Astronomie Québec n°1-6 mar/avr 2013
Astronomie Québec n°1-6 mar/avr 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1-6 de mar/avr 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : l'astrométrie sur les images de caméra CCD.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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La chromosphère — Deuxième partie avec Stéphane Lemon Crédit : Solar Dynamics Observatory (SDO)/NASA La chromosphère solaire fait l’objet de divers phénomènes qui, il n’y a pas si longtemps, ne pouvaient être observés qu’avec des instruments spéciaux et couteux. Heureusement, le marché offre aujourd’hui des instruments à prix raisonnable qui isolent la bande Hα (hydrogène alpha), permettant ainsi l’observation et l’étude de la chromosphère. Avant ces nouveaux types d’instruments, seule la photosphère faisait l’objet d’observation. Rappelons-nous de Sir William Herschel qui, en 1801, avait observé la granulation sur la photosphère, et de Pierre Jules César Janssen qui, en 1896, estima la taille moyenne des granules aux environs de 1000 km. Vers 1930, Albrecht Unsöld met en évidence la nature convective des granules (image ci-contre). Nous pouvons voir ici, indiqués par les flèches, les mouvements de gaz ascendant (plus chaud) et les mouvements de gaz descendant (refroidi ou plus froid) ; tous ces mouvements se produisent à des vitesses variant de 3 à 5 km/s. De plus, les granules subissent des expansions et des rétractions de l’ordre de 2 km à chaque seconde. l'-'N 4r 1r n(-) La chromosphère présente aussi un phénomène de granulation, qui subit les mêmes influences de convection sous sa surface, mais à une échelle beaucoup plus grande (image ci-contre). On ne parle donc plus ici de granules, mais bien de super-granules, car la taille de ces cellules avoisine les 30 000 km, avec une durée de vie d’environ 2 jours. Il est à noter qu’il existe trois types de cellules granuleuses : la granulation, dont la taille est près de 1000 km, visible au niveau photosphère ; la mésogranulation, dont la taille varie entre 5 000 et 10 000 km ; et la super-granulation, avec une taille supérieure à 25 000 km, détectée en Hα sur la chromosphère. En résumé, la super-granulation de la chromosphère est le prolongement de la granulation des grains de riz de la photosphère. NE JAMAIS OBSERVER LE SOLEIL SANS FILTRE SOLAIRE ADÉQUAT ! L’image ci-dessus à gauche représente bien les différentes zones de convection dans la chromosphère (en orange) ; les boucles y sont plus grandes. Dans la photosphère (en jaune), les boucles sont plus petites et plus nombreuses. 36 Astronomie-Québec Mars-avril 2013
L’image ci-contre nous montre, à gauche, la chromosphère en Hα, avec les supergranules bien visibles. À droite, les couleurs indiquent l’effet Doppler, et cette image illustre bien les mouvements ascendants et descendants des cellules. On y détecte en rouge la signature des cellules qui replongent vers l’intérieur de la chromosphère, et en bleu celles qui remontent vers la surface. L’imagerie Doppler indique la vitesse radiale (v r) des cellules de convection, c’est-à-dire la composante de leur vitesse qui suit la ligne de visée de l’observateur. On indique les vitesses négatives (rapprochement) en bleu, et les vitesses positives (éloignement) en rouge. Notre étoile est entièrement couverte d’un autre phénomène, appelé spicule (image ci-dessous). Les spicules sont des jets de plasma (gaz ionisé) qui émergent à des vitesses pouvant atteindre les 100 km/s et sont éjectés sur des milliers de kilomètres à l’extérieur de l’atmosphère solaire. Les spicules ont un diamètre inférieur à 500 km, et leur durée de vie n’excède que rarement les dix minutes ; en tout temps, il y a près de 100 000 spicules présents sur le Soleil. Des observations précises ont montré que ces jets plasmatiques pouvaient atteindre des températures près du million de kelvins (10 6 K) et que les éjections faites par les spicules apportent de la matière dans la couronne solaire ; ils contribuent ainsi aux mécanismes d’échauffement de la couronne. Malgré ces observations, une question se pose : pourquoi la température grimpe-t-elle jusqu’à environ 2 millions de kelvins dans la couronne à mesure que l’on s’éloigne de la surface solaire ? Cela demeure une énigme de la physique solaire… Vitesse radiale « La vitesse radiale d’un objet est la composante de sa vitesse qui est mesurée dans la direction de la ligne de visée. La mesure de la vitesse radiale se fait de plusieurs façons et ce concept est utilisé dans de nombreux domaines dont la mesure par radar Doppler, les sonars, les échographies et en astronomie. » Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Vitesse_radiale Kelvin « Le kelvin (symbole K, du nom de William Thomson (Lord Kelvin)) est l’unité SI de température thermodynamique. Par convention, les noms d’unité sont des noms communs et s’écrivent en minuscule (« kelvin » et non « Kelvin »). » Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Kelvin Suggestions de lecture http://www.astro.umontreal.ca/paulchar/grps/supergran-f.html http://fr.wikipedia.org/wiki/Granulation_solaire http://www.nasa.gov/mission_pages/sdo/multimedia/gallery/spicules-20110106.html (en anglais) http://solarscience.msfc.nasa.gov/feature1.shtml#Supergranules (en anglais) Ci-dessous : Spicules de type II vues en ultraviolet. Crédit : NASA/GSFC, SDO, AIA Mars-avril 2013 www.astronomie-quebec.com 37



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