Astronomie Québec n°2-2 jui/aoû 2013
Astronomie Québec n°2-2 jui/aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2-2 de jui/aoû 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : des aurores gratte-ciel.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 40 - 41  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
40 41
Testé sur des astronomes amateurs Spectroscope pédagogique de Shelyak Instruments Photo : D. Quenneville par Pierre Paquette Connaitre la composition des étoiles était presque impensable il n’y a que deux siècles. Joseph von Fraunhofer inventa le spectroscope en 1814, sans trop comprendre les lignes noires du spectre solaire — les raies de Fraunhofer. Près d’un demi-siècle plus tard, en 1859, Gustav Robert Kirchhoff et Robert Wilhelm Eberhard Bunsen démontrèrent qu’elles étaient dues à l’absorption dans l’atmosphère de notre étoile. Il est, soit dit en passant, étrange de constater que William Hyde Wollaston, en 1802, avait déjà remarqué une similitude entre le spectre solaire et celui d’une flamme de chandelle, mais n’avait pas fait de rapprochement… Indépendamment l’un de l’autre, dans les années 1870, Pietro Angelo Secchi et Henry Draper examinèrent les spectres de milliers d’étoiles, éventuellement catégorisés par Edward Charles Pickering — avec l’aide d’une bande de femme « ordinateurs » dont Williamina Fleming, Annie Jump Cannon et Antonia Maury. Ces travaux ont été menés surtout à l’Université Harvard, mais la spectroscopie est maintenant plus « démocratique » : ainsi, Shelyak Instruments a comme slogan, sur la page d’accueil de son site Web, « La spectrographie accessible à tous ». Le « spectroscope pédagogique » de Shelyak est fait de métal et de plastique. C’est un appareil robuste, manifestement conçu pour être manipulé souvent. Il est livré dans une boite en plastique rigide qui le protège très bien. Un petit bout de papier explique, en un paragraphe, l’entretien de la fente du spectroscope. Curieusement, tout est en anglais, bien que Shelyak soit une entreprise basée en France, mais l’instrument est fabriqué au Royaume-Uni par Paton Hawksley, ce qui explique partiellement cette dichotomie linguistique. À quoi sert un tel instrument ? Son diamètre d’environ 25 mm (1″) est trop faible pour l’insérer dans un porte-oculaire conventionnel (31,75 mm/40 Astronomie-Québec Juillet–aout 2013
1¼″), mais il est toutefois trop grand — si légèrement, ce qui est d’autant plus frustrant ! — pour les porteoculaire de 24,5 mm (0,965″) des instruments de bas de gamme. Il est toutefois concevable qu’une personne puisse bricoler un adaptateur permettant de l’installer sur un télescope ou une lunette. Mes observations se sont donc limitées à du « tel quel », sans adjoindre d’instrument optique au spectroscope. Il faut dire qu’avec la mauvaise météo qu’on a depuis quelque temps, la tentation ne fut pas grande ! À une extrémité de l’instrument, un épais anneau de plastique et un autre, mince, de métal protègent la fente du spectroscope, percée dans le métal. À l’intérieur, près de l’autre extrémité, on devine un prisme de verre, même si le site Web et l’étiquette parlent d’un réseau (de 600 lignes au millimètre) ; on suppose que les deux sont utilisés… Un petit bout de verre, probablement plat, protège le prisme de l’œil et ses sécrétions organiques. De l’œil ou de l’appareil photo, puisque ce n’est certainement pas mon œil qui a pris les images qui accompagnent cet article ! Toutefois, la photographie est difficile avec cet appareil. J’ai pris quelques images avec un iPhone 4, mais cela devient rapidement trop brillant pour le capteur. Le Soleil ? On oublie ça, de toute évidence… Même le ciel, dégagé ou nuageux, donne une image surexposée. Avec un Canon PowerShot SD960 IS (12,1 MP), on a l’avantage de pouvoir ajuster la pose, malgré que cela ne nous permette quand même pas de photographier le spectre solaire directement. Qu’à cela ne tienne, la lumière de notre étoile est accessible d’autres façons, et c’est en photographiant la couverture nuageuse que j’en ai obtenu un spectre ! Avoir été en hiver, la neige aurait peut-être été une autre possibilité, mais je suspecte qu’elle aurait aussi donné une image très brillante, peut-être trop pour la PowerShot. Pourquoi ne pas utiliser un autre appareil photo, me demanderez-vous ? J’ai aussi une Canon Rebel XT, mais mes objectifs ont tous des diamètres trop grands pour le spectroscope ; il passe en effet tellement de lumière autour qu’on en perd le spectre que l’on désire photographier. En l’absence d’adaptateur convenable, j’ai dû tenir les composantes à la main — le spectroscope, un adaptateur pour photographie au foyer primaire placé devant l’objectif, et l’appareil photo. Pas de tout repos ! Un trépied aide un peu, mais pas énormément. En conclusion, je dirais que l’appareil est idéal pour s’initier à la spectroscopie. On y voit très bien les raies sombres d’absorption du Soleil (je n’ai pas essayé de photographier des spectres stellaires, faute d’adaptateur toujours) ou de sources comme des lampes ou des écrans. Comme le spectre obtenu n’est pas très étendu, la valeur scientifique est minime, mais d’un autre côté, les détecteurs photographiques ne font pas des décimètres de long non plus ! N’empêche, il serait alors possible de produire un panorama montrant le spectre complet, comme le font probablement d’autres spectroscopes plus performants. Un « must » pour l’astronome amateur ? Pas vraiment, surtout considérant le prix de l’appareil. Toutefois, compte tenu de sa fabrication solide, il est idéal pour une institution d’enseignement ou une personne qui donne des conférences régulières dans les écoles ou auprès du public. Page précédente : spectre du ciel nuageux. Ci-dessus : spectres de deux images d’un écran télé LCD et spectre d’un écran d’ordinateur portable Acer. On voit bien que chaque écran est basé sur trois sortes de pixels : rouge-vert-bleu. Les instruments « testés sur des astronomes amateurs » sont prêtés par Canadian Telescopes. http://telescopescanadiens.com Toutes les images sont de l’auteur. Juillet–aout 2013 astronomie-quebec.com 41



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :