Arte Magazine n°9 26 fév 2000
Arte Magazine n°9 26 fév 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de 26 fév 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Politique fiction, la nouvelle collection d'Arte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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v en d redi 3 mars 21.50 Grand format. Rescapés clandestins Karzan et ses frères Documentaire de Claudio von Planta (Grande-Bretagne, 1997-1h) Production : BBC LA SEPTARTE (Rediffusion du 23 septembre 1997) Quatre frères kurdes fuient le nord de l’Irak et tentent de rallier la Grande-Bretagne. À travers leur incroyable périple, ce film révèle l’ampleur du phénomène des réfugiés et le commerce des clandestins par les mafias. K a rzan Kre k ar, réfugié politique kurde, vit à L on d res depuis quatre ans. Toute sa famille est retenue à Erbil, dans le nord de l’Irak, un ghetto perpétuellement menacé par les attaques turques ou irakiennes. En février 1996, Karzan décide de faire venir sa famille en Grande-Bretagne. Ses trois frères tent e ront d’abord de rallier Londres clandestinement ; puis, après avoir obtenu l’asile politique, ils feront venir les femmes et les enfants. Karzan et ses frères se rendent au m arché d’Erbil et achètent trois faux passep orts irakiens pour 6 000 dollars... Mafia et clandestins Chaque année, les réfugiés et les émigrés clandestins sont des milliers à tenter de forcer les fron t i è res de l’Europe occidentale. Pour la pre m i è re fois, une caméra a suivi le long et périlleux voyage de trois d’entre eux. On assiste d’abord, ahuri, à la négociation des passeports sur le marché d’Erbil : « S i vous êtes refoulés à la fron t i è re turque, je vous les rembourse ! », garantit un vendeur. P arvenus à Istanbul, les quatre frère s a p prennent que leurs visas ne leur perme t- tent d’aller qu’à Cuba ou à Kiev. En les suivant en Ukraine, l’équipe de la BBC d é c ou v re qu’un incroyable réseau de rou t e s secrètes sillonne l’Europe centrale. Un réseau totalement sous le contrôle de la mafia : la police d’Ukraine elle-même n’est là que pour assurer qu’aucun clandestin ne passe la fron t i è re sans payer... C’est par convois de cent, après avoir déboursé 3 500 dollars par tête, que les clandestins gagnent l’Allemagne, dissimulés dans une locomotive d’un train. Souvent tourné en caméra cachée, le d o c u me n t ai re révèle l’ampleur du phénomène des réfugiés et la persévérance dont ceux-ci doivent faire pre u v e pour gagner la liberté. « À partir d’Istanbul, il est très facile d’entrer clandestinement en Europe quand on a de l’argent. Avec dix mille dollars, on peut se payer Londres en classe Affaires. Pour six mille dollars, c’est l’Allemagne, la France ou l’Italie... » (Karzan Krekar) 22.50 Lola P remier film et pre m ier enchantement de Jacques Demy, L o l a distille l’élégance et la mélancolie qui sont, déjà, l’empreinte délicate d’un style. Superbement photographié par Raoul Coutard, le film ret rouve enfin tout son éclat, et ravive la grâce et la fragilité d’Anouk Aimée. Film de Jacques Demy (France, 1960-1h35mn) Scénario et dialogues : Jacques Demy Avec : Anouk Aimée (Lola), Marc Michel (Roland Cassard), Jacques Harden (Michel), Elina Labourdette (Mme Denoyer), Corinne Marchand (Daisy), Margo Lion (Jeanne), Annie Dupeyroux (Cécile), Alan Scott (Frankie) Photographie : Raoul Coutard Décors : Bernard Evein Montage : A.-M. Cotret Musique : Michel Legrand Production : Georges de Beauregard LASEPTARTE Restauration (2000) : Ciné-Tamaris Version restaurée inédite ! Lola est danseuse dans un cabaret à Nantes. Elle a un petit garçon, Yvon, dont le père, Michel, a disparu avant sa naissance pour f ai re fortune en Amérique. Depuis sept ans, elle attend son retour sans se décourager. Un jour, Lola croise un ami d’enfance, Roland, éternel insatisfait qui songe luimême à s’embarqu er. Roland lui avoue qu’il l’a toujours aimée. Mais des rumeurs disent que Michel serait en ville… « Vouloir le bonheur, c’est déjà un peu le bonheur » L o l a, premier film de Jacques Demy, traverse le temps et l’on re d é c ou v re à chaque fois
