Astronomie Québec n°1-4 nov/déc 2012
Astronomie Québec n°1-4 nov/déc 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1-4 de nov/déc 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 34

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : l'observation des nébuleuses... encore plus noir que la nuit !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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l’image, on voit à peine quelques nébulosités diffuses et pâles sur le ciel. Près de l’étoile, aucune trace non plus d’une quelconque activité tel un jet ou des chocs comme on en voit près de certaines étoiles jeunes. L’image 2b (à droite) a été obtenue à l’aide du filtre Hα et nous révèle bien des choses ! L’une des premières qui saute aux yeux est la présence d’une grande structure en forme de jet bien défini, qui s’étend à partir de l’étoile vers le sud-est sur le ciel. On y détecte bien le grand jet observé sur l’image 1b. En plus, on peut voir un grand choc en arc plus à l’est sur le jet. Tout près de l’étoile, mais du côté opposé (au nord-ouest), on peut détecter quelques traces de l’autre partie du jet ! Celle-ci a une morphologie différente : il s’agit de quelques nœuds lumineux de petites tailles bien alignés sur l’axe du jet. On observe qu’ils s’éloignent vers le nord-ouest. En ce qui a trait à l’image 3 cidessous, on a enlevé le continuum de l’image obtenue en filtre i_G0302 à l’image obtenue en filtre Ha_G0310, pour Image 3 : Résultat de la réduction du continuum sur l’image en Hα. Image extraite de l’article « A Jet Associated with the Classical T Tauri Star RY Tauri » par St-Onge et Bastien (2008). Image 4a, réalisée avec le filtre i_G0302. produire une image qui optimise la présence des sources qui émettent en hydrogène alpha. On constate alors l’ampleur du grand jet au sud-est en bas à gauche. Celui-ci est presque fermé sur lui même, en forme de bulle, à son extrémité la plus à l’est. On peut aussi détecter un choc secondaire plus près de la nébuleuse ! Comme vous pouvez le constater, peu d’étoiles sont visibles sur cette image qui contient peu de continuum. Puis tout près de l’étoile, principalement du côté nordouest de celle-ci, on peut détecter quelques nœuds lumineux sur l’image des longues poses en filtre hydrogène alpha (voir l’image 2b). Les images 4a et 4b (ci-dessus) sont des vues rapprochées (closeup) de l’étoile RY Tauri. Il s’agit d’images en bin 2, c’est-à-dire que les pixels des CCD sont utilisés en couple, plutôt qu’à l’unité. En binant les pixels, la sensibilité des détecteurs CCD est multipliée par le même rapport au carré (ici 2 2 = 4), ce qui est très avantageux. Sur ces images, on peut voir l’étalement de l’image Image 4b, réalisée avec le filtre Ha_G0310. de l’étoile sur le détecteur (point spread function ou PSF ; « fonction d’étalement du point », en français). Notre objectif était de faire disparaitre autant que possible cet étalement important tout près de l’étoile, car il nous cache les régions les plus près de l’étoile. On a donc effectué le même type de réductions que pour l’image 3 plus haut, mais on a aussi très soigneusement aligné les patrons des PSF de chaque image et de chaque filtre. Il a donc fallu effectuer une rotation d’une image par rapport à l’autre pour soustraire le plus possible les effets instrumentaux. C’est la technique d’imagerie différentielle angulaire, Om. i Image 5 : Cette image différentielle/radiale nous montre un premier résultat : des structures alignées lumineuses en Hα, qui entrent dans la PSF de l’étoile jusqu’au cœur de l’image de l’étoile. Sur l’image Hα non soustraite par rotation différentielle (4b), on peine à détecter quelques traces pâles des structures les plus éloignées de l’étoile. Cette image est donc comparativement très révélatrice. 26 Astronomie-Québec Novembre-décembre 2012
RY Tour ! C Jet x a 4 Ha2 hta2 Ha X Images 6a (à gauche) et 6b (à droite) : Plus d’une dizaine de nœuds sont découverts dans le jet grâce à ces images. développée par Christian Marois et ses collaborateurs, qui s’en sont servi pour réaliser la première image directe d’un système planétaire autour d’une autre étoile que le Soleil (HR 8799, distante d’environ 129 années-lumière, dans Pégase). Les résultats de nos soustractions sont les images 5 et 6a/6b (page précédente et ci-dessus). On a donc découvert plus d’une dizaine de nœuds détectés seulement sur les images en Hα. Nous estimons que certains avaient moins de 10 ans d’existence au moment où les images ont été faites. On les suit toujours, puisque des images ont été obtenues pour nous au même grand télescope Gemini-Nord à quelques reprises depuis. Ces images prises en 2005 ont permis de faire homologuer notre découverte : il s’agit du jet bipolaire Herbig-Haro 938. Nous avons aussi publié cette découverte dans la revue The Astrophysical Journal en 2008 [4]. [4] St-Onge, G. et P.Bastien. « A Jet Associated with the Classical T Tauri Star RY Tauri », The Astrophysical Journal Vol. 674, No. 2 (février 2008), p.1032–1036 http://adsabs.harvard. edu/abs/2008ApJ...674.1032S et Nous avons à l’époque fait des recherches dans les archives, dont celles du Télescope spatial Hubble (HST). Notre intérêt fut attiré par une image du HST datant du 3 aout 1998, faite avec les filtres F675W et F814W. Elle provient du HST Planned and Archived Exposures Catalog [5], et on peut y voir un objet compact lumineux sur la ligne du jet au nord-ouest de l’étoile. Cet objet n’est pas détecté sur aucune autre image précédente ou antérieure : on peut donc présumer qu’il s’agit du nœud le plus intense détecté sur les images Gemini de 2005, soit le nœud Ha2, qui se serait déplacé depuis 1998 jusqu’à la position mesurée en 2005. On a donc estimé le déplacement sur le ciel de cet objet entre ces deux périodes pour déterminer la vitesse tangentielle de l’objet, qui était de 165 km/s ; une vélocité tout à fait dans l’ordre de grandeur mesurée pour plusieurs autres jets près d’autres étoiles jeunes. Les images 7a et 7b (cicontre) montrent les positions respectives du nœud Ha2 sur l’image du HST et notre image. http://iopscience.iop.org/0004- 637X/674/2/1032/pdf/21551.web.pdf [5] http://heasarc.gsfc.nasa.gov/W3Browse/all/hstpaec.html Plusieurs travaux et analyses de ces données sont donc en marche, et vous en entendrez surement parler encore ! Image 7a : Position présumée du nœud Ha2 en 1998, par le Télescope spatial Hubble. Image 7b : Position observée du nœud Ha2 en 2005, avec Gemini-Nord. Novembre-décembre 2012 www.astronomie-quebec.com 27



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