Astronomie Québec n°2-3 sep/oct 2013
Astronomie Québec n°2-3 sep/oct 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2-3 de sep/oct 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : HR 8799... première image d'un autre système planétaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Image 3 : Portion agrandie de l’image des Pléiades (Messier 45), par le Télescope Canada-France- Hawaii, au détecteur MegaCam, pour la Big Sky Astronomical Society (Vulcan, Alberta), prise en 2005. Gracieuseté Jean-Charles Cuillandre, Canada-France-Hawaii Telescope. Une image des Pléiades a été faite en 2005 au Télescope Canada–France–Hawaii (TCFH) situé sur le Mauna Kea à Hawaii, dans le cadre du concours « Une heure de temps d’imagerie au CF HT ». Le groupe d’astronomes amateurs gagnant de ce concours était la Big Sky Astronomical Society de Vulcan, en Alberta. Cette image est spectaculaire par sa profondeur optique : on peut y compter de nombreuses galaxies d’arrière-plan, visibles même à travers les nébuleuses de l’amas des Pléiades. Cette image est présentée sur les deux pages précédentes. L’image 3, ci-dessus, constitue un agrandissement de cette image des Pléiades. On peut voir en bas à gauche les étoiles Atlas et Pléione, et en bas à droite l’étoile Alcyone ; le centre de l’image est un peu au nord de celles-ci. D’un seul coup d’œil, on peut voir plusieurs galaxies dans cette région, dont quelques galaxies intéressantes juste à l’ouest d’Atlas et de Pléione, en bas à droite de celle-ci sur l’image. L’image complète haute résolution (pages précédentes) couvre l’ensemble des étoiles principales des Pléiades ; on y observe des galaxies sur toute l’étendue des Pléiades, et même quelques-unes à travers les nébuleuses denses de l’étoile Mérope ! On observe plus de galaxies sur les parties centre et nord de l’image complète et pleine grandeur, il faut l’agrandir (voir http://astronomiequebec.com/M45-CF HT.jpg ; 7000 × 4406 pixels) pour en détecter toute la quantité de galaxies et l’étendue des nébuleuses des Pléiades. Peut-être que certaines de ces galaxies sont détectables sur vos propres images CCD des Pléiades : j’ai cru en voir quelques-unes sur des images d’amateurs québécois ! Tournons maintenant notre attention vers l’amas d’étoiles des Hyades (Melotte 25) et l’étoile géante rouge Aldébaran qui est dans le même champ ; c’est un beau spectacle dans des jumelles. Il s’agit de l’amas d’étoiles le plus rapproché de nous, à une distance de 153 années-lumière. On estime qu’il contient quelque 400 étoiles, dont les plus intenses, visibles à l’œil nu, forment un grand V qui est la tête 40 Astronomie-Québec Septembre–octobre 2013
du Taureau et qui s’étend sur environ quatre degrés. L’étoile la plus lumineuse et rouge, Aldébaran, l’œil du Taureau, ne fait pas partie physiquement des Hyades ; elle se trouve à la moitié de leur distance. Aldébaran est une géante rouge en fin de vie située à 65 années-lumière, de magnitude 0,86 et de type spectral K5III, qui est au stade de la fusion de l’hélium. Son diamètre est d’environ 44 fois celui du Soleil. On peut voir sur l’image 1, les Hyades et l’étoile Aldébaran dans le bas au centre de l’image. Aldébaran a une compagne ; on ignore encore s’il s’agit d’une planète géante ou d’une étoile naine brune. Cet objet de faible magnitude, découvert seulement en 1997, orbite tout près d’Aldébaran à 1,35 au, ce qui le rend très difficile à détecter. Parlons maintenant des objets plus discrets du Taureau ; ceux qui ne s’observent pas à l’œil nu… L’un deux, très spectaculaire aujourd’hui, a eu un parcours remarqué ce dernier millénaire. Le matin du 4 juillet 1054, des observateurs chinois notent la présence d’une nouvelle étoile près de l’étoile Zêta du Taureau (ζ Tau) : il s’agissait d’une supernova, aujourd’hui désignée SN 1054. Cette observation fut aussi faite dans le monde arabe, et possiblement par des Indiens d’Amérique. Les astronomes chinois l’ont observée de juillet 1054 à avril 1056 — ils ont même pu l’observer en plein jour pour quelques semaines ! Les Indiens d’Amérique, dans le nord de l’Arizona, ont laissé des pictogrammes qui datent de cette époque sur lesquels on peut voir un croissant de Lune juste au-dessus (au nord) d’une étoile très lumineuse. Des simulations [4] indiquent que le matin du 5 juillet 1054, un croissant de Lune était à 2° au nord de la position actuelle de la nébuleuse du Crabe, Messier 1. Cette magnifique nébuleuse planétaire est maintenant associée à cette supernova de 1054 ; elle est la nébuleuse résiduelle, en expansion rapide, formée par l’explosion de cette étoile. Des images modernes à haute résolution montrent bien ces gaz très rapides qui se déplacent sur le ciel [4]. Regardez vos bonnes images de Messier 1, et comparezles avec les images de professionnels faites vers les années 1950 : c’est possible que vous puissiez détecter quelques changements dans la nébuleuse entre ces deux époques… Une image de Messier 1 prise par Denis Bergeron en 2009 montre plusieurs changements dans la position et la forme de la nébuleuse lorsque comparée avec une image du Digital Sky Survey 1 prise entre 1945 et 1958 (séquence ci-dessus à droite). Comme exemple, j’indique par deux flèches A et B, deux régions d’intérêt. En A, on remarque que la ligne de gaz lumineuse filiforme couvre l’étoile du champ sur l’image de Denis, alors que sur l’image du DSS1, cette structure se trouve plutôt au-dessus de l’étoile, et qu’elle est plus courbée vers le nord que sur l’image de Denis. En B, la coupure du bord sud-ouest de la nébuleuse couvre la petite étoile indiquée sur l’image de Denis, alors que sur l’image du DSS1, elle en est encore bien séparée. Amusez-vous avec ces deux images et d’autres : vous verrez plein d’autres différences dans la nébuleuse à chaque époque. Messier 1 est à 6300 années-lumière de nous, ces gaz ont une vélocité de 1500 km/s, et ils s’éloignent de l’étoile qui fut observée comme supernova en l’an 1054 ; le diamètre de la nébuleuse avoisine déjà 11 années-lumière ! Cet objet fascinant qu’est Messier 1 est aussi une importante source d’ondes radio (découverte en 1949), de rayonnement X (1963), et de rayons gamma (1967). L’origine de l’émission de brèves pulsations Image 4a : Messier 1 (NGC 1952), par Denis Bergeron, avec un Meade RCX de 30 cm (12″), en 2009. Image 4b : Agrandissement de l’image précédente. Image 4c : Autre image agrandie de Messier 1, extraite du Digital Sky Survey 1, entre 1945 et 1958 [8]. Septembre–octobre 2013 www.astronomie-quebec.com 41



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