ce diamant noir et blanc à l’éclat inaltérable. Tout l’univers de Demy est déjà là : des dialogues ciselés, un récit construit sur des correspondances délicates, des êtres toujours sur le départ, pétris de solitude et de nostalgie, à la poursuite d’un bonheur incert ain. Lola espère le retour de l’homme qu’elle aime, alors que Marc, déçu par son histoire d’amour avortée, erre dans une Nantes nimbée d’une lumière blanche qui estompe et d é v o re peu à peu sa silhouette. Le passage Pommeraye, hors d’âge, devient le témoin de destinées marquées par la fuite, l’absence, l’espérance de jours meilleurs qui, de toute façon – et c’est cela qui nous bouleverse tant – ne guériront jamais tout à fait de lointaines blessures d’enfance. Demy ne s’appesantit pas sur ces vies en suspens. Au contraire, il masque le désespoir dans un tourbillon de beauté, aidé par la virtuosité de la caméra de Raoul Coutard. Pour Lola, « I l faut toujours plaire, c’est un principe ». Dix ans plus tard, Delphine Seyrig dans P e a u d’â ne, réitérera : « Il faut faire bonne figure... » De film en film les répliques se cro i- sent et les villes p ort u ai res se re s- semblent. Demy fait de Nantes un véritable personnage qui délimite diff é rents terr i t o i res : le cabaret où s’é t o urdissent Lola et ses compagnes dans l’attente de marins de passage ; la zone port u ai re, en t re-deux où le ciel coule sur la mer ; la vieille ville b o urgeoise ou s’éteignent Mme Denoyer et sa fille... En fait, Jacques Demy re n ou v e l l e avec L o l a le genre du mélodrame – selon la définition de Douglas Sirk, un mélange de musique et de drame. La musique, signée Michel Legrand, tient ici une place pr i m ordiale. On n’en finira jamais d’énoncer les splendeurs multiples de ce premier film, début d’une œ u v re qui hante plus qu’aucune autre la m é m o i re des spectateurs. Lola rajeunit ARTE est la première à diffuser la Lola rénovée de Jacques Demy. Le négatif original, le son optique et même l’internégatif ont brûlé vers 1970 dans l’incendie d’un labor a t o i re. Pendant des années, un intern é g a- tif fait d’après une copie de qualité moyenne servait à tirer toutes les nouvelles copies. En 1999, Bruna, veuve de Georges de Bauregard, producteur du film, ainsi que Mathieu Demy, sa sœur Rosalie et Agnès Varda ont confié à Ciné-Tamaris le soin de re s t a u rer L o l a. C’est David Meeker, du British Film Institute, qui a ret rouvé une copie à peine abîmée livrée à la BBC en 1961 ou 1962. Prêtée aux Archives nationales de Bois d’Arc y, cette copie fut patiemment nettoyée et traitée en numérique. L o l a ret rouve enfin les beaux contrastes de l’image de Raoul Coutard ! Cycle N ou v e l l e Va g u e « Lola, c’est comme l’Italie : quand on l’a vue une fois, on a envie d’y revenir. » (Jean-Luc Godard, « conseiller technique » fictif sur le film…) C’est parce que Quincy Jones a fait faux bond après avoir d’a b ord accepté de f ai re la musique de L o l a que Jacques Demy a rencontré Michel Legrand. Une complicité poursuivie avec les Parapluies de Cherbourg, les Demoiselles de Rochefort, Peau d’âne…



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