Astronomie Québec n°1-6 mar/avr 2013
Astronomie Québec n°1-6 mar/avr 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1-6 de mar/avr 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : l'astrométrie sur les images de caméra CCD.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Pendant ce temps-là, à Cape York… par Robert Giguère Le bord nord-ouest du cratère Endeavour sur Mars, et le Cap York. Image : NASA/JPL/University of Arizona Quand il est question d’exploration de la planète Mars, la sonde Mars Science Laboratory/Curiosity est devenue le nouveau centre d’attention des médias, sauf qu’Opportunity, qui lui a cédé la vedette, n’en continue pas moins de faire des découvertes étonnantes. Depuis son départ du cratère Victoria en 2008, la mission d’Opportunity a consisté à se rendre à Cape York, le rebord d’un cratère de 22 km de diamètre nommé Endeavour. Les petites roues d’Opportunity, grosses comme des assiettes, prirent 3 ans pour couvrir ces 23 km. But de son déplacement : trouver les traces d’argile qui avaient été détectées depuis l’orbite par Mars Reconnaissance Orbiter. Au mois d’octobre dernier, deux ans après son arrivée à Cape York, Opportunity criait enfin victoire ! La découverte d’argile à Cape York signifie que ce rebord de cratère a déjà baigné dans l’eau. Pas dans n’importe quelle eau, mais dans une eau douce que vous et moi pourrions boire… En effet, les conditions géologiques pour obtenir de l’argile exigent un sol volcanique qui a été altéré par une eau douce. C’est donc dire que dans un passé lointain, la pluie devait tomber sur Mars ; il devait y avoir des lacs, des mers et des rivières, un cycle de l’eau comme sur la Terre… et peutêtre même que la vie s’installait ! On ignore cependant si cet argile se trouvait déjà sur le terrain quand l’impact qui a creusé le cratère Endeavour s’est produit, ou bien si c’est vraiment le rebord du cratère qui a baigné dans l’eau douce. Une chose est certaine : le cratère Endeavour tel qu’il se présente, avec ses rebords au dos arrondi et la lave qui a presque tout rempli son intérieur, est un cratère qui date du Noachien. Cette période géologique, la plus ancienne de l’histoire de Mars, s’arrête il y a 3,7 milliards d’années. L’histoire de l’eau sur Mars, selon les scientifiques, se déroulerait en deux épisodes. Dans un premier temps, c’està-dire pendant le Noachien, les conditions de température et de pression atmosphérique étaient suffisantes pour permettre le cycle évaporation-condensation de l’eau. Mais ensuite, les conditions se sont gâtées. Mars a perdu une part importante de son atmosphère, et le froid s’est installé ; la pluie est devenue de la neige, et toutes les étendues d’eau se sont changées en glace. Mais là où le volcanisme persistait, La sonde Opportunity de la NASA. Image : NASA/JPL 4 Astronomie-Québec Mars-avril 2013
une eau acide, chargée de soufre, coulait et inondait les plaines cratérisées. C’est ainsi que dans ce deuxième épisode, une eau acide a remplacé l’eau douce. Si seulement on pouvait amener en laboratoire l’argile découvert par Opportunity, on pourrait déterminer l’âge véritable du cratère Endeavour et du même coup, on pourrait savoir combien de temps l’eau douce est restée sur Mars. Mais Opportunity a également trouvé une autre formation rocheuse qui ne cesse d’intriguer les scientifiques. Il s’agit d’une formation remplie de sphérules appelées concrétions. Opportunity avait déjà trouvé des concrétions d’hématite avant d’arriver à Cape York ; en fait, toute la croute qui recouvre la plaine de Meridiani Planum en est remplie. Mais là, il s’agit d’une nouvelle sorte de concrétions dont on ignore encore la composition minéralogique. Le mystère s’épaissit davantage quand on sait que la formation de concrétions exige une eau acide… Alors comment l’argile peut-il se retrouver si près de cette nouvelle formation ? Ci-dessus : La roche appelée Whitewater. Les écailles qui la recouvrent sont un indice qu’elle a été construite en plusieurs couches. Ci-dessous : La formation appelée Kirkwood. Cette formation rocheuse, trouvée à Cape York, contient des concrétions faites d’un minéral qui n’a pas encore été identifié. Ces concrétions ne mesurent que quelques millimètres, soit la même taille que les concrétions d’hématite rencontrées par Opportunity lors de son périple dans la plaine de Meridiani Planum. (À gauche : Gros plan. À droite : vue d’ensemble.) En bas : Concrétions d’hématite contenues dans la croute rocheuse qui recouvre Meridiani Planum. Cette découverte signifie que Meridiani Planum a déjà baigné dans une eau chargée de fer oxydé. La formation de concrétions d’hématite commence par des dépôts dans la porosité de la roche. Ensuite, par couches concentriques, les concrétions se mettent à grossir. Pour le moment, Opportunity continue d’explorer le sommet du Cape York. On tente de trouver des indices qui pourraient permettre de déterminer l’âge relatif entre l’argile et cette nouvelle formation rocheuse. Mars-avril 2013 www.astronomie-quebec.com 5



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