Astronomie Québec n°2-1 mai/jun 2013
Astronomie Québec n°2-1 mai/jun 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2-1 de mai/jun 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... imagerie urbaine.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Huit mois après son atterrissage dans le cratère Gale, après avoir parcouru seulement 500m, Curiosity trouve les preuves d’anciennes conditions habitables sur Mars. Selon Michael Meyer, scientifique en chef du programme d’exploration de Mars, « une question fondamentale pour cette mission était de savoir si Mars pouvait déjà avoir supporté un environnement habitable. De ce que nous savons à présent, la réponse est oui. » Depuis l’arrivée de Curiosity à Yellowknife Bay, un monde riche en histoire géologique s’est ouvert aux scientifiques de la mission. Cette baie est l’une parmi plusieurs qui font la terminaison d’une rivière qui a coulé jadis dans le cratère Gale depuis la couronne nord. La baie de Yellowknife s’étend sur une quarantaine de mètres, et elle est creusée dans une pierre dont l’épaisseur fait environ 30 cm (12″). L’étude des roches de cet endroit a permis de déterminer la nature de l’eau qui s’est déversée dans la baie. Au mois de février 2013, Curiosity procédait à un forage (le premier de la mission) de l’unité Sheepbed qui fait le fond de la baie et sur laquelle le véhicule roule. L’échantillon a été porté dans une petite pelle ; ensuite, la poudre a été passée dans un tamis ; puis, une portion — pas plus grosse que la moitié d’une aspirine — a été versée dans les deux laboratoires internes de Curiosity. Mais alors que l’on s’apprêtait à recevoir les résultats de l’analyse, un problème de logiciel s’est manifesté, obligeant les opérateurs 1 à recourir à des mesures d’urgence. Curiosity possède heureusement deux ordinateurs séparés dont l’un est la copie de l’autre. On a donc passé de l’ordinateur A à l’ordinateur B, ce qui a permis d’envoyer immédiatement les résultats de l’analyse. Pendant que les scientifiques révélaient au public ces résultats, les ingénieurs continuaient leur travail de maintenance et parvenaient à résoudre le problème de logiciel. En faveur de ceux qui croient que Mars a déjà été habitée par des microorganismes, il s’avère que la couche Sheepbed a été déposée dans une eau très peu saline, presque douce ; une eau propice au développement de microorganismes. Mais retournons un peu en arrière pour mieux comprendre… Depuis le parcours d’Opportunity dans Meridiani Planum, les
scientifiques ont appris que Mars avait connu une époque où de l’eau — acide, sulfureuse et fortement oxydée — inondait les plaines et les cratères. Mais est-ce que des microorganismes auraient pu vivre dans une eau pareille ? La découverte sur Terre de bactéries capables de vivre dans des milieux extrêmes — comme les eaux sulfureuses du parc Yellowstone ou les eaux oxydées de la rivière Rio Tinto en Espagne — avait quand même ouvert les esprits pour envisager une telle possibilité. Sauf que les taux d’acidité et d’oxydation retrouvés dans les roches de Meridiani Planum étaient audelà des conditions que l’on croyait propices à la vie. La mission de Curiosity, cependant, redonne du souffle à ceux qui croient que la vie a déjà existé sur Mars. Les conditions trouvées par l’astromobile sont bien différentes de celles trouvées par par Robert Giguère Opportunity à Meridiani Planum. Selon Paul Mahaffy, un membre de l’équipe scientifique responsable du laboratoire SAM, « la gamme des ingrédients chimiques que nous avons identifiés dans l’échantillon est impressionnante ; elle suggère que la combinaison des sulfates et des sulfites [composés de souffre] aurait pu servir de ressources énergétiques pour de possibles microorga nismes. » Il faut dire qu’avant même que l’on procède à l’analyse des échantillons, on se doutait déjà de ce que l’on allait trouver. La poudre de roche ramenée à la surface par la foreuse était grise, ce qui indiquait une absence d’oxydation : la sédimentation de Sheepbed devait donc s’être faite à une époque où Mars n’était pas encore rouge… Mais pendant combien de temps cette époque a-telle duré ? C’est une question à laquelle les scientifiques pensent trouver réponse quand Curiosity commencera l’ascension des strates du mont Sharp… Pour le moment, le plan consiste à prélever un



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