Astronomie Québec n°1-2 jui/aoû 2012
Astronomie Québec n°1-2 jui/aoû 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1-2 de jui/aoû 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Pierre Paquette

  • Format : (216 x 279) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 5,0 Mo

  • Dans ce numéro : le baiser de Vénus.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 16 - 17  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
16 17
Cette vue trois quarts du cratère Gale montre que le matériel qui compose la montagne n’est pas de la roche dure. En effet, on note les deux avalanches du devant, et l’effondrement de terrain dans le coude arrière gauche. Les avalanches et les glissements de terrain sont le signe d’une roche friable. Si la montagne était faite d’un matériel dur, on retrouverait à sa base des tabliers d’éboulis. Histoire d’un cratère par Robert Giguère Robert Giguère est un planétologue amateur qui s’intéresse à l’exploration spatiale depuis que les sondes Viking ont atterri sur Mars en 1976.
L’absence de tectonique sur Mars fait en sorte que l’histoire géologique des lieux, c’està-dire la sédimentation, peut s’accumuler à un même endroit pendant 4,5 milliards d’années, soit depuis la formation des planètes du Système solaire. Sur Terre, trouver de tels endroits avec une histoire aussi longue est une chose impossible car la dérive des plaques continentales contribue à tout effacer. Le Grand Canyon, dont les murs font en moyenne 1 500 m de hauteur, accumule exceptionnellement une histoire longue de 1,7 milliard d’années. Or, on estime que la sédimentation dans le cratère Gale s’accumule depuis 3,8 milliards d’années, c’est-à-dire depuis le moment où le cratère s’est formé. Alors que sur Terre les continents s’assemblent, se morcellent et se rassemblent de nouveau dans des cycles longs de 600 millions d’années, sur Mars, d’un point de vue géologique, rien ne bouge. Tout reste en place et l’histoire par la sédimentation s’accumule de façon fantastique. L’atterrissage sur Mars du rover Curiosity, dans le cratère Gale, est prévu pour le 6 aout 2012. dans le fond. Il vint un moment où l’accumulation des dépôts finit par remplir le bol du cratère jusqu’au rebord. Seul le sommet des montagnes qui tracent le côté sud de la couronne du cratère aurait été épargné parce que de ce côté, la pente, entre l’hémisphère nord et sud, est la plus haute. Les vents sont ensuite entrés en action : ils ont érodé et soufflé au loin une bonne partie de cette sédimentation, laissant derrière une montagne insolite en forme de croissant. C’est justement la forme en croissant de cette montagne qui suggère aux géologues qu’elle aurait été sculptée par le vent. Mais il reste que l’histoire du cratère Gale en est une des plus mystérieuse, principalement en ce qui regarde la durée et le moment de chacun des évènements. Par exemple, à quand remonte la dernière période humide de cette région de Mars ? La réponse à cette question viendra vraisemblablement de l’étude de l’estuaire qui occupe le bassin nord du cratère, là où la NASA entend poser le rover Curiosity. Jadis, un fleuve a creusé une vallée entre les montagnes de la couronne nord du cratère et ses alluvions ont formé un estuaire (image ci-dessous). Si on pouvait déterminer l’âge de cet estuaire, on pourrait du coup fixer une limite au temps qu’il a fallu pour que la sédimentation remplisse le cratère, et que le vent sculpte L’histoire du cratère Gale se serait déroulée de la façon suivante. Peu après sa formation, il y a 3,8 milliards d’années, l’eau, provenant de la mer qui occupait jadis l’hémisphère nord, s’est accumulée dans le bol du cratère pour le recouvrir au complet. Ensuite, pour des raisons inconnues, l’eau s’est retirée, puis elle est revenue de nouveau, et elle s’est retirée encore, et ainsi de suite. Chaque fois que l’eau inondait le cratère, des dépôts de matière en suspension s’accumulaient Carte topographique du bassin nord du cratère Gale (la largeur couvre environ 75 km). Le rouge représente les vallées qui ont été creusées par l’eau qui a rempli le cratère. Le mauve indique l’emplacement d’un estuaire qui a été formé par le dépôt des alluvions d’un fleuve. L’ellipse indique la zone d’atterrissage du rover. La première tâche du rover consistera à étudier la nature du matériel qui compose l’estuaire. Juillet–aout 2012 www.astronomie-quebec.com 17



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :