Arte Magazine n°8 19 fév 2000
Arte Magazine n°8 19 fév 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de 19 fév 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : ! Que viva Bunuel !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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d i m a n c h e20 février Secrets de famille « Les mots et la parole valent mieux que le silence. » (Pascal Goblot) 22.45 Un si long silence… Documentaire de Pascal Goblot (France, 1999-52mn) Coproduction : La Sept ARTE, Les Films du Village Quand on a découvert un non-dit dans sa famille, un moment vient où l’on veut rompre le secret, où l’on comprend que son histoire est partageable par d’autres. Rencontre avec cinq personnes qui ont préféré la parole au silence. Joseph, Dominique, Jacqueline, Jean-Marc et Sébastien connaissent aujourd’hui le s e c ret dont ils ont hérité. Depuis toujours, ils ont vécu rongés par le doute et ont souff ert de la tension qui régnait autour d’eux. Ils racontent leur long parcours initiatique : leurs soupçons, leur colère, la découvert e de la vérité et leur difficulté, aujourd’hui, à v i v re avec. Certains sont toujours révoltés. D’a u t res ont réussi à faire le deuil. Mais tous vivent encore les conséquences de ces nondits dans leur vie d’adultes et de pare n ts. Rompre le silence Quand on demande à Dominique de dessiner son arbre généalogique, elle hésite, ne sait pas par quel bout commencer. « Longtemps, je n’ai fait que des arbre s sans racines. C’est toujours aussi dur. » Son secret à elle, c’est d’être la fille de Pierre et non de Jean comme elle l’a cru longtemps. Elle a l’impression de le savoir depuis toujours, mais elle n’a pas osé poser de questions avant d’être devenue adulte. A u j o urd’hui, elle redoute de re pro du i re ce qu’elle a vécu étant enfant. Il faut du temps pour se réconcilier avec un passé inconnu et honni par ses aînés : dans sa quête de la vérité, Jacqueline attend dix ans avant d’e n t re pre n d re les re c h erches pour ret ro u- ver sa sœur aînée, abandonnée dès sa naissance. Aujourd’hui, elle sait où elle habite, mais ne l’a toujours pas rencontrée. Les histoires de Dominique, Jacqueline et des autres sont uniques. Pourtant, les similitudes entre les cinq témoignages sont frappantes. Comme si ces récits personnels s’inscrivaient dans une même histoire collective. Quel que soit le secret, ces enfants à qui l’on a caché une partie de leur histoire – souvent en croyant bien faire – ont vécu ce mensonge comme un rejet, un manque de confiance. Ce n’était pas leur
secret mais ils en ont hérité malgré eux. « Ce que ma mère m’a donné en héritage, c’est sa culpabilité. » Les témoignages sont poignants et nous concernent tous. Ils aiguisent notre curiosité, notre envie de savoir, de poser des questions, d’être plus lucide… Parce que, rappelle Jean-Marc, « il faut savoir d’où l’on vient pour pouvoir aller quelque part. » 23.40 Family Secret Documentaire de Pola Rapaport (France, 1999-1h) Coproduction : La Sept ARTE, Morgane Production Un frère et une sœur se retrouvent après avoir vécu quarante ans dans l’ignorance l’un de l’autre. Entre eux : la figure du père disparu, énigmatique. Une histoire émouvante, mise en scène de façon très personnelle. Tout commence par une lettre postée à B u c a rest et adressée à la mère de la réalisatrice, à Staten Island (New York). Pierre Radulescu-Banu est à la re c h erche de la famille de Lionel Rapaport, psychiatre d’origine roumaine ayant vécu à Paris dans les années 30 et 40 avant d’émigrer aux États- Unis. Est-elle sa femme ? Peut-elle lui donner des informations sur la famille ? À la fois intriguée et troublée, Pola, la fille cadette, répond. Pourquoi cherche-t-il des informa- tions sur son père, décédé en 1972 ? La seconde lettre de Pierre ne se fait pas attendre : « C’était mon père ; vous êtes ma demi-sœur… » Pierre et Pola À partir du moment où ils comprennent que leurs vies sont « liées », Pola et Pierre n’aspirent qu’à une chose : se rencontrer. Le film les suit dans leur voyage à la rencontre l’un de l’autre et dans la reconstitution, pièce par pièce, de leur histoire. Au centre, il y a la figure du père, mort avec son secret. Un p è re que Pierre n’a jamais connu et que Pola découvre sous un nouveau jour. P ourquoi n’a-t-il jamais rien raconté de sa vie à Paris ? Comment expliquer que cet homme si droit ait abandonné Pierre et sa mère en 1945 ? Qui était-il, en définitive ? Peu à peu, P i erre et Pola comblent les vides. À New York d’abord, puis à Bucarest et enfin à Paris (la ville que Lionel a le plus aimée et où toutes les histoires se croisent), le frère et la sœur confrontent leurs souvenirs. Ils se lisent des lettres, se montrent des photos, découvrent leurs univers re s p e c t i fs... Autant de moments chargés d’une très grande émotion. « Être contactée par Pierre, c’était comme trouver la clé d’un trésor caché, explique la réalisatrice. Pierre était comme la réincarnation du père qui m’avait tant manqué depuis vingt-cinq ans. Ce que j’avais gagné, c’était un parent aussi proche qu’on peut l’être. Surtout, l’un à travers l’autre, nous en sommes venus à comp re n d re des aspects de nous-mêmes. » E t s’il apparaît que le mystère entourant la figure paternelle ne pourra jamais être complètement levé, chacun peut désormai s accepter la part d’ombre. Frère et sœur, Pierre et Pola ont mis quarante ans à se retrouver. « Ce qui tue à la première génération, la seconde le porte dans son corps. » (Françoise Dolto)



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