Astronomie Québec n°2-4 nov/déc 2013
Astronomie Québec n°2-4 nov/déc 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2-4 de nov/déc 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : Vitali Nevski, codécouvreur de la comète ISON.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 38 - 39  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
38 39
Sous le Soleil Aurores polaires Les aurores polaires ont stimulé l’imagination de bien des humains au cours des âges ! Leurs formes, leurs couleurs parfois vives, et leurs mouvements — rapides ou lents — furent associés aux dieux, aux animaux, aux esprits, et même à la mort. On parlait même de « chant des aurores » car il serait possible de les entendre. Au Québec, certaines légendes leur donnent le nom de « marionnettes ». Certains peuples autochtones croyaient que les aurores boréales représentaient les âmes des personnes décédées. D’autres y voyaient des géants qui tenaient dans leurs mains d’immenses torches pour les éclairer. Mais le peuple dont on a retenu le plus de légendes sont les Inuit. électrique, peuvent alors être captées et redirigées par les lignes du champ magnétique terrestre vers le côté nuit de la magnétosphère (la queue). ➊ Photo : S. Lemon par Stéphane Lemon Il y aurait beaucoup à dire sur les croyances et légendes reliées aux aurores ; encore aujourd’hui, beaucoup de gens pensent que les aurores sont dues aux reflets du Soleil sur les glaciers [1]. La réalité est toute autre, puisque les aurores sont directement liées à l’activité solaire. Autour de la Terre se trouvent l’ionosphère et la magnétosphère, qui composent l’environnement spatial de la Terre, dominé par le champ magnétique. Le champ magnétique terrestre n’est pas uniforme : les lignes de champ se situant du côté de la Terre exposé au Soleil sont comprimées contre elle, et les lignes de champ de la face non-exposée au Soleil sont étirées en direction opposée vers l’espace, un peu comme une queue allongée (figure 1). Lors d’une éruption solaire, un plasma de particules chargées électriquement est éjecté du Soleil et entre en collision avec la magnétosphère terrestre (figure 1). Ces particules, qui ont une charge [1] Le fait que les émissions de télé mentionnent parfois cette hypothèse comme ayant été émise par le passé n’est pas étranger à cette croyance populaire. Les gens ont aussi tendance à retenir ce qu’ils comprennent le plus facilement, et l’explication réelle est plus difficile à comprendre… Se retrouvant ainsi dans la queue de la magnétosphère, les protons et les électrons constituant le vent solaire suivent ensuite des trajectoires qui les ramènent vers la Terre, pour aboutir dans les pôles magnétiques de celle-ci. Une fois au-dessus des régions polaires, les électrons sont entrainés vers le sol suivant les lignes du champ magnétique et, au cours de leur descente, ils sont accélérés par le champ magnétique terrestre. Durant la descente, les électrons rencontrent des particules comme des atomes d’hydrogène et d’azote ; excités, ces atomes vont produire une radiation lumineuse appelée photon. Nous assistons alors aux aurores boréales au pôle nord et aux aurores australes au pôle sud. Ces aurores sont souvent spectaculaires, comme nous le montre régulièrement Gilles Boutin, le « Bandit de nuit », dans les pages d’Astronomie‐Québec ou sur son site Web http://www.banditdenuit.com/, que je vous recommande fortement de visiter pour en avoir plein la vue ! 38 Astronomie-Québec Septembre/octobre 2013
➋ ➌ Il existe plusieurs formes d’aurore : arcs, rideaux, couronnes, voiles, etc. De plus, il peut y avoir près de 25 couleurs différentes d’aurores, mais les plus fréquentes sont le vert, le rouge, et le bleu. Les couleurs des aurores sont liées à la longueur d’onde correspondant aux types d’atomes qui sont percutés, ainsi qu’à l’énergie émise par l’électron. Donc la couleur verte (557,7 nm) provient des atomes d’oxygène situés aux altitudes comprises entre 100 et 150 km ; le rouge (630 nm) est lié aux atomes d’oxygène à une altitude d’environ 300 km ; et le bleu (420 nm) à l’azote ionisé à plus 400 km d’altitude (figures 2 et 3). Les aurores polaires ne sont pas un phénomène exclusivement terrestre. Le télescope spatial Hubble a réalisé de nombreux clichés en lumière ultraviolette d’aurores sur Jupiter et Saturne (figure 4). Il est possible de trouver des aurores sur toutes les planètes possédant un champ magnétique, mais les aurores peuvent être générées par d’autres phénomènes physiques que ceux qui en sont responsables sur la Terre. En 2004, le télescope spatial Hubble, avec des images obtenues en ultraviolet, et la sonde spatiale Cassini confirment une très forte corrélation entre la brillance des aurores et la densité du vent solaire atteignant Saturne. Sur Jupiter, les aurores pourraient être causées par des phénomènes différents, sans être totalement indépendants des perturbations dues au vent solaire. Les aurores polaires, bien que très belles, peuvent être accompagnées, selon l’activité solaire, d’orages magnétiques puissants. En effet, les éruptions de masse coronale (coronal mass ejections en anglais, ou CME) sont classées en fonction de leur intensité ; si elles sont directement dirigées vers la Terre, elles peuvent causer de nombreux problèmes aux installations faites par l’homme. En octobre 2003, une CME (liée au groupe de taches #10486) a provoqué une éruption de classe X28, Heureusement cette éruption s’est produite sur le limbe solaire, donc pas dirigée vers la Terre, limitant ainsi les effets néfastes. Toutefois, rappelons qu’en mars 1989, une éruption de classe X18 qui était presque dirigée vers la Terre avait provoqué une panne électrique générale au Québec (débutant à 2 h 46 dans la nuit du 12 au 13 mars), plongeant dans le noir quelque six millions d’abonnés. Échelle des intensités Classe X : extrême = panne générale des réseaux de distribution électrique Classe M : sévère = danger pour les astronautes et dégats dans les satellites Classe C : forte = coupures radio et parasites radioélectriques Classe B : modérée= problème avec les télécommunications. (bateaux, avions) Classe A : mineure= ne crée pas de perturbations. Une aurore d’une classe donnée aura les effets de sa classe plus les effets des classes précédentes. Références Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides. Le vent solaire et les aurores polaires ∙ http://www.imcce.fr/promenade/pages5/542.html À gauche : Les atomes d’oxygène sont excités à une altitude d’environ 125 km. À droite : Cette couronne est à une altitude d’environ 300 km pour le rouge et environ 400 km pour le bleu. 0011. SP"'Classe MP du Lycée Lalande. Les aurores polaires ou les feux des cieux ∙ http://mp01.free.fr/aurores1/aurores.htm Photos d’aurores par Stéphane Lemon et par Gilles Boutin. ➍% Image d’en-tête, photos de Saturne et de Jupiter = NASA, télescope spatial Hubble. AQ Septembre/octobre 2013 astronomie-quebec.com 39



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 1Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 2-3Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 4-5Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 6-7Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 8-9Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 10-11Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 12-13Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 14-15Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 16-17Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 18-19Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 20-21Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 22-23Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 24-25Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 26-27Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 28-29Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 30-31Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 32-33Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 34-35Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 36-37Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 38-39Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 40-41Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 42-43Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 44-45Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 46-47Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 48-49Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 50-51Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 52-53Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 54-55Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 56-57Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 58-59Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 60-61Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 62-63Astronomie Québec numéro 2-4 nov/déc 2013 Page 64