Astronomie Québec n°2-3 sep/oct 2013
Astronomie Québec n°2-3 sep/oct 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2-3 de sep/oct 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : HR 8799... première image d'un autre système planétaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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De près ou de loin Après la Terre, la Lune est surement l’astre le plus unique du système solaire. Bien qu’elle ne soit que le cinquième plus grand satellite de notre domaine planétaire, c’est l’importance relative de sa masse par rapport à celle de la Terre qui fait son originalité. La Terre et la Lune orbitent en fait autour d’un barycentre (centre de gravité) situé à l’intérieur de la Terre, à environ 4 700 km du centre de cette dernière (le rayon de la Terre est de 6 378 km). Le couple Terre–Lune est parfois considéré comme une planète double plutôt qu’un système planète–satellite. Le couple Pluton– Charron est le seul autre exemple du système solaire qui soit semblable. Ensuite, outre Phobos et Deimos (les deux petits satellites naturels de Mars), la Lune est le seul satellite planétaire entre le Soleil et Jupiter. Enfin, il semble que sans la Lune, il n’y aurait pas d’humains sur Terre… Le fait est que la Lune stabilise l’axe de rotation de la Terre en maintenant son inclinaison (obliquité) entre 22° et 24,5°. Mars, qui n’a pas de satellite important, a une inclinaison très variable à longue période, et nous fournit un bon exemple de ce qui arriverait au climat de la Terre si la Lune était absente… à plus de 89% au cours des trois derniers milliards d’années (selon l’article de Wikipédia sur Mars). Présentement, l’obliquité de Mars est de 25,2°, mais par le passé, chaque fois que l’axe de rotation était incliné de 60°, le climat martien passait par des périodes extrêmes. Les pôles nord et sud se retrouvaient exposés alternativement aux rayons du Soleil pendant six mois à tous les deux ans, soit la période qui correspond aux saisons de Mars. Ainsi, pendant qu’un hémisphère était sous la lumière et qu’il se faisait chauffer continuellement, l’autre hémisphère restait dans une obscurité totale et dans le froid. Sous l’action du chaud et du froid, les masses de glace migraient d’un hémisphère à l’autre… La glace s’accumulait même à l’équateur, car pendant que les pôles étaient exposés au Soleil, à l’équateur les rayons touchaient le sol selon un angle très serré et presque parallèle au sol, créant des conditions propices à l’accumulation de la glace. Assurément, ces périodes de forte obliquité pouvaient durer pendant des centaines de milliers d’années, et elles revenaient de façon chaotique. Photo : Chantal Leduc par Robert Giguère Plusieurs masses de glace martiennes ont été identifiées comme s’étant formées sous l’influence d’un climat affecté par des changements d’obliquité de Mars. Notamment, la calotte polaire martienne montre un empilement de couches de glace séparées par des couches de poussière, qui témoignerait d’anciennes périodes climatiques intenses qui auraient alterné entre le chaud et le froid. Il a donc été possible de reproduire le climat chaotique de Mars pour les dix derniers millions d’années. Audelà de cette période, des simulations numériques faites par une équipe européenne évaluent à 63% la probabilité que l’obliquité de Mars ait atteint au moins 60° au cours du dernier milliard d’années, et On peut imaginer la violence des climats sur Terre si son axe de rotation pouvait s’incliner de façon aussi extrême. Ici, dans notre hémisphère, à notre latitude, avec seulement une obliquité de 23,4°, deux mois suffisent pour faire fondre toute la neige accumulée pendant l’hiver. Ensuite commence un été que l’on veut long et chaud. Imaginez plutôt un été sans nuit qui durerait trois mois ; la course du Soleil dans le ciel se résumerait à un cercle qui jamais ne toucherait l’horizon. Sous la chaleur constante, toutes les masses d’eau se vaporiseraient. Elles migreraient en neige vers le froid obscur de l’hémisphère sud. Des ouragans soulèveraient les mers, des tempêtes de neige souffleraient dans la zone équatoriale, et 18 Astronomie-Québec Septembre–octobre 2013
pendant que l’hémisphère sud se recouvrirait de glace, l’autre serait torride et désertique. Comme si cela n’était pas assez, le cycle s’inverserait l’année suivante… Parmi les espèces animales que l’on connait, incluant celles du passé que l’on considère comme des précurseurs de l’humanité, aucune ne pourrait survivre dans de pareilles conditions. Possiblement, la planète serait incapable de mener à terme l’évolution des espèces. En effet, les plantes sont à la base de la chaine alimentaire ; or, les plantes ne peuvent pas survivre dans des conditions sèches et désertiques, pas plus qu’elles ne peuvent pousser sur la glace. Ainsi, tout ce qui pourrait se construire pendant les périodes calmes, c’est-à-dire pendant les périodes de faible obliquité, serait irrémédiablement détruit pendant les périodes orageuses de forte obliquité. Il se pourrait même que la vie sur Terre aurait été incapable de dépasser le niveau des bactéries… Une coupe de la calotte polaire de Mars. Sur une épaisseur deux kilomètres, on retrouve des couches de glace entrecoupées par des couches de sable. Crédit : NASA/Caltech/JPL/MRO et équipe SHARAD. La présence d’une lune de taille importante serait donc un critère obligatoire pour permettre à une planète terrestre d’engendrer une vie comme la nôtre. Remercions le hasard cosmique d’avoir donné une importante Lune à la Terre ! AQ, Ice Surface Septembre–octobre 2013 www.astronomie-quebec.com 19



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