Astronomie Québec n°1-3 sep/oct 2012
Astronomie Québec n°1-3 sep/oct 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1-3 de sep/oct 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : la providence... sommes-nous les seuls ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La Providence par Eddy Szczerbinski Sommes-nous seuls à en avoir profité ? La providence peut avoir un sens religieux, mais elle peut aussi avoir un sens lié au simple hasard. La question prend tout son sens quand on pense à l’astronomie et à la cosmologie, plus particulièrement en ce qui concerne la naissance et l’évolution de notre Univers. C’est un débat philosophique, voire même idéologique, qui fait rage et qui divise certains courants scientifiques. Sommes-nous les seuls à avoir profité de la providence ? Autrement dit, quelles sont les probabilités qu’il existe de la vie intelligente ailleurs — peu importe où — dans l’Univers ? Premièrement, mettons de l’avant quelques informations que nous avons concernant l’univers connu. En plus de la Voie lactée, notre Galaxie, nous en connaissons environ de 100 à 200 milliards d’autres. Nous savons aussi qu’une galaxie possède au moins 100 milliards d’étoiles ; cela représente donc une quantité « astronomique » d’étoiles pouvant abriter une planète compatible avec la vie. Il faut aussi compter que dans notre seule Galaxie, environ 10 nouvelles étoiles par année remplacent celles qui disparaissent. Les récentes découvertes réalisées, grâce entre autres aux satellites Hubble et Kepler, nous montrent que plusieurs étoiles ont un système planétaire semblable à celui du Soleil. Cette proportion est présentement estimée entre 50% et 90%. Parmi ces systèmes, il faut évaluer la proportion des planètes pouvant abriter la vie ; c’està-dire, ni trop proches de leur étoile (donc trop chaudes), ni trop loin (donc trop froides). Cependant, ce facteur d’éloignement devient de plus en plus discutable, car on découvre plusieurs formes de vie dites « extrémophiles » ; c’est-à-dire, vivant dans des conditions qu’on croyait trop 6 Astronomie-Québec Septembre-octobre 2012
difficiles pour la vie. Autrement dit, on se rend compte que la vie est beaucoup plus « forte », résistante et opportuniste qu’on le pensait ! Reste ensuite à deviner sur combien de ces planètes pourrait apparaitre la vie — nous savons que la vie apparait de façon très graduelle à partir de réactions chimiques toutes simples, mais sur des échelles de temps immensément longues. Il reste aussi à estimer combien de temps ces civilisations survivront, car on sait très bien qu’avec la technologie et le savoir, vient également la capacité de s’autodétruire. Justement, on constate que l’humanité aura de nombreux problèmes à assurer sa survie assez longtemps pour développer de meilleurs moyens de communication et de transport interstellaires… Les initiés auront vu ici que j’ai emprunté plusieurs des variables contenues dans la classique formule de Frank Drake. Cette formule est utilisée pour estimer le nombre de civilisations capables de communiquer avec nous dans la Voie lactée, notre Galaxie. Si le sujet de la vie extraterrestre « intelligente » vous intéresse, je vous invite à rechercher plus d’informations sur Drake et son équation. Si vous avez encore plus d’intérêt, informez-vous sur le paradoxe de Fermi qui est, en quelque sorte, l’opposé de l’équation de Drake. Si les extraterrestres existent, comment communiquer avec eux ? Les moyens actuellement utilisés pour tenter ce « contact » sont basés sur les ondes radio, ou électromagnétiques. Celles-ci peuvent voyager sur de grandes distances, même dans le vide de l’espace, et à la vitesse de la lumière. Et qu’est-ce qu’on leur dira ? Des phrases en anglais comme dans Star Trek ? Non. Il y a quelque chose de commun partout dans l’Univers : les mathématiques ! Par exemple, certains signaux envoyés dans l’espace représentaient des nombres premiers (2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, etc.). Ces nombres démontrent une certaine « intelligence » de la part de celui qui les envoie car ce sont des nombres qui ne se divisent que par 1 ou par eux-mêmes. Autrement dit, ça démontre que celui qui les envoie connait ses maths ! Si vous entendez 2 « bangs », puis 3, puis 5, puis 7, puis 11, puis 13, puis 17, et ainsi de suite, sous votre plancher, c’est peut-être qu’un extraterrestre se cache dans votre sous-sol ! Sérieusement, certains d’entre vous se souviendront de certains films marquants comme Rencontres du troisième type, 2001 : l’Odyssée de l’espace, E.T., ou plus récemment Contact. Ils font réfléchir, même si quelques éléments de ces films sont peu réalistes. Ils incluent habilement dans leur scénario des éléments qui existent véritablement. Le film Contact, mettant en vedette Jodie Foster, parle du projet SETI (pour Search for Extra- Terrestrial Intelligence) ainsi que de Jill Tarter, dont le personnage d’Ellie est inspiré. SETI est un projet de recherche de signaux intelligents provenant de l’espace. Nous savons que la plupart des signaux radio sortent de l’atmosphère pour voyager dans l’espace à la vitesse de la lumière. Par exemple, l’étoile Proxima du Centaure, la plus proche du Soleil, reçoit des téléromans depuis plusieurs années. S’il y a là des habitants dotés de téléviseurs et d’antennes, ils peuvent même écouter de vieilles émissions de Virginie ! Les habitants de la région de Procyon, s’il y en a, peuvent aussi voir l’attentat sur le World Trade Center « en direct » car les signaux télé émis en 2001 y sont maintenant rendus. On suppose donc que si des civilisations extraterrestres utilisent aussi des ondes radio, nous aussi pourrons capter leurs ondes, prouver que la vie extraterrestre existe, et avoir une idée où ceux qui ont émis ces signaux se trouvent. En fin de compte, si on considère le nombre incroyable de planètes pouvant exister et abriter la vie, on peut croire à la probabilité de vie extraterrestre « intelligente ». Cependant, la providence aura beau être généreuse, ces extraterrestres seraient peutêtre trop différents de nous pour simplement permettre un contact, aussi simple soit-il. Seulement ici sur la Terre, nous pouvons constater comment la vie peut revêtir des formes différentes : difficile donc d’imaginer ce que cela peut donner ailleurs dans le cosmos ! Septembre-octobre 2012 www.astronomie-quebec.com 7



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