Astronomie Québec n°1-3 sep/oct 2012
Astronomie Québec n°1-3 sep/oct 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1-3 de sep/oct 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : la providence... sommes-nous les seuls ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 26 - 27  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
26 27
Les beaux jours n’ont pas duré longtemps. Le prochain chapitre de l’exploration de Mars a été un échec total pour la NASA. Les sondes suivantes, Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander, faisant partie du programme Mars Surveyor’98, ont échoué. Ce furent des évènements tragiques pour le JPL. Après ces missions, la NASA a lancé un programme spécial martien au JPL (Mars Exploration Program) pour la gestion et la supervision de toutes les phases de toutes les missions vers Mars. En 2000, la NASA a nommé Dr Firouz Naderi, ancien directeur du programme Origins (1996–2000), à la direction du MEP. Depuis lors, toutes les missions lancées par le JPL ont réussi. Les plus importantes missions au cours de cette période furent l’orbiteur Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), l’orbiteur Mars Odyssey, les astromobiles jumeaux Spirit et Opportunity, de même que la sonde Phoenix. Spirit et Opportunity furent les premières sondes à trouver des preuves concrètes de l’existence passée d’eau liquide sur Mars ; Phoenix a trouvé de la glace d’eau au sol dans la région polaire de Mars ; et des images à haute résolution prises par MRO ont montré que sur les rebords de certains cratères sur Mars, une sorte de source d’eau temporaire gicle à la surface. Les sondes en orbite autour de Mars ont aussi renvoyé certaines données démontrant qu’il y a du méthane dans l’atmosphère de Mars ; ce pourrait être le sous-produit d’une activité biologique… « La stratégie de l’exploration de Mars a changé au sein du JPL » m’a indiqué Firouz Naderi, aujourd’hui directeur du Solar System Exploration Directorate au JPL. « Avant Spirit et Opportunity, nous cherchions des preuves de l’existence d’eau dans l’histoire de Mars et notre stratégie était de trouver de l’eau. Maintenant, nous sommes à la recherche de matière organique Firouz Naderi. Photo : NASA. et de preuves de l’existence de vie dans le passé et le présent de Mars », a-t-il ajouté. Pour trouver de telles preuves, la NASA a planifié l’envoi du robot le plus avancé sur Mars. Le programme a été lancé en 2004 et ne fut prêt à lancer que le 26 novembre 2011. Mars Science Laboratory est un robot très avancé avec 13 instruments scientifiques principaux, des dizaines de caméras, et de l’électricité fournie par un générateur thermoélectrique à radioisotopes. Il a couté environ 2,5 milliards de dollars américains et en raison de sa lourde masse, on a eu besoin de recourir à de nouvelles technologies pour le poser sur la planète rouge. « Nous ne pouvions pas utiliser la technologie des airbags. Dans le cas de Spirit et Opportunity, chacun d’eux avait une masse de moins de 200 kg, mais MSL pèse environ 1000 kg et les airbags sont inutiles », a déclaré Dara Sabahi. « Lorsque nous avons analysé la situation, notre équipe a conclu que nous devions atterrir directement sur les roues. Nous avons argué que ces roues sont conçues pour protéger l’astromobile dans les situations difficiles sur Mars, alors pourquoi ne pas les utiliser pour l’atterrissage ? Mais c’était un concept nouveau et nous n’avions aucune expérience dans ce domaine. Nous avons dû lutter pour ce concept et ce fut très difficile, surtout en raison des problèmes économiques 26 Astronomie-Québec Septembre-octobre 2012
et réductions de budget à la NASA ; nous devions poser cet astromobile en toute sécurité afin d’assurer le futur de l’exploration planétaire, et cette méthode était très risquée. Nous avons conçu un système complexe utilisant l’atmosphère de Mars pour réduire la vitesse, un très grand parachute, et une grue volante. » Une mission si complexe doit être planifiée très soigneusement et a lieu très loin de la Terre. En raison de la distance entre Mars et la Terre, les signaux de l’engin spatial mettaient 14 minutes pour arriver à la Terre, mais toute la séquence d’atterrissage n’a pris qu’environ 7 minutes. Aussi, le personnel de la salle de contrôle du JPL devaient être témoin de l’ensemble de la procédure d’atterrissage sans aucun pouvoir d’intervenir. Ils ont nommé cet épisode « Les 7 minutes de terreur ». Enfin, aux premières heures du lundi 6 aout (heure de l’Est ; il était environ 22:30 en Californie), MSL/Curiosity a atteint le voisinage immédiate de la planète Mars. À 125 km de la surface et à la vitesse folle de 21 000 km/h, Curiosity a amorcé sa séquence d’atterrissage. Dans la salle de contrôle du JPL, tout le monde était nerveux. C’était un pari risqué dont l’issue pouvait déterminer l’avenir de l’exploration de Mars. Enfin, le premier signal fut reçu, relayé par l’orbiteur Mars Odyssey. Sept minutes stressantes ont alors commencé, et quand le signal de confirmation arriva, confirmant que Curiosity avait atterri en toute sécurité sur la surface de Mars, on a pu voir et entendre dans la salle de contrôle des larmes de joies et des acclamations. Le succès saluait les 2,5 milliards de dollars, sept ans de planification et de construction, le travail de plus de 7 000 personnes, et la contribution de cinq pays. Curiosity a envoyé ses premières images quelques minutes à peine après s’être posé — des photos de contrôle, afin de confirmer que tout fonctionnait bien. Elles étaient aussi floues, à cause de la présence du protecteur antipoussières. Au cours des jours suivants, d’autres instruments Firouz Naderi. Photo : NASA. ont été activés et envoyé des données et des images colorées du cratère Gale. Après une vérification complète de ses systèmes et une série de tests, Curiosity débutera ses deux années d’exploration. Au milieu du cratère Gale se trouve une haute montagne, le mont Sharp. C’est une montagne sédimentaire à plusieurs couches qui recèlent des traces des différentes périodes de l’histoire de Mars. L’équipe scientifique espère trouver des indices qui leur fourniront une meilleure compréhension de la vie et également des données cruciales sur de potentielles missions futures habitées vers Mars. Bien que la sonde ne soit pas expressément conçue pour cela, si Curiosity trouve des preuves de vie — passée ou présente — sur Mars, ce serait l’une des plus grandes découvertes de l’Histoire. Le voyage de Curiosity commence à peine, et beaucoup de découvertes passionnantes et étonnantes sont à venir. Septembre-octobre 2012 www.astronomie-quebec.com 27



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :