Astronomie Québec n°2-1 mai/jun 2013
Astronomie Québec n°2-1 mai/jun 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2-1 de mai/jun 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... imagerie urbaine.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La chromosphère — Troisième partie avec Stéphane Lemon La chromosphère du Soleil comporte de nombreux phénomènes ; parmi eux, l’un des plus intéressants est bien entendu celui des protubérances. Celles-ci nous montrent bien les courbes des champs magnétiques qui se prolongent au-delà du disque solaire. Les protubérances sont des jets de gaz moins chauds mais plus denses que ceux de la couronne. Ces jets de gaz naissent près de la surface et peuvent s’étendre sur des centaines de milliers de kilomètres ; ils sont associés à l’activité magnétique du Soleil. Ces jets se forment dans la chromosphère et, toujours par les puissants champs magnétiques solaires, ils vont se développer dans la couronne sous forme d’arcs, de filaments, de plumes, et bien plus encore. Les protubérances sont sujettes, tout comme les taches solaires, à des minimums et des maximums puisqu’elles sont en partie le prolongement de l’activité magnétique des taches solaires. Elles ne dépassent que très rarement les latitudes de 55° nord et sud. Côté morphologique, on pourrait déterminer deux grandes catégories principales : certaines collent à la surface de la chromosphère sous forme de plumes ou d’arbres, et d’autres apparaissent détachées de la surface DANGER Ne jamais observer le soleil sans filtre solaire adéquat ! comme des flammes qui se soulèvent ou encore des spirales, ou simplement sous la forme de grands nuages (figure 1). Dans la première des deux principales catégories mentionnées plus haut, nous avons d’abord les protubérances qualifiées de quiescentes, qui prennent généralement une forme d’arche et peuvent subsister pendant plusieurs mois. Elles sont généralement associées à des régions actives de la chromosphère, elles-mêmes associées aux taches de la photosphère. Les protubérances de la deuxième catégorie, qualifiées d’éruptives, affichent des changements d’aspect importants et sont plutôt verticales ; elles évoluent rapidement en quelques minutes. En fin d’évolution, certaines protubérances éruptives deviennent quiescentes ou se transforment en Figure 1 : Une forme de protubérance solaire. Cette formation nous montre bien que ces structures émanant de la chromosphère sont détachées de la surface du Soleil, et qu’elles finiront par disparaitre dans la couronne solaire en se propageant dans l’espace. Crédit : NASA/STEREO. Figure 2 : Éjection de masse coronaire. Crédit : NASA/GSFC/SDO. 28 Astronomie-Québec Mai-juin 2013
éruption explosive. Ces dernières sont les plus violentes et les plus courtes ; elles sont des sources d’éjection de masse coronale (bien connues sous leur abréviation anglaise CME, pour coronal mass ejection). Des milliards de tonnes de matière sont alors projetées dans l’espace à des vitesses de plusieurs centaines de kilomètres par seconde (figure 2, page précédente). Ce type d’éruption apparait sous forme d’explosion à la surface du Soleil et éjecte dans l’espace de la matière dont la température atteint plusieurs millions de degrés. Elle est accompagné de flux magnétiques pouvant causer — lorsque l’éruption est dirigée vers la Terre et l’atteint — des perturbations dans les centrales électriques ainsi que dans les appareils électroniques comme les ordinateurs et les cellulaires… ou les satellites en orbite ! Ces éruptions sont aussi des sources responsables des aurores boréales. Ce genre de phénomène dure quelques minutes puis diminue progressivement en moins de quelques heures. L’énergie dégagée par ces éruptions peut équivaloir à plusieurs milliards de mégatonnes de TNT ! En 1969, Peter Völker définit un système de classification des protubérances fondé sur l’aspect morphologique [1]. Sa méthode, rapide et simple à utiliser, est divisée en trois groupes principaux, chacun d’eux étant subdivisé en quatre classes (tableau ci-dessus). De nos jours, il existe des méthodes de classification contenant des sous-types, des groupes, et des sousgroupes, permettant des classements plus complexes et raffinés, mais selon moi la méthode de Völker est un outil simple et rapide pour identifier bon nombre de protubérances. Suggestions de lecture Pour les photos http://sdo.gsfc.nasa.gov/(en anglais) HILBRECHT, Heinz, Klaus REINSCH, et Peter VÖLKER, sous la direction de Rainer BECK. Solar Astronomy Handbook, Willmann- Bell, 1995. ISBN 978‐0943396477 (en anglais) http://en.wikipedia.org/wiki/Solar_prominence (en anglais) http://fr.wikipedia.org/wiki/Protub%C3%A9rance_solaire (en français) http://www.cosmovisions.com/protuberance.htm http://www.astrosurf.com/luxorion/sysol-soleil-zurich4.htm Groupes S : Protubérance en forme de jet droit B : Protubérance en forme d’arche F : Protubérance en forme de nuages Classes A : Petite protubérance B : Grande protubérance C : Protubérance inhabituelle et étendue D : Protubérance détachée [1] Völker, Peter. « Visuelle Beobachtungeiner eruptiven Sonnenprotuberanz ». Vereinigung der Sternfreunde Nachrichtenblatt, Vol. 18, 1969, p.111 De haut en bas : Protubérance du groupe S et de classe D ; protubérance du groupe B et de classe B ; protubérance du groupe F et de classe D. Mai-juin 2013 www.astronomie-quebec.com 29



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