Astronomie Québec n°2-3 sep/oct 2013
Astronomie Québec n°2-3 sep/oct 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2-3 de sep/oct 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : HR 8799... première image d'un autre système planétaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Testé sur des astronomes amateurs Toutes les images sont de Normand Rivard. Skyline PRO 90 MAK de Levenhuk Photo : N. Rivard par Normand Rivard Qui d’entre nous n’aime pas les nouveaux instruments ? Autant on s’accorde pour affirmer que l’important est le ciel et non la quincaillerie, autant celui qui se pointe dans une rencontre avec un télescope tout neuf attire à coup sûr une foule autour de lui. C’est plus fort que nous. J’admets être de ceux-là ; peu importe qu’il s’agisse d’un précieux réfracteur hautde-gamme ou d’un petit instrument d’observation pour débutant, la curiosité l’emporte sur la logique. C’est donc avec un immense plaisir que j’ai accepté l’offre d’Astronomie-Québec d’évaluer un télescope peu connu des amateurs, mais qui mérite d’avoir sa place dans le catalogue plutôt achalandé des instruments d’entrée de gamme. Ce banc d’essai porte donc sur le Skyline PRO 90 MAK du manufacturier Levenhuk. Basé à Chicago aux États-Unis, ce fabriquant produit en Chine une gamme de jumelles, télescopes, et microscopes pour débutants depuis plus de 10 ans, principalement destinés aux marchés de l’Europe de l’est. Ils ont aussi un bureau à Vancouver au Canada. Les types de télescopes offerts varient de la petite lunette de 50 mm au réflecteur Newton de 200 mm, mais l’instrument qui nous concerne aujourd’hui est un Maksutov-Cassegrain de 90 mm. Levenhuk propose aussi quatre autres modèles similaires allant de 80 mm à 150 mm. L’instrument complet (télescope, trépied, et monture) se détaille à 349,95 $, ce qui inclut aussi un coudé de 31,75 mm (1¼″), deux oculaires (10 et 25 mm), et un chercheur à DEL rouge. Le tout accuse un poids total d’environ 10 kg et vient dans une seule boite d’environ 1m, empaquetée avec soin. Étant donné le marché visé par l’entreprise, le manuel d’assemblage est en trois langues : anglais, russe, et tchèque ! L’absence de français n’est pas vraiment un problème puisque la majeure partie des instructions est donnée par des illustrations plutôt que du texte. L’assemblage de la monture sur le trépied est très facile grâce aux illustrations fournies. Je dois mentionner ici que le tube optique se fixe à la monture par deux boulons sur une plaque, plutôt que par une queue d’aronde, ce qui aurait été à la fois plus facile et plus solide. Je recommande de commencer par la vis du côté oculaire car l’espace pour les doigts est restreint en raison de la petite taille de la monture. Le trépied vient avec une petite tablette pratique pour déposer les oculaires. La mise en équilibre est très facile, même pour un débutant. Je note ici que le contrepoids me parait un peu excessif par rapport au tube optique en plastique très léger, mais il faut comprendre que cette monture sert aussi aux autres modèles plus lourds. Le centre de gravité est alors tellement élevé que mon chat a failli faire tomber le télescope en se frôlant dessus ! Comme ce réflecteur n’est pas vraiment destiné à l’astrophotographie, il est inutile de chercher à faire un alignement polaire parfait. Après avoir aligné le 44 Astronomie-Québec Septembre–octobre 2013
chercheur à point rouge avec le télescope (opération facile ne requérant aucun outil), on fait simplement pivoter la monture autour de son axe d’ascension droite de 180° en s’assurant que l’étoile polaire reste au centre de l’image. Comme il n’y a aucune motorisation ou go to, la procédure s’arrête là. Si une automobile est évaluée par le caoutchouc sur l’asphalte, c’est sous étoiles qu’on voit ce dont un télescope est capable. Avec un télescope aussi petit, on est toujours un peu coincé dans peu d’espace. Le chercheur est situé tellement près du porte-oculaire qu’il se trouve appuyé sur le visage à l’utilisation. Je dois dire cependant qu’il fonctionne très bien, étant muni d’un gradateur. J’avoue que je préfère ce genre de chercheur à la petite lunette. La mise au point est faite comme pour tous les modèles Maksutov, soit par un boulon placé derrière le miroir, et j’ai bien aimé son mouvement très doux. La fragilité de la monture provoque par contre des tremblements dans l’image au moindre contact avec le boulon de mise au point. L’optique du télescope m’a impressionné par sa qualité pour un instrument de ce prix. Les images des planètes Saturne et Vénus sont très claires et nettes, de même que celles des étoiles doubles. Il ne faut pas s’attendre à voir des galaxies très faibles avec un 90 mm, mais la focale de 1250 mm permet des grossissements intéressants. Sans être un expert en optique, j’ai l’impression que le miroir primaire vaut largement son prix. Par contre, les oculaires nous rappellent qu’on a affaire à un instrument d’entrée de gamme. Si le 25 mm m’a toujours donné de belles images, le 10 mm m’a déçu à bien des égards. Le remplaçant par un de mes oculaires personnels de meilleure qualité et de focale semblable, j’ai pu résoudre plusieurs étoiles dans l’amas globulaire M 13, ce qui pour moi est un bon test. La double-double, ε Lyr, est également très facilement séparée, avec des disques d’Airy bien visibles. Poussant le test un peu plus loin, j’y ai ensuite placé mon oculaire Orthoscopique de 4 mm… mais j’ai franchi là les limites de l’instrument jusqu’à l’absurde, et la mise au point s’est avérée impossible malgré le ciel très calme dont je profitais. Mais c’est sur la Lune que le petit Levenhuk démontre toute sa force. Comme le diamètre n’est pas trop important, un filtre gris neutre n’est pas nécessaire, et la longue focale permet de voir un grand nombre de cratères le long du terminateur. Il semble être fait pour l’astre lunaire, mais pour tirer profit de la belle optique, je recommande toutefois d’utiliser un oculaire de 7 ou 8 mm de qualité au lieu du médiocre 10 mm fourni. Le test d’étoile ne m’a révélé aucune trace d’astigmatisme, les cercles concentrique restant toujours bien ronds, bien que me semblant présenter un léger défaut d’aberration sphérique, peut-être normal pour un Maksutov. Un opticien d’expérience pourrait confirmer mes dires, mais je crois avoir devant moi un excellent petit miroir, comme le démontrent les belles images lunaires que j’ai mentionnées ci-dessus. Voilà donc un petit télescope fort recommandable pour le débutant voulant s’initier à l’observation des planètes et de la Lune dans un ciel urbain. Son prix très raisonnable et sa facilité d’utilisation en font un instrument qui gagnerait à être plus connu. LES ÉTOILES Très belle optique pour le prix Chercheur très pratique Aucune collimation nécessaire LES NUAGES Oculaire 10 mm médiocre Construction fragile JE RECOMMANDE Lune, planètes, étoiles doubles Remplacer les oculaires par de meilleurs entre 7 et 30 mm Suspendre un poids sous la monture pour abaisser le centre de gravité A Septembre–octobre 2013 www.astronomie-quebec.com 45



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