Arte Magazine n°8 15 fév 2020
Arte Magazine n°8 15 fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de 15 fév 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : thriller machiavélique avec Clothilde Hesme et Jérémie Renier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°8. LE PROGRAMME DU 15 AU 21 FÉVRIER 2020 8 Mardi 18 février à 20.50 Documentaire Meurtre au consulat (1 & 2) Mohammedben Salmane et l’affaire Khashoggi Lire page 18 M 18/3 Martin Smith Le prince au double visage Que se passe-t-il réellement en Arabie saoudite ? Martin Smith  : Le régime autocratique de ce pays n’a jamais été aussi répressif que sous le règne du prince héritier. La réputation de réformateur progressiste dont il jouissait en Occident, à son arrivée aux commandes, en 2015, a fait long feu. Celui qu’on a surnommé « MBS » souhaite certes mener des réformes, mais de nature économique. Elles s’accompagnent d’avancées sociales qui ont pour unique but de faire accepter ces transformations. Cela n’implique nullement qu’il soutienne les droits humains ou la liberté d’expression. Votre documentaire dévoile le sort terrible réservé aux femmes jugées dissidentes... La militante des droits des femmes Loujain al-Hathloul est emprisonnée depuis mai 2018 et a subi des tortures. D’autres activistes croupissent aussi dans les geôles saoudiennes sans espoir de vrai procès. Même si je suis surpris par la vitesse à laquelle le pays change, les réformes sociétales, comme le droit pour les femmes de conduire, n’interviennent qu’en surface. Les femmes demeurent des citoyennes de seconde zone. « MBS » promeut aussi, par exemple, les concerts de rock ou de rap et les Saoudiens bénéficient de franges de liberté qu’ils n’avaient jamais connues auparavant. Mais elles sont étroitement circonscrites. L’étendue de Dans une vertigineuse enquête sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, Martin Smith, journaliste américain spécialiste du Proche- Orient, décrypte le règne du prince héritier Mohammedben Salmane. Entretien. la surveillance des réseaux sociaux par le régime, particulièrement Twitter, m’a surpris. Toute tentative de dissidence y est aussitôt muselée. Comment êtes-vous parvenu à obtenir plusieurs témoignages au sein du régime ? Même avec les personnalités que je connais depuis longtemps, comme Adel al-Joubeir, le ministre des Affaires étrangères, j’ai dû me montrer opiniâtre pour les convaincre de m’accorder un entretien. Adel al-Joubeir était conscient que les questions s’avéreraient embarrassantes. J’ai aussi essuyé de nombreux refus, notamment des membres de la famille royale. Comment interpréter la condamnation à mort, en décembre dernier, de cinq des onze prévenus inculpés dans l’affaire liée au meurtre de Jamal Khashoggi ? Le gouvernement ayant caché les noms des condamnés, personne ne pourra vérifier si la sentence est exécutée. Qui plus est, le royaume a condamné cinq hommes sans dévoiler le commanditaire. Ces hommes étaient armés, possédaient des passeports diplomatiques, ont voyagé aux frais de l’État. Tout cela n’a aucun sens ! Propos recueillis par Laure Naimski REUTERS/CHARLES PLATIAU
POND5 Si l’efficacité de l’homéopathie n’est pas prouvée scientifiquement, faut-il pour autant disqualifier une thérapeutique que de nombreux patients estiment bénéfique ? Entretien avec le professeur Jean Sibilia *, qui intervient dans un documentaire diffusé par ARTE. Homéopathie Un bénéfice « ressenti » Samedi 15 février à 22.25 Documentaire L’homéopathie  : médecine douce ou imposture ? Lire page 11 I 14/5 Jean Sibilia Un patient peut-il espérer guérir grâce à l’homéopathie ? Jean Sibilia  : Cette méthode thérapeutique peut avoir une place qui reste à définir, mais pas pour « guérir » les affections aiguës. En cas d’infection sévère, un granule homéopathique ne remplacera jamais un antibiotique. Il serait inacceptable de le prétendre. Du point de vue scientifique, l’efficacité de l’homéopathie n’est pas démontrée selon les règles actuelles de l’EBM (Evidence Based Medicine), mais elle peut induire un effet placebo favorable. Son approche intégrative est parfois à même d’apporter un réel bénéfice aux patients. Par exemple, elle peut contribuer sans risque à réduire des douleurs non liées à une maladie évolutive, alors que des antalgiques ou des anti- inflammatoires peuvent entraîner des effets secondaires. Des enquêtes dans différents pays ont montré que de nombreux patients se déclarent en faveur de l’homéopathie, ce que nous devons écouter et comprendre. Comment expliquez-vous les polémiques, parfois vives, entourant cette question ? Confrontés à une floraison de pratiquesésotériques et alternatives, et parfois regardés avec condescendance par les spécialistes, les médecins généralistes ont légitimement à cœur de démontrer leur rigueur, en se démarquant des pratiques non démontrées scientifiquement. La polémique est liée aussi à la polarisation croissante, et souvent caricaturale, des enjeux de société, y compris sur le terrain médical, au détriment d’une sagesse qui devrait caractériser nos métiers de soignants. Il faudrait sortir du pugilat entre médecins « pour » et « contre ». Je ne suis pas homéopathe, mais quand mes patients témoignent d’améliorations apportées par cette méthode, j’en tiens compte. C’est aussi la raison pour laquelle il est nécessaire, pour l’instant, de continuer à enseigner l’approche homéopathique à l’université. Nos jeunes médecins doivent être informés de tout ce qui peut en faire le succès, comme de ses limites, afin de le faire savoir à leur tour à leurs patients. Restons scientifiques, c’est-à-dire rigoureux et ouverts ! Dès lors, considérez-vous injuste le déremboursement de l’homéopathie par l’Assurance maladie ? Non, je juge cette décision légitime car elle obéit à un impératif médico-économique. L’enveloppe de financement solidaire de l’Assurance maladie est importante, mais contrainte. Le remboursement des médicaments répond à des règles claires et à des choix de solidarité qui doivent privilégier les traitements dont l’efficacité est scientifiquement prouvée, notamment ceux qui sont coûteux, comme la dialyse, les anticancéreux ou les antibiotiques. Propos recueillis par Benoît Hervieu-Léger * Chef du service de rhumatologie du CHU et doyen de la faculté de médecine de Strasbourg. ARTE MAG N°8. LE PROGRAMME DU 15 AU 21 FÉVRIER 2020 9



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