Astronomie Québec n°1-4 nov/déc 2012
Astronomie Québec n°1-4 nov/déc 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1-4 de nov/déc 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 34

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : l'observation des nébuleuses... encore plus noir que la nuit !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Y " 4 _,'I+^ }.1 r f'91 ! r + ti} L’image de la nébuleuse de la Tête de Cheval, dans Orion, a été vue par des millions de gens, mais beaucoup plus rares sont ceux et celles qui ont observé ledit objet au télescope, ou encore qui l’ont photographié. L’observation des nébuleuses obscures est un « sport » auquel s’adonnent peu d’astronomes amateurs, mais qui récompense grandement qui le pratique… Les nébuleuses obscures, des nuages de gaz et de poussières qui nous bloquent la vue des astres situés derrière, ne se laissent pas voir facilement ; comment voir ce qui est plus noir encore que la nuit elle-même ? La Tête de Cheval se laisse voir car elle masque une partie d’une nébuleuse brillante — d’ailleurs, les désignations des deux astres sont souvent confondues par les astronomes amateurs, qui désignent indifféremment la partie obscure « IC 434 », qui est en fait la partie brillante ; Barnard 33 (ou simplement B 33) est le bon numéro de catalogue pour la Tête de Cheval. Pour arriver à voir B 33, il faut d’abord voir IC 434 ! Cela demande notamment une obscurité assez poussée et une certaine puissance instrumentale. Les listes : Barnard… La première liste de nébuleuses obscures fut dressée par Edward Emerson Barnard en 1919 [1]. Il y mentionne notamment la nébuleuse obscure ρ Oph, que l’on voit ici en fond de pages. Barnard continua sa liste, mais ce n’est qu’après son décès que l’ouvrage fut complété [2], par sa nièce et assistante et leur patron. Cette nouvelle liste contient 349 entrées pour un total de 369 objets, dû au fait que certaines entrées ont un suffixe. [1] BARNARD, Edward Emerson. « On the dark markings of the sky, with a catalogue of 182 such objects ». Astronomical Journal, vol. 49, nº 1, janvier 1919, p.1–24. [2] BARNARD, Edward Emerson. A Photographic Atlas of Selected Regions of the Milky Way, complété par Mary R. Calvert & Edwin Brant Frost II. Chicago, Carnegie Institution of Washington, 1927, deux volumes, vi + 32 p./non paginé. …Lynds… Après la liste de Barnard, Beverly T. Lynds a publié en 1962 une liste beaucoup plus complète, contenant 1802 objets. Ceci résulte d’une couverture du ciel de +90° à −33° de déclinaison, grâce aux plaques photographiques du Palomar Sky Survey [3]. …le pas prononçable… Suite à la publication de Lynds, il ne restait que l’hémisphère sud à couvrir, ce qui fut fait par Johannes Viktor Feitzinger et Joachim A. Stüwe. Leur liste inclut 489 nuages (grands et diffus) et 331 globules (petits [3] LYNDS, Beverly T. « Catalogue of Dark Nebulae », Astrophysical Journal Supplement #64, vol. 7, nº 1 (mai 1962), p.1–52. 4 Astronomie-Québec Novembre-décembre 2012
Image : Hunter Wilson par Pierre Paquette Images : Hunter Wilson et compacts) [4] — à ne pas confondre toutefois avec les globules de Bok, de taille angulaire beaucoup plus petite. …et le complet D’autres catalogues de nébuleuses obscures furent publiés entretemps, mais l’œuvre conjointe de Carlos Maximiliano Dutra et Eduardo Bica est sans nul doute la meilleure référence [5]. L’étude de 21 catalogues leur a permis de dresser une liste de 5004 nuages de poussière ! Poussière ? En fait, quand on parle de « poussière », il faut être clair : rien à voir avec ce que l’on retrouve derrière les meubles ! [4] FEITZINGER, Johannes Viktor et Joachim A. STÜWE. « Catalogue of dark nebulae and globules for galactic longitudes 240 to 360 degrees », Astronomy and Astrophysics Supplement Series vol. 58, nº 2 (novembre 1984), p.365–369 [5] DUTRA, Carlos Maximiliano et Eduardo BICA. « A catalogue of dust clouds in the Galaxy », Astronomy and Astrophysics vol. 383, nº 2 (février 2002), p.631–635. La poussière interstellaire est en effet composée de grains extrêmement fins, si distants entre eux que la densité à l’intérieur d’une nébuleuse obscure est d’environ 200 molécules par centimètre cube, contre environ 1000 molécules par centimètre cube dans les meilleurs vides de laboratoire ! Côté température, on parle de 7 à 15 K environ, soit −267 °C à −258 °C. Ces poussières sont surtout composées de grains submicrométriques de silicates, recouverts de glaces de monoxyde de carbone ou d’azote — un mélange plutôt opaque, surtout lorsque épais de quelques dizaines d’annéeslumière. On y trouve aussi de l’hydrogène moléculaire, de l’hélium atomique, du C 18 O [6], du CS, du NH 3 (ammoniac), du H 2 CO (formaldéhyde), du c-C3H2 (cyclopropénylidène, hautement réactif) et du N 2 H + [6] Une variante de monoxyde de carbone dans laquelle l’oxygène a un total de 18 protons et neutrons plutôt que 16. (diazénylium), tous relativement transparents. Plus noir que la nuit Revenons donc à l’observation de ces objets. Répétons-le, on ne peut les voir que lorsqu’ils se démarquent sur un fond plus brillant, comme une nébuleuse ou une région riche en étoiles. Il est donc important de s’éloigner le plus possible de la pollution lumineuse, afin d’obtenir le ciel le plus noir possible et de voir les étoiles les plus faibles possibles. Plusieurs nébuleuses obscures sont aussi relativement étendues dans le ciel — la Tête de Cheval, par exemple, mesure 6′ × 4′ et ρ Oph quelques degrés ! Un instrument d’observation à grand champ est donc indispensable, et un grossissement relativement faible est de mise. Lorsque de mes premières observations de nébuleuses obscures, j’étais dans la Réserve faunique La Vérendrye (zone Novembre-décembre 2012 www.astronomie-quebec.com 5



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