Arte Magazine n°7 8 fév 2020
Arte Magazine n°7 8 fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de 8 fév 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Goulag, une histoire soviétique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°7. LE PROGRAMME DU 8 AU 14 FÉVRIER 2020 8 Dimanche 9 février à 22.55 Documentaire KarlLagerfeld, une icône hors norme Lire page 15 30/7/2023 re ily - - Raphaëlle Bacqué Quel héritage laisse KarlLagerfeld ? Raphaëlle Bacqué  : Il lui reste des fidèles, des admirateurs et le fait d’avoir accompagné et parfois initié les bouleversements de l’industrie du luxe. En tant que créateur, il n’a rien inventé. Il n’a pas créé la mini-jupe ou, comme Yves Saint Laurent, la robe Mondrian ou le smoking pour femme. Mais il a développé l’idée que, dans la mode, les directeurs artistiques ont pris la place des couturiers. Et puis, son personnage, génial et extraordinairement romanesque, restera dans les mémoires. Un personnage qu’il s’est luimême créé au fil du temps. Pour quelle raison ? Ce n’est pas rien de naître à Hambourg, en 1933, juste au moment de l’avènement d’Hitler. Son père y est un industriel puissant que la guerre ne détourne pas de ses affaires. Pire, il les développe, fournissant l’armée allemande en lait concentré. Cette honte nourrit, au départ, Grand reporter au Monde et auteure de la première biographie* consacrée au «Kaiser Karl», Raphaëlle Bacqué intervient dans le portrait documentaire qu’ARTE diffuse en hommage au grand couturier, disparu il y a un an. Entretien. Le dernier empereur de la mode la volonté forcenée de Lagerfeld de réinventer sa vie. Il ment sur son âge, sur la nationalité de son père, change sa mère en un personnage terrifiant et castrateur. Il offre une autobiographie fictive, narrée avec talent et humour, empêchant ainsi tout questionnement sur l’action de son père face au nazisme. Il s’est créé aussi un look particulier… Plus qu’un look, c’était d’abord un déguisement  : cheveux gris en catogan, lunettes noires, haut col. Il s’est d’ailleurs déguisé tout au long de sa vie, avec un éventail, un monocle… Il était sa propre poupée. Son personnage d’aristocrate prussien du XVIII e siècle, à l’époque des Lumières, permet de brouiller les pistes et d’offrir d’autres références historiques que celle, honteuse, associée au passé nazi de l’Allemagne. C’est devenu ensuite un formidable outil de communication. Lagerfeld a fait de sa silhouette un logo mondialisé. Même les enfants la reconnaissent. Justement, à quoi doit-il ce statut d’icône mondiale ? À sa volonté farouche de le devenir. C’était une obsession de chaque instant et il s’y est attelé dès son arrivée à Paris, en travailleur acharné. Son entrée chez Chanel, en 1982, marque indéniablement un tournant. Il intègre enfin un groupe riche qui lui laisse les mains libres et la possibilité de faire ce en quoi il excelle  : des collections «à la manière de». Gabrielle Chanel avait inventé le célèbre tailleur gansé. Il l’a modernisé. Il a su comprendre le changement et se couler dans la réussite des autres. Mais le plus extraordinaire est d’être parvenu à maîtriser cette industrie, au point de se maintenir à son sommet jusqu’à l’âge de 85 ans, dans un monde qui voue, pourtant, un culte à la jeunesse. Propos recueillis par Guillemette Hervé * Kaiser Karl, Albin Michel, 2019. FRÉDÉRIC SOULOY/GAMMA-RAPHO/SAMUEL KIRSZENBAUM
ATLAS V L’étrange monde de Gloomy Fiction interactive en réalité virtuelle, narrée par Tahar Rahim, Gloomy Eyes raconte une histoire d’amour entre un enfant zombie et une petite fille dans une ville privée de soleil. Un bijou visuel et poétique. Gloomy Eyes En ligne le 14 février sur les plates-formes VR Oculus et HTC Vive et sur la chaîne Youtube ARTE Cinéma (version 360) arte.tv/gloomyeyes Gloomy Eyes a obtenu le Cristal de la meilleure œuvre VR (Annecy 2019), le prix du jury pour la narration (SXSW 2019) et le Masque d’or (New Images 2019). «Quand le soleil s’est lassé de la bêtise humaine, il a décidé de se cacher pour ne plus jamais se lever.» Narrée par les acteurs Tahar Rahim pour la version française et Colin Farrell pour la version anglaise, Gloomy Eyes, fiction VR en animation 3D découpée en trois épisodes de huit minutes, nous plonge dans un monde mystérieux où la nuit est devenue éternelle. Les ténèbres ont incité les morts à sortir de leur tombe et une guerre a éclaté entre zombies et vivants. Chaque pleine lune, Lewis, un prêtre sorcier qui fait régner la terreur dans la ville, chasse les morts-vivants pour les capturer et les expulser. Au milieu de ce chaos, une histoire d’amour naît entre Gloomy, un enfant mi-humain, mi-zombie aux yeux brillants, et la jeune Nena, nièce du redoutable Lewis. Alors que tout semble les opposer, ils détiennent peut-être la solution pour faire réapparaître le soleil... PROUESSE VISUELLE À travers une bande-son envoûtante aux notes nostalgiques, Gloomy Eyes séduit avec cette histoire d’amour impossible, empreinte de poésie et de philosophie. Mais au-delà de sa puissance narrative, cette création surprend par son éblouissante scénographie et ses jeux de lumière. Écrite et réalisée par les Argentins Fernando Maldonado et Jorge Tereso, coscénarisée par Santiago Amigorena, et coproduite par ARTE France, AtlasV et 3DAR, l’œuvre se déploie sur plusieurs tableaux qui apparaissent et disparaissent au fur et à mesure du récit. Les créateurs se sont inspirés de l’esthétique des films en stop motion de Tim Burton, comme L’étrange Noël de monsieur Jack, pour créer un décor gothique, à la fois effrayant et magique, dans lequel évoluent des personnages miniaturisés, semblables à des jouets. Plaisir sans bornes de découvrir le détail des figurines sous différents points de vue, sur les côtés, par-dessus ou par-dessous, grâce à l’innovation technologique 6 DOF qui permet de s’approcher au plus près des personnages. En jouant avec les échelles, Gloomy Eyes, plusieurs fois récompensée, invite ainsi à suivre les déambulations de Gloomy et Nena, quitte, dès le premier épisode, à s’élever avec eux dans les airs pour plonger aussitôt dans des eaux, d’où surgira un soleil irradiant le spectateur de ses rayons. Frissons garantis pour l’une des séquences les plus fortes de cette vibrante expérience où chacun est invité à tutoyer de nouvelles dimensions sensorielles. Hélène Porret ARTE MAG N°7. LE PROGRAMME DU 8 AU 14 FÉVRIER 2020 9



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