Astronomie Québec n°1-4 nov/déc 2012
Astronomie Québec n°1-4 nov/déc 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1-4 de nov/déc 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 34

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : l'observation des nébuleuses... encore plus noir que la nuit !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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grise en bordure de zone noire), et j’avais une lunette de 80 mm ƒ/5 avec un oculaire de 25 mm donnant un champ réel de 3½°. Mon premier objet fut le duo formé par Barnard 111 et Barnard 119a dans l’Écu de Sobieski, au nord et au nord-est de Messier 11. Voici un extrait de mes notes : « B 111 est immense (2° h[auteur] et presque autant de large), B 119a aussi très grande (diam. 1°). On dirait des manques d’étoiles dans le tissu de la Voie lactée. » Ceci n’est pas sans rappeler ce qu’a dit Sir William Herschel à sa sœur Caroline en voyant à l’oculaire une nébuleuse obscure : « Hier ist wahrhaftigein Loch im Himmel » (voici vraiment un trou dans le ciel). sud-ouest] de γ Sgr (Alnasl) à garder hors champ. Une tache mal lavée sur le tissu d’étoiles du ciel. » Quelques semaines plus tard, toujours avec le même instrument, j’étais cette fois à Saint-Calixte (environ 70 km au nord de Montréal ; zone orange), et j’ai pointé Barnard 114. Mes notes parlent d’un « « Poisson plat » autout de η Cyg. Difficile, « melotonnée », [mon collègue] confirme. Mieux quand on bouge l’appareil. » Cette dernière remarque est un truc pour mieux observer les objets de ciel profond en général : bouger ou agiter légèrement l’appareil est en effet reconnu comme aidant en position « quatre heures » par rapport à l’objet est l’idéal, mais je vous suggère plutôt d’expérimenter afin de trouver la meilleure solution pour vous. Aucun talent nécessaire Le dessin astronomique est très utile pour apprendre à mieux discerner les détails dans les objets observés. Avec un peu de pratique, on peut arriver à discerner certains détails qui nous auraient échappé quelques mois plus tôt. L’important pour un dessin de nébuleuse obscure est de placer correctement — et avec les bons rapports de brillance — les diverses étoiles du champ. On Hier ist wahrhaftigein Loch im Himmel. — Sir William Herschel (Voici vraiment un trou dans le ciel) Ma seconde nébuleuse obscure fut Barnard 304, qui « coupe net » le Petit nuage stellaire du Sagittaire, Messier 24. Vint plus tard le même soir Barnard 291, un « [s]egment plutôt droit, très étroit, [qui] ressort mieux — une coupure dans le ciel ». Le trio formé par Barnard 87, Barnard 292 et Barnard 300 passa ensuite à mon oculaire : « Tête de Perroquet 24 minutes de temps à l’[est] de M[essier] 6. Un manque dans le tissu de la Voie lactée », puis Barnard 305 : « [à l’est] des précédentes, plus grande mais moins définie ». Vint enfin Barnard 295, une « [g]rosse tache diffuse, presque ronde, [au à mieux voir les objets diffus faibles. Cela s’explique par le fait que notre vision de nuit a d’abord évolué pour détecter le mouvement des prédateurs potentiels dans l’obscurité, une question de survie à l’époque où nous habitions encore dans des cavernes ou dans la savane… Autre conséquence de l’évolution de l’œil : dans la quasi-obscurité, notre œil est plus sensible en périphérie du champ de vision. Il est donc utile de regarder à côté d’un objet pour mieux le voir — par exemple, le mettre au centre du champ de l’oculaire et regarder en périphérie, ou vice versa. Certaines personnes rapportent que de regarder veillera ensuite à