étais à la conférence », ditil, « et pendant la période de questions, j’ai dit que l’influence de toute la matière dans un univers stationnaire rendrait ses masses infinies. Hoyle a demandé pourquoi je disais cela, et je lui ai répondu que j’avais calculé. Tout le monde pensait que je voulais dire que je l’avais fait dans ma tête pendant la conférence… Hoyle était furieux ». Au bout du compte, Hawking a obtenu satisfaction, car il indique que « Hoyle me donna plus tard un emploi ». En plus de permettre au lecteur d’en apprendre davantage sur Hawking, le livre présente des histoires surprenantes, comme celle ci-dessus, sur ses études professionnelles et sa carrière comme cosmologiste. Hawking corrige aussi certaines idées fausses. Il considère que certaines facettes de sa vie, et son image publique en général, ont été déformées par les médias. D’abord, le stéréotype de « génie handicapé », alors qu’en fait, « Pour mes collègues, je ne suis qu’un autre physicien ». Aussi la controverse entourant sa voix informatisée : La voix d’une personne est très importante. Si vous avez une voix brouillée, les gens sont susceptibles de vous traiter comme un déficient mental. Ce synthétiseur était de loin le meilleur que j’aie entendu, car il varie l’intonation et ne parlait pas comme un des Daleks de Doctor Who. Speech Plus a depuis été dissous et son programme de synthèse vocale a été perdu. J’ai maintenant les trois derniers synthétiseurs restants. Ils sont encombrants, consomment beaucoup d’énergie, et contiennent des puces qui sont obsolètes et ne peuvent pas être remplacées. Néanmoins, je m’identifie maintenant à la voix et elle est devenue ma marque de commerce, donc je ne vais pas changer pour une voix à consonance plus naturelle à moins que les trois synthétiseurs ne brisent. Plus important encore que d’être un personnage public de scientifique handicapé, explique Hawking, sa voix et son travail doivent résister à l’évaluation rigoureuse par ses collègues. « Grâce à ce système », dit-il, « j’ai écrit sept livres et un certain nombre d’articles scientifiques. J’ai aussi donné un certain nombre de conférences scientifiques et populaires. Je pense que cela est dû en grande partie à la qualité du synthétiseur vocal, réalisé par Speech Plus ». Enfin, le chapitre « Une brève histoire du temps » permet à Hawking de répliquer aux critiques sur son livre le plus célèbre, ainsi que les points sur lesquels il croit que le livre aurait pu être amélioré. « J’aurais dû mieux expliquer deux concepts difficiles, » la somme des histoires, et « le temps imaginaire, qui semble être la chose dans le livre avec laquelle les gens ont le plus de mal ». Bien qu’écrit pour le non-scientifique, l’autobiographie de Hawking touche des concepts scientifiques, en particulier dans les chapitres « Voyage dans le temps » et « Temps imaginaire ». Il a écrit ces chapitres pour préciser et expliquer le livre Une brève histoire du temps. Par conséquent, ils peuvent présenter des idées qui sont étrangères à toute personne qui ne l’a pas lu, ainsi qu’aux jeunes lecteurs adultes ou aux lecteurs adultes qui n’ont pas étudié la cosmologie ou la physique. Le traitement de ces sujets a été simplifié, mais ces deux chapitres pourraient encore être sources de confusion. Hawking a également adressé les critiques sur le choix de la photo de couverture, sur laquelle il dit qu’il n’avait aucun contrôle. Ce qui semblait être une incongruité entre la couverture de Une brève histoire du temps et son contenu a fait que certains lecteurs se sont sentis lésés après avoir cru qu’il y aurait plus de détails sur la SLA. Puisque ce n’était pas le but du livre, ces lecteurs se sont sentis déçus. De même, La brève histoire de ma vie n’est pas Ma lutte contre le SLA. Il s’agit d’une autobiographie retraçant la vie d’un scientifique. La version originale du livre, My Brief History, est disponible chez Bantam Books (2013, neuvième impression, ISBN 978-0-345-53528-3) Traduit et condensé de http://www.scilogs.com/scientific_and_medicallibraries/book-reviewstephen-hawkingsmy-brief-history/sur l’aimable invitation de l’auteure. Septembre/octobre 2013 astronomie-quebec.com 59



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