Astronomie Québec n°1-3 sep/oct 2012
Astronomie Québec n°1-3 sep/oct 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1-3 de sep/oct 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : la providence... sommes-nous les seuls ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Au dix-neuvième siècle, Giovanni Virginio Schiaparelli a étudié Mars avec sa lunette de 8,6″ (21,8 cm) installée à Milan. Il a alors rapporté avoir vu quelques fines lignes à la surface de Mars, qu’il a appelées « canali ». Il n’a jamais affirmé que c’étaient des structures artificielles, mais quand son travail a été traduit en anglais, le mot « canali » fut interprété comme un canal d’origine artificielle (canal) et non naturelle (channel) — distinction qui n’est pas trop claire en français non plus… Cette idée est devenue populaire très rapidement et a atteint un homme d’affaires américain fortuné qui était fasciné par l’idée de la vie sur Mars. Percival Lowella construit son propre observatoire et a étudié Mars de très près. Bien qu’il ait rectifié certaines fausses croyances à propos de Mars (par exemple, il a indiqué que les océans de Mars ne contiennent pas d’eau et que Mars ressemble à un vaste désert comme celui de l’Arizona), il a rapporté plus de canaux que n’importe qui d’autre. Il a publié un livre sur sa découverte en 1895, dans lequel il décrit Mars comme un vaste désert avec une civilisation qui a fait face à de grands défis. Son idée s’est propagée auprès des gens et l’image que Lowella dépeint de Mars est devenue la plus populaire de la planète. De nombreux astronomes ont critiqué Lowell, parce que la plupart d’entre eux n’ont pas vu de canaux sur Mars comme lui. Il y a un grand débat sur les raisons pour lesquelles Lowella vu de telles structures. Beaucoup croient que l’état de l’atmosphère a causé une telle illusion et certains autres pensent que Lowell souffrait d’un rare syndrome oculaire faisant qu’il a vu le reflet des vaisseaux sanguins de son œil dans l’oculaire de son télescope, devant le disque de Mars. De nombreux écrivains de science-fiction ont écrit sur Mars, se basant sur le point de vue de Lowell. La Guerre des mondes de H.G. Welles a été l’une des plus célèbres histoires de sciencefiction sur les invasions de la Terre par des êtres d’origine martienne. Les gens ordinaires n’avaient aucun doute sur l’existence de vie sur Mars et à cause de cette croyance, quand Orson Welles a diffusé une adaptation de La Guerre des mondes dans le cadre d’une émission de radio en 1938, annonçant que les Martiens attaquaient la Terre, les auditeurs ont été pris de panique et cru que c’était vrai. Mais une telle vision de Mars n’a pas résisté à l’épreuve du temps. Dès le début de l’exploration spatiale, l’histoire a changé et les études détaillées nous ont montré un autre visage de Mars. Mars est toujours l’une des principales cibles de l’exploration spatiale, non pas à cause de son histoire, mais parce que Mars est en fait la seule 24 Astronomie-Québec Septembre-octobre 2012
option pour les futurs voyages interplanétaires habités. Mercure, sans atmosphère et très proche du Soleil, avec des températures infernales le jour et glaciales la nuit, est hors de question. Vénus ressemble plus à la Terre que toute autre planète, mais son atmosphère est très dense et en raison d’un effet de serre extrême, elle est devenu l’enfer du système solaire et la planète la plus chaude — plus encore que Mercure. La pression atmosphérique à la surface de Vénus est écrasante, et les pluies d’acide sulfurique peuvent détruire n’importe quel type d’abri. Enfin, les planètes situées au-delà de l’orbite de Mars sont de gigantesques boules de gaz — si elles ont une surface solide, celle-ci se trouve sous des masses de gaz incomparables et encore plus écrasantes que celle de Vénus ; en fait, si écrasantes qu’elles seraient probablement la cause de la solidité de la surface ! Ainsi, bien que Mars ait un dixième de la masse et la moitié du diamètre de la Terre et qu’elle n’ait qu’une atmosphère ténue, elle est tout de même très similaire à la Terre et nous savons que dans le passé, elle était encore plus comparable à la Terre. Mais Mars n’est toutefois pas une cible facile pour l’exploration spatiale. Les Soviétiques furent les pionniers dans l’envoi d’un engin spatial vers Mars, mais leurs tentatives ont échoué. La première mission réussie sur Mars date de 1965 : le 15 juillet de cette année-là, Mariner 4 a survolé Mars et renvoyé 22 petites photos à basse résolution de cette mystérieuse planète. Un jalon important dans l’exploration de Mars est 1975, quand la NASA a envoyé à un ensemble d’orbiteur/atterrisseur sur la planète Mars. Le programme Viking a connu un grand succès. Les deux sondes, Viking 1 et Viking 2, se sont posées sans encombre sur Mars et ont renvoyé de précieuses données. Même si elles ont fonctionné pendant plus de quatre ans, elles n’ont pas trouvé de signe de vie sur Mars. Après la réussite de ces missions, la NASA n’est pas retournée vers Mars pendant 17 ans. Une autre grande année pour le JPL et la NASA fut 1996, avec d’abord le succès de l’orbiteur Mars Global Survey, mais surtout celui de leur chef-d’œuvre, Mars Pathfinder, un atterrisseur scientifique accompagné du premier astromobile (rover) martien, Sojourner. Cet astromobile était très petite et simple, mais cette mission a tout changé de l’exploration de Mars, pour toujours. « Pathfinder et Sojourner ont tous deux été très difficiles pour nous. Mais le problème principal était lié à Pathfinder. C’était la première fois que nous essayions la technologie des sacs gonflables pour l’atterrissage. Avant nous, les Russes avaient essayé et échoué, et il était très important pour nous de démontrer que nous pouvions envoyer des atterrisseurs et des astromobiles sur Mars avec cette technologie », m’a indiqué Dara Sabahi, De gauche à droite : Dara Sabahi, ingénieur en chef du projet Phoenix, est félicité par Charles Elachi, directeur du JPL au centre de contrôle de mission NASA/JPL après le succès de l’atterrissage de Phoenix Mars Lander dans l’arctique martien le 25 mai 2008 au JPL à Pasadena, en Californie. Photo : NASA. responsable de l’ingénierie des systèmes intégrés et ingénieur des systèmes du programme MSL, et l’un des ingénieurs responsables de Mars Pathfinder, au cours d’une entrevue téléphonique. « Cette mission était très petite et lancée avec un très faible budget par rapport aux autres, mais elle a tout changé. Nous utilisons encore les techniques et technologies que nous avons développées pour elle. » IeaffammellmPlip11/iiraAdirpliftWawtraftiilgparae Panorama martien pris par Pathfinder (au premier plan). On voit l’astromobile Sojourner jvsiewmwdewarie,. analysant une roche au centre. :'- iF``... 3'. {J. yy. YF - 17..'+y' ! -+ *- Ink.11.- } * `



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