Arte Magazine n°9 22 fév 2020
Arte Magazine n°9 22 fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de 22 fév 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : echoes with Jehnny Beth.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°9. LE PROGRAMME DU 22 AU 28 FÉVRIER 2020 8 Mardi 25 février à 20.50 Documentaire Les bourreaux de Staline Katyn, 1940 Lire page 18 18/2 24/4 MM Cédric Tourbe Autopsie d’un massacre Comment vous êtes-vous emparé de cette histoire tragique ? Cédric Tourbe  : Événement tellurique de la Seconde Guerre mondiale, Katyn est aussi un fil qui, une fois tiré, dévoile la pelote des crimes perpétrés par la police politique soviétique. Avant d’en aborder le comment, j’ai voulu en comprendre le pourquoi, et remonter aux premières années au pouvoir des bolcheviks. Afin d’accélérer le passage à la dictature du prolétariat que Lénine appelait de ses vœux, la première police politique, la Tcheka, est créée dès 1917. Les «tchékistes» sont chargés d’éliminer les anciennes élites et toute opposition interne. Ils «soviétisent» méthodiquement la population. En 1939, suite au pacte Hitler-Staline, l’Armée rouge envahit l’est de la Pologne. Pour le NKVD, le massacre de Katyn qui suit – et la déportation dans les camps du Goulag d’un million de Polonais – n’est qu’une opération de soviétisation tout à fait routinière, identique à toutes celles qui se déroulent en URSS depuis vingt ans. Lorsqu’il est révélé par Goebbels en 1943, comment ce crime est-il considéré ? Lorsqu’il l’apprend, Roosevelt n’y croit pas  : il est impensable pour lui que l’on ait pu tuer en si grand nombre des gens qui ne représentaient pas une menace. Churchill, qui sait que la guerre ne pourra pas être gagnée sans les Russes, est très embarrassé. La France collaborationniste de Vichy en fait une arme dissuasive contre le péril «judéo-bolchevik». Quant aux nazis, qui ont eu Dans un documentaire passionnant coécrit avec Olivia Gomolinski, le réalisateur Cédric Tourbe lève le voile sur l’exécution par les Soviétiques, en 1940, de l’élite militaire et intellectuelle polonaise à Katyn. connaissance de l’existence du charnier dès 1941 car ils occupaient la zone, ils instrumentalisent leur découverte pour déstabiliser l’alliance entre les Anglo-Américains et les Russes. Sans cela, il y a fort à parier que nul n’aurait jamais entendu parler de ce crime de masse. Reste-t-il des choses à apprendre sur Katyn et sur les crimes staliniens ? Certainement, car les chercheurs ont encore accès à peu d’archives officielles. En 1959, Chélépine, à la tête du KGB, a proposé à Khrouchtchev de détruire les dossiers personnels des 22 000 Polonais exécutés en 1940 de peur que l’affaire ne s’ébruite un jour et pour préserver l’image du pays à l’international. Officiellement, pour Moscou, Katyn est en effet un crime nazi et le restera jusqu’à l’aveu du Kremlin en 1990 ! Concernant Staline, les archives ne sont pas ouvertes. Il en est de même pour Molotov, Kalinine, Vorochilov et Mikoyan, les autres membres du Politburo impliqués dans l’opération Katyn. Aujourd’hui, le FSB, qui a succédé au KGB, continue de tout verrouiller, et il est improbable que Vladimir Poutine, ancien «tchékiste" lui-même, souhaite changer cela. Propos recueillis par Christine Guillemeau Cédric Tourbe a réalisé deux autres documentaires sur l’histoire soviétique, coproduits par ARTE  : Lénine, une autre histoire de la révolution russe et Le pacte Hitler-Staline, rediffusé ce mardi à 22.35. 2010 WOJTEK LASKI
ARTHUR FARACHE SAUVEGRAIN-SCARLETT PRODUCTION ARTE FRANCE Avec l’intransigeante simplicité qui caractérise son cinéma, Philippe Faucon (Fatima, Amin) a réalisé pour ARTE la minisérie Fiertés, qui déroule sur trente ans le destin d’un couple d’hommes. Entretien. Jeudi 27 février à 20.55 Série Fiertés Lire page 23 20/2 11/3 Philippe Faucon La vie, l’amour et le combat Qu’est-ce qui vous a incité à vous associer à ce projet, imaginé par les scénaristes José Caltagirone et Niels Rahou ? Philippe Faucon  : D’abord le fait qu’il s’agissait de trois époques que j’ai connues, évoquées à travers l’évolution d’un couple d’hommes. J’ai trouvé qu’il était important de revenir sur cette histoire, au travers de ces périodes. Comme beaucoup de gens, j’ai été abasourdi de voir qu’en 2013, en France, lors de la Manif pour tous, des centaines de milliers de personnes ne semblaient avoir rien d’autre à faire que de s’opposer, de façon acharnée et continue, aux droits des autres. Qu’y a-t-il de commun entre les personnages de Fiertés et ceux de vos autres films ? Le fait qu’ils ont à affirmer ce qu’ils sont, en opposition à des regards qui les réduisent ou les enferment, ou qui tentent de les maintenir en dehors de l’espace commun, dans la marge. J’ai souvent mis en avant des femmes, ici ce sont des destins masculins. À chaque fois, il s’agit de faire exister des personnages en leur apportant une densité, une profondeur. Comment travaillez-vous avec vos comédiens ? J’évite de les surcharger d’indications. J’essaie de les amener à puiser dans leur créativité, leur sensibilité, pour trouver avec eux le point de rencontre le plus fort ou le plus vrai avec leur personnage. C’est cette vérité qu’il faut produire, en évitant qu’elle ne soit faussée par les tensions, les appréhensions, les contraintes techniques ou par les habitudes du «métier». Entre chaque épisode, il existe une ellipse de plusieurs années. Vous en faites une force, car en laissant des éléments en creux, vous leur donnez une autre résonance… L’ellipse constitue une figure particulière au cinéma. En choisissant des segments dans un récit, on a le pouvoir de donner à certaines choses une présence souterraine, mais certaine. Un peu comme en musique, lorsqu’un motif secondaire intervient en arrière-plan d’un motif principal. Il s’agit de trouver le juste rapport de l’un à l’autre, ni trop évasif ni trop interférent. Dans Fiertés, on peut prendre l’exemple de la maladie de Serge  : elle est dite, mais en sourdine, et non criée avec rage, comme elle l’a été dans d’autres films évoquant le sida. Elle interfère par son inéluctabilité sur ce récit de vie, d’amour et de combat, sans en prendre la place. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène ARTE MAG N°9. LE PROGRAMME DU 22 AU 28 FÉVRIER 2020 9



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