Astronomie Québec n°2-3 sep/oct 2013
Astronomie Québec n°2-3 sep/oct 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2-3 de sep/oct 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : HR 8799... première image d'un autre système planétaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Le Allen Telescope Array à l’Observatoire radio de Hat Creek, en Californie. Photo : Seth Shostak/SETI Institute. qui est tout à fait remarquable. Pour les enquêtes étendues du ciel, notre instrument fait partie des télescopes les plus puissants de la planète. Nous remplaçons présentement les récepteurs de notre télescope, qui, une fois achevé, permettra d’accroitre notre capacité à rechercher des signaux SETI jusqu’à 100 fois. Cela signifie que si notre télescope actuel pourrait trouver ET en 1000 ans d’observation, notre nouveau télescope pourra trouver ET après seulement 10 ans d’observation. Déjà en 1963, Charles Townes a suggéré la possibilité de SETI optique. Des recherches SETI optiques ont été réalisées par Stuart Kinsley, Paul Horowitz (Harvard), et des collaborations entre Dan Wertheimer (UCB) et Frank Drake (SETI Institute), entre autres. Ces recherches utilisent de grands télescopes optiques avec plusieurs détecteurs pour rechercher des impulsions laser très courtes. La technologie humaine peut produire des impulsions qui éclipsent notre propre étoile pour de courtes périodes (nano- ou picosecondes). En utilisant plusieurs détecteurs (généralement trois) sur un ou plusieurs télescopes, il est possible de distinguer la lumière laser pulsée de la lumière stellaire, puisque les photons stellaires arrivent rarement en paquets de trois dans un court intervalle de temps. Seules les impulsions laser exciteraient les trois détecteurs à la fois. PN : SETI fait partie de la révolution dans l’analyse des données qui inspire le concept de science citoyenne, et est également pionnier du projet comme Grid au CERN. Comment ces changements affectent-ils le projet SETI lui-même ? Comment SETI évolue-il par rapport à l’utilisation du Web et l’analyse partagée des données ? GH : En utilisant l’ATA par exemple, notre réseau produit environ 1 To de données par seconde. Nous sommes incapables de capturer plus de quelques pour cent de ces données, donc la majeure partie de celles-ci est immédiatement perdue à jamais. Nous effectuons une analyse ultra-rapide des signaux sur ces données, à la recherche de trains d’ondes régulières (SETI conventionnel) avec environ 1 Hz de résolution. Ce type d’analyse des données peut être amélioré avec plus de traitement plus rapide. 22 Astronomie-Québec Septembre–octobre 2013
Avec une vitesse de traitement doublée, nous pouvons étendre notre système pour capter non seulement les signaux sinusoïdaux, mais aussi des signaux avec une structure répétitive. Avec une amélioration d’un facteur 10, nous pourrions rechercher des signaux radio pulsés de courte durée. Il y a littéralement un nombre infini de manières de transmettre un signal, donc nous avons encore un long chemin à parcourir. Nous étudions actuellement des méthodes d’apprentissage-machine automatique qui s’exécutent sur des superordinateurs à processeurs multiples. Ceci pourrait nous aider à étudier d’autres types de signaux d’une manière plus efficace, en nous concentrant sur les types de signaux qui apparaissent plus régulièrement que les autres. PN : Il y a des moments particuliers dans l’histoire de SETI. Par exemple, le signal Wow ! du 15 aout 1977. Avez-vous d’autres expériences de ce genre ces dernières années, et quels ont été les moments les plus étonnantes du projet SETI au cours de vos années avec l’Institut ? GH : Oh ! oui, le signal Wow ! fut une étape importante car il a attiré l’attention sur la possibilité très réelle qu’un signal ET puisse être « transitoire », ou pas permanent. Wow ! a été le premier de ces signaux à être noté et « célébré ». Avec nos détecteurs modernes, on trouve maintenant des signaux au moins aussi intéressants que Wow ! presque à tous les jours. Ce sont des signaux qui apparaissent pendant peu de temps dans notre télescope et passent tous nos tests jusqu’à un certain point. Et puis ces signaux disparaissent. C’est un peu frustrant. Sur des millions de signaux enregistrés, nous pouvons trouver 20 ces signaux en un jour. Il n’y a rien que nous puissions vraiment dire au sujet de ces événements ; ils sont intéressants, mais ils ne correspondent pas à nos critères d’un signal suffisamment persistant pour que nous puissions certifier provenir de l’espace (et pas seulement du bruit radio de la Terre). Alors nous haussons simplement les épaules et passons à autre chose, à la recherche d’un meilleur candidat. PN : SETI@home fut le premier vrai projet de science citoyenne, et il fut un modèle pour d’autres projets similaires. Au début, beaucoup de personnes ont joint ce projet. Combien de personnes participent à ce projet présentement, et quelle est la tendance de cette participation ? GH : SETI@home est un projet développé et géré par nos amis, collaborateurs, et parfois concurrents de l’Université de Californie à Berkeley. Ce que l’UCB fait est un peu différent de ce que nous faisons à l’Institut SETI, mais il n’y a pas de doute que l’UCB est un leader mondial dans la recherche SETI. Je crois que SETI@home est toujours bien vivant, et croit continuellement grâce à l’introduction de « astropulse », qui est la recherche automatisée de signaux pulsés. Vous pourrez vérifier avec l’UCB (par exemple, Dan Wertheimer) pour plus de détails. PN : Ces dernières années et surtout depuis le début de la mission Kepler, les exoplanètes sont devenues l’un des sujets les plus chauds en astronomie. Nous trouvons beaucoup d’entre elles et, surtout, nous en nous avons une meilleure idée de là où elles sont. Est-ce que la découverte d’exoplanètes a une influence sur le projet SETI, et comment ? GH : La découverte que presque chaque étoile a un système planétaire est une grande justification de 31 14 3 4 4 1I I 1 la recherche SETI. Dans le passé, SETI a été critiqué par les scientifiques qui croyaient que les systèmes planétaires étaient rares, et que notre recherche était sans espoir. Maintenant, nous savons que les planètes sont partout, et cela nous donne une plus grande source d’inspiration pour continuer notre travail. N’oubliez pas que nous en sommes encore aux débuts d’une recherche approfondie de signaux ET, et qu’on pourrait attendre des années, des décennies, voire même des siècles, avant de découvrir le premier signal ET. Quelle que soit la réponse sur la vie extraterrestre, elle sera très intéressante pour les biologistes, les philosophes, et à peu près chaque personne sur terre. 1 4 I 1 1] 31 12 1 21 2 1 3 111 11I 1 113 2 11 J.]. 1 11 11 -111 1 2 11 1 Le signal Wow ! Crédit : The Ohio State University Radio Observatory and the North American AstroPhysical Observatory (NAAPO). Voir aussi http://www.bigear.org/Wow30th/wow30th.htm PN : Vous avez récemment terminé la première recherche SETI directe sur les données de Kepler. Avez-vous un plan pour poursuivre une telle recherche spécifique et ciblée du côté des exoplanètes dans le futur ? GH : Notre recherche dans le champ imagé par Kepler continue, ainsi que notre recherche d’autres exoplanètes. Un avantage est que si nous trouvons un signal ET, nous saurons déjà quelque chose sur l’endroit d’où le signal provient. Septembre–octobre 2013 astronomie-quebec.com 23



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