reproduire aussi fidèlement que possible les divers niveaux de contraste de la nébuleuse brillante du fond, s’il y a lieu. Enfin, la densité de la nébuleuse obscure elle-même devra être bien reproduite. On peut représenter la nébuleuse obscure en noir sur le papier blanc, mais il faudra alors noircir tout l’espace autour des étoiles, ce qui peut être fastidieux. La meilleure solution sera donc de laisser en blanc la nébuleuse obscure et de représenter les étoiles comme des points noirs. Quand le dessin sera terminé, on pourra le numériser (scanner) et inverser les couleurs pour obtenir un rendu plus réaliste. 6 Astronomie-Québec Novembre-décembre 2012
Conseils de pro L’astronome amateur Mel Bartels — considéré par certains comme le « père du GoTo » — donne quelques trucs utiles sur sa page Web [7] par rapport à l’observation des nébuleuses obscures. Il indique que les nébuleuses obscures sont difficiles à observer et représentent de véritables tests de la transparence et de l’obscurité du ciel, de l’optique du télescope et de l’oculaire, et de l’expérience de l’observateur. Un télescope de grand diamètre est utile, mais jusqu’à une certaine limite, compte tenu de la grande taille de plusieurs nébuleuses obscures. Le meilleur choix selon Bartels est un télescope de 20 cm ƒ/4 avec un oculaire grossissant quelque 80× et ayant un champ réel de 2°, ou même mieux, un 30 cm ƒ/3 avec un oculaire à 100° de champ apparent fournissant le même champ réel de 2° mais un plus grand contraste perçu. Un ciel sombre équivaut à un télescope de diamètre double ou triple. Selon Bartels, un minimum de 21,4 sur le Sky Quality Meter est impératif ; 21,7 est « une joie absolue ». Image : Hunter Wilson Pour terminer… L’observation des nébuleuses obscures a ceci de commun avec l’observation de n’importe quel autre type d’objet céleste que plus on la pratique, plus on gagne d’expérience, et mieux on peut percevoir les détails et les subtilités de l’objet, et de profiter pleinement de son observation. Outre les objets figurant dans la liste ci-dessous, on peut consulter les catalogues de Barnard, de Lynds, de Feitzinger-Stüwe et de Dutra et Bica sur le site CielProfond.info, plus exactement aux adresses suivantes : http://cielprofond.info/Barnard http://cielprofond.info/Lynds http://cielprofond.info/FeSt http://cielprofond.info/DutraBica Bonnes observations ! Il faut bien adapter notre vue à l’obscurité ; 20 minutes sont suffisantes selon lui. Il recommande aussi d’utiliser un tissu opaque pour bloquer toute lumière ne venant pas de l’oculaire. Enfin, suffisamment de temps doit être alloué : au minimum, 20 min par objet. [7] http://www.bbastrodesigns.com/dneb/Observing%20Dark%20Nebulae.html Objet α 2000.0 δ 2000.0 Taille Opacité Notes Barnard 87 18 h 04.2 min −32° 30′ 4 « Tête de perroquet » Barnard 111 18 h 50.6 min −04° 57′ 120′ Région de 2° très structurée Barnard 114 18 h 53.2 min −06° 57′ 6′ Contient BD −7°4754 et BD −7° 4755 Barnard 119a 18 h 54.7 min −05° 11′ 30′ Irrégulière, étoiles dans NO, lignes SE Barnard 291 17 h 59.7 min −33° 54′ 5′ « Petite, ronde, noire » selon Barnard Barnard 292 18 h 00.6 min −03° 21′ 60′ « Irrégulière, brisée » selon Barnard Barnard 295 18 h 04.1 min −31° 10′ 50′ 4 « Pleine de détails riches » selon Barnard Barnard 300 18 h 07.0 min −32° 39′ 4 Environ 30′ à l’est de Barnard 87 Barnard 304 18 h 13.3 min −18° 43′ 30′ Allées obscures dans un nuage stellaire Barnard 305 18 h 14.6 min −31° 48′ 13′ Forme irrégulière Novembre-décembre 2012 www.astronomie-quebec.com 7



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