Astronomie Québec n°2-3 sep/oct 2013
Astronomie Québec n°2-3 sep/oct 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2-3 de sep/oct 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : HR 8799... première image d'un autre système planétaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Entrevue Gerry Harp Directeur Centre de recherche SETI « Le dernier homme sur Terre était assis seul dans une pièce. On frappa à la porte… » Il s’agit d’une très courte histoire de Fredric Brown (1906–1972), et l’une des plus effrayantes histoires de tous les temps. Il pourrait s’agir d’une situation très redoutable, mais c’est peut-être une métaphore de la relation de notre propre espèce — le seul type de créature du monde connu qui ait atteint un certain niveau de soi-disant intelligence — avec le reste du monde. Photo : Seth Shostak/SETI Institute Photo : G. Boutin 1 par Pouria Nazemi Jusqu’à présent, nous n’avons pas trouvé de preuve de l’existence de vie — et encore moins de vie intelligente — ailleurs que sur notre planète-mère, la Terre. Mais qu’est-ce que cela signifie ? Sommesnous seuls ? La Terre est-elle le seul endroit dans tout l’Univers qui ait protégé les semences de la vie, l’a laissé croitre, et a permis à l’intelligence d’apparaitre suite au processus d’évolution ? Si la réponse est oui, alors pourquoi ? Et si la réponse est non, où sont donc les autres ? Notre situation comme humains modernes est semblable à celle du dernier homme sur Terre dans la courte histoire ci-dessus. Mais il y a aussi quelques différences. Dès le début, nous nous sommes considérés comme une espèce solitaire et unique. Nous sommes beaucoup comme un enfant qui grandit seul dans une ville énorme mais abandonnée. Pendant très longtemps, nous avons cru que nous sommes seuls, et n’avons pas laissé d’autre pensée traverser notre esprit. Après un moment, l’espoir est toutefois apparu. Nous avons commencé à regarder autour, vérifié les autres maisons, et même allumé un feu et envoyé de la fumée vers le ciel dans l’espoir que peut-être quelqu’un puisse la voir. Ensuite, nous avons commencé à écouter tous les bruits à la recherche d’un bruit de pas. Nous nous sommes dit que la Terre est beaucoup plus grande que notre ville, et même s’il n’y a plus personne dans notre ville, il est possible que nous trouvions quelqu’un d’autre dans d’autres villes ou un autre pays. C’est là où nous en sommes aujourd’hui. Avec plus de connaissances et de grands espoirs, nous continuons de scruter l’Univers à la recherche de quelqu’un d’autre. Une autre civilisation et une autre forme d’intelligence. Dans le monde réel, le SETI Institute (Search for Extraterrestrial Intelligence) est l’un des chefs de file pour la gestion et l’opération d’une telle recherche. Le travail de cette organisation peut ressembler à de la science-fiction, mais il est tout à fait scientifique. 20 Astronomie-Québec Septembre–octobre 2013
J’ai parlé avec le Dr Gerry Harp du SETI Institute à propos des programmes actuels et futurs de SETI. Avant de lire cette interview, laissez-moi revenir à cette histoire courte. Pensons à deux scénarios possibles d’une recherche d’autres personnes ou d’une autre créature vivante et intelligente ailleurs dans l’Univers : il est possible que nous trouvions finalement qu’une sorte d’ET intelligent existe ailleurs et nous ne sommes pas seuls après tout, et que la vie et l’intelligence soient choses communes dans l’Univers ; ou il est possible que nous découvrions que nous sommes vraiment seuls et il n’y a personne autre. Quel scénario serait le plus terrifiant ? Pouria Nazemi : Dans le cadre du projet SETI, on recherche des signes d’intelligence extraterrestre en scrutant le ciel pour détecter des signaux radio artificiels. Pouvez-vous donner à nos lecteurs un aperçu technique de cette vaste recherche ? Quel genre de signaux radio cherche-t-on ? Pourquoi avoir choisi ces longueurs d’onde particulières ? Dr Gerry Harp : Dans l’espace, les radiations électromagnétiques (lumière, ondes radio, etc.) voyagent toutes à une vitesse proche de celle de la lumière, qui est la méthode la plus rapide que l’on connaisse pour transférer de l’information. En outre, l’espace entre les étoiles est presque vide, donc un signal EM peut parcourir de grandes distances à travers la Galaxie sans être observé. Nous avons d’excellents détecteurs de radiations électromagnétiques de toutes sortes, des télescopes radios aux télescopes en lumière visible. Le principal blocage entre la terre et la Galaxie est notre atmosphère. L’atmosphère absorbe fortement (presque) tout le rayonnement EM à partir d’environ 10 GHz (3 cm de longueur d’onde) jusqu’à 300 THz (1 micromètre) — voir image ci-dessous. Pour cette raison, presque toutes les mesures SETI sont faites dans les fréquences radio ou optiques. Ces deux régions « valent la peine de regarder ». Les impulsions optiques voyagent sans distorsion dans l’espace entre les étoiles, alors nous les recherchons. Pour que les observateurs de SETI puissent voir ces impulsions, il doit y avoir un laser extrêmement puissant au site de transmission. Dans le domaine radio, les impulsions sont déformées par une petite quantité de gaz ionisé entre les étoiles. Au lieu d’impulsions, nous recherchons donc généralement des signaux qui utilisent uniquement une plage de fréquences étroite. Ces signaux sont faciles à produire, bien que vous ayez encore besoin d’un puissant émetteur pour qu’elles puissent être détectées de très loin. Pour résumer, dans l’optique nous recherchons des impulsions de courte durée à large fréquence, et en radio, c’est tout le contraire : nous recherchons des ondes de longue durée à fréquences étroites. PN : Depuis les débuts du projet, SETI utilise de nombreux instruments à la fine pointe de la technologie pour écouter le ciel, et de nombreuses techniques d’avant-garde pour analyser les signaux reçus. Pouvez-vous nous donner un aperçu de ces instruments et de ces méthodes, et nous expliquer les principaux objectifs présents du projet du point de vue des instruments et des techniques ? GH : Dans le domaine radio, SETI se fait traditionnellement avec de grands instruments à parabole unique comme Parkes, le télescope de Green Bank, et Arecibo. L’idée est simple : il suffit de pointer dans une direction et d’observer les signaux que vous voyez. À l’Institut SETI, nous sommes les pionniers de l’utilisation d’interféromètres radio pour faire SETI. Notre interféromètre radio (Allen Telescope Array ou ATA) a un grand nombre (42) de petites paraboles (mesurant chacune 6 m de diamètre). Avec cet instrument, nous pouvons regarder dans 1250 directions différentes en même temps, ce Transmission des ondes électromagnétiques de l’espace au sol. Opacité atmosphérique 100% 50% Les rayons gamma, les rayonsX, et les ultraviolets sont bloqués par la haute atmosphère (et donc mieux observés de l’espace). La lumière visible est observable depuis la Terre, avec quelque distortion atmosphérique. La majeure partie du spectre infrarouge est absorbée par les gaz atmosphériques (et est donc mieux observée de l’espace). Les ondes radio sont observable depuis la Terre. Les longues ondes radio sont bloquées. 0% 0,1 nm 1 nm 10 nm 100 nm 1 µm 10 µm 100 µm 1 mm 1 cm 10 cm 1 m 10 m 100 m 1 km Longueur d’onde Septembre–octobre 2013 astronomie-quebec.com 21